INTRODUCTION XXXV
Jouffroy sans ressentir l'action bienfaisante de cette âme d'élite uniquement éprise du vrai et du bien, sans aucun retour sur ellemême. S'il n'a trouvé dans Cousin qu'un grand artiste, il a senti dans Joufïïoy un grand cœur ; et nul ne l'a peint en traits plus émus qu'il ne le fait dans sa lettre à Damiron du 1er septembre 1817 : « Que j'aime votre noble enthousiasme pour la vérité ! Cherchez-la, mon ami ; vous êtes fait pour elle. J'assiste à vos belles conversations avec le Jouffroy. Je vous vois de mon cabinet sous les arbres du Luxembourg. 11 parle, vous écoutez. Je vois cette longue figure blanche prendre je ne sais quel air, mais un de ces airs que peuvent seuls donner l'amitié et le talent. Ce n'est pas de l'inspiration, c'est quelque chose de plus tendre ; ce n'est pas de l'amitié toute seule, c'est quelque chose de plus grand. Je l'ai trouvé : c'est la passion du bien. Ces grands yeux bleus lancent l'éclair, et pourtant ils sont doux1. »