‹ Cousin Jouffroy, DamironChapitre 2 sur 68 · INTRODUCTION ^ III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ^ III

que, déjà, les événements l'avaient condamné à la retraite. Mais il n'avait rien perdu de cette jeunesse de l'âme, de cet enthousiasme du beau et du bien, de cette paternelle tendresse qui lui avaient donné tant d'action sur les élèves de l'Ecole Normale. Il semblait même que] la solitude, en refoulant à l'intérieur la sève qui ne cessait de fermenter dans cette nature à la fois puissante et sensible, en eût accru la force d'expansions dans les occasions désormais trop rare, où il lui était permis de se faire jour au dehors.

Quand il eut quitté l'école, il s'enferma dans la retraite, pour n'en plus sortir. Pendant vingt-cinq années, sa vie fut celle d'un solitaire, gardant toutes les curiosités et toutes les ardeurs de la pensée, attentif aux événements comme à l'évolution des doctrines et à la marche des idées, conservant, en dépit de tout, « ce goût sublime de la liberté » dont parle quelque part Tocqueville, l'âme tourmentée du grand problème de

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