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LE MÉNAGE ET LA FAMILLE ' I4I

hâte d'aller chercher pour lui des remèdes. Il est juste d'ajouter qu'il ne prend pas plus de soins pour sa propre santé. Il existe à ce sujet un dicton énergique, c'est la prière du paysan :

Bon Dieu d'en haut, Prends ma femme, laisse mes chevaux.

D'Amezeuil (^Légendes bretonnes, p. loi) constate aussi que le paysan raorbihannais est moins tendre pour sa femme que pour ses bêtes ; il en est de même en Berry (cf. Laisnel de La Salle, t. II, p. 107).

En parlant de son mari, la femme dit : notre homme, le bourgeois; les maris : not' femme, la bourgeoise ou la femme de sez (chez) nous. L'un et l'autre disent « notre » et non pas « mon » ; c'est pour que, si « notre homme » ou « notre femme » venait à se perdre ou à s'égarer, chacun se mît à sa recherche, ce qu'il ne ferait pas si on disait « mon homme » ou « ma femme «.

Les femmes mariées portent souvent le nom féminisé de leur mari : « la Hamonne, la Pironne w, la femme de Hamon, de Piron, ou « la Hamon, la Piron ».

Quelquefois, on les désigne par leur nom de famille, et non par celui de leur mari.

Parfois, l'homme porte le nom de sa femme; on dit « l'homme à la James ». Cela a Heu surtout quand le mari est étranger au pays.

Cf. Laisnel de la Salle, t. II, p. 113.

142 l'homme de la naissance a la mort

Perdre son anneau, c'est signe de malheur; mais celui qui, l'ayant trouvé, le garderait serait aussi exposé à quelque mésaventure. (P.)

On dit d'une femme active :

— Les vênes (vesses) ne li restent pas sous l'cotillon. (xM.)

Lorsqu'un mari n'est pas le maître, et que sa femme a accaparé tout le gouvernement, on dit qu'il est « coiffé de la feuille de choux ». (E.) « Il a le bonnet vert » : Il ne peut rien faire sans sa femme dont il est séparé de biens. (E.)

Lorsqu'un mari a battu sa femme, les garçons se munissent d'une charrette à bras, puis ils montent sur les hauteurs et font claquer leurs fouets. Alors on se dit aux environs :

« Un tel a battu sa femme, faut va le cherra. »

On se réunit et on tâche de surprendre le mari, qui est mis dans la charrette. On le conduit dans les villages, et, autour de lui, on parle de la dispute qui a motivé les coups, en employant autant que possible les propres termes dont se sont servis les deux époux. On cherraye aussi les femmes qui ont battu leur mari. (Trélivan.) Le même usage existe à Saint-Jacut-de-la-Mer et en plusieurs autres pays. Cette cérémonie se nomme charriottage ou cherrayeme?it. Jadis, à Calorguen, on charriottait aussi les maris qui battaient leur femme.

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