‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 149 sur 159 · XiiLiiJî al-Oawà'ileh ^Ls yi y^^ Waïmer ben 'Ayiâd · texte numérisé non relu

XiiLiiJî al-Oawà'ileh ^Ls yi y^^ Waïmer ben 'Ayiâd

Leurs eaux sont : Abou 'Arouq ((3j^p?^'), al-Meqaïbreh (s^-Ji*)!), al-Murrah (»JJl). Us ont un mazàr en cette dernière localité.

Les Tawwârah, ou habitants du massif montagneux du Sinaï, dépendent aussi du gouvernement de Naliel et pourraient trouver place ici, mais ils sont connus par d'autres ouvrages et forment du reste un groupe isolé.

EXODE DES 'AZEIZÂT

On ne saurait mieux compléter les renseignements contenus dans le paragraphe sur la Tribu qu'en racontant en détail l'émigration pleine de luttes et d'angoisses d'un petit clan obligé de quitter sa patrie pour conserver son indépendance et sa foi. Il s'agit de la tribu chrétienne des 'Azeizât. Ces bédouins, opprimés par leurs compatriotes, résolurent de laisser la terre de Kérak pour s'établir, seuls et indépendants, en un point du Belqâ où ils espéraient une vie plus tranquille. En fait, ils ont réussi à se fixer à Mâdabâ, ville ancienne depuis longtemps détruite et complètement abandonnée. Ils n'ont pas joui du premier coup de la prospérité relative dont ils sont fiers aujourd'hui : nombreuses ont été les luttes à soutenir, les ditTicultés à surmonter sur le parcours de Kérak à Mâdabâ et à leur arrivée en cette dernière localité. Ce sont les multiples péripéties de cet « exode » que je me propose de rappeler. Voici tout d'abord ce que raconte la tradition sur l'origine de cette tribu.

Les 'Azeizât ne sont venus ni d'Egypte ni d'Arabie; c'est de Niniveli, en Mésopotamie, qu'ils sont originaires. Vers le quatrième siècle un soldat — remarquons la note militaire ! — enleva une jeune fille et, voulant échapper à toute revendication, quitta Ninweh pour venir s'installer à Môteb, petite localité à deux heures au sud de Kérak, Le nom de Ninweh ne serait point, d'après cette légende, une antique appellation de Môteh, comme le rapporte M. Mauss ', mais la désignation de la patrie des 'Azeizât. La famille ou la tribu se développa rapidement; la vigueur de la race leur acquit une juste célébrité guerrière qui trouva bientôt l'occasion de se déployer. Depuis huit ans, l'Arabie s'agitait fébrilement à la voix du Prophète. Une première fois, elle essaie de faire invasion dans le Belqâ, d'entamer la puissance séculaire de Byzance. Un corps expéditionnaire, sous la conduite de GaTar, monte de l'IIedjaz, espérant un rapide succès. Mais les forces de l'Empire, de beaucoup supérieures en nombre, écrasent à Môteh la troupe hardie qui est presque toute fauchée sur le champ de bataillle. Ce récit de la tradition est confirmé par l'histoire.

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