‹ Coutumes populaires de la Haute-BretagneChapitre 27 sur 73 · Saint Antoine de Padoue fait retrouver es objets perdus · texte numérisé non relu

Saint Antoine de Padoue fait retrouver es objets perdus

17. Saint Hervé est représenté avec un loup ians la chapelle de Notrc-Dajne-du-Haut, près vioncontour, allusion à un épisode de sa légende.

21. Saint Méen. — Une commune d'ille-et- Vilaine porte le nom de ce saint. « Sur les bords de la forêt de Broceliande, dans le voisinage de Gael, saint Méen fit jaillir du sein d'une terre aride la source miraculeuse encore aujourd'hui vénérée. Elle est d'un grand renom pour la guérison d'une lèpre qui couvre la tête des enfants au berceau. »

(Baron Dutaya, Broceliande, p. 64.)

22. Saint Aaron (Èran). — Une commune des Côtes-du-Nord porte son nom ; mais on évite de donner ce nom à aucun enfant, car l'on assure qu'il ne vivrait pas.

24. Saint Jean. — Dans plusieurs cantons, c'est l'époque où ont lieu les déménagements; C'est aussi le moment où les domestiques entrent en condition, ou quittent celles qu'ils ont.

Dans la Haute-Bretagne, la Saint-Jean est célébrée par des feu.K de joie, qu'on appelle rieiix ou raviers. Cet usage, pourtant, n'est pas absolument général; en Ille-et- Vilaine, je connais des communes où l'on n'allume pas de feux de joie, bien que le patron de la paroisse soit saint Jean (exemple : Ercé-près-LifFré). Cette coutume y a cessé, il y a quarante ans environ.

Mais dans ces communes, de même que dans nombre de pa3^s de l'Ille-et-Vilaine et des Côtes-

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clu-Nord, il est d'usage, la veille de la fête, de « tirer les chieuves », ou de « tirer les joncs ». Voici comment on s'y prend : on pose sur un trépied un bassin de cuivre dans le fond duquel on met une clé, et qu'on arrose avec du vinaigre ou du cidre aigri ; on tend dessus des joncs qu'on fait raidir comme les cordes d'un instrument et on passe les mains sur ces joncs avec un mouvement de va-et-vient analogue à celui d'une personne qui tire (qui trait) les chèvres. C'est de là sans doute que vient l'expression. Au bout de quelque temps, la vibration se transmet du jonc au bassin et produit un son qui a quelque analogie avec celui de la vielle, et qui, bien que doux, s'entend de fort loin. Ailleurs, on « tire les chieuves » quelque temps avant d'allumer le rieu ou feu de joie. (D.) Parfois, on tire les chieuves en plusieurs endroits diiférents de la même commune, et l'éloignement produit des différences de son très agréables.

L'usage de tirer les chèvres existe en Basse-Bretagne (cf. Souvcstre, Derniers Bretons, t. 1'='^, p. 12).

Souvent, il y a dans une même commune plusieurs feux de joie ; le bois est fourni par les dons volontaires; c'est ordinairement des glanes (fagots) d'ajoncs ou de bruyères. Celui qui se permettrait de détourner un de ces fagots commettrait une grande faute ; d'après une des versions de

V Homme de la lune, le fagot que celui-ci porte est un fagot volé à un feu de joie.

Le bois est amoncelé autour d'une perche ; en haut, il y a un bouquet, parfois une couronne qui est attachée au haut de la perche par plusieurs brins de jonc. Il est ordinairement fourni par une personne qui se nomme Jean ou Jeanne ; c'est toujours un Jean ou une Jeanne qui allume le feu. A ce moment, on crie en hoiipant, et l'on répond des collines voisines où se passe la même cérémonie.

Pendant que le feu brûle, on danse des rondes tout autour en chantant; mais, à ma connaissance, il n'y a pas de chanson spéciale. Quand il ne reste plus que des tisons, on s'amuse à sauter par-dessus le feu. Je n'ai jamais ouï dire qu'on menât les bestiaux par-dessus le brasier. (D.)

Les feux de la Saint-Jean existent dans la plupart des provinces de France. (Cf. Monnicr, p. 208 ; dans la Beauce, cf. Morin, p. 27.)

Quand on va aux feux de la Saint-Jean et de la Saint-Pierre, on en rapporte des tisons, et, quand il tonne, on leur dit :

Tisons de Saint-Jean et de Saint-Pierre, Garde-nous du tonnerre, Petit tison.

Tu seras orné de pavillon. (S.-C.)

La croyance à la vertu protectrice des tisons de la Saint-Jean est très répandue en France. (Cf. Guerrj', Usages duPoitou, p. 43 1 ; Morin, p. 27 ; Souvestre, Derniers Bretons, p. 12.)

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On jette aussi des tisons de ]a Saint- Jean dans les puits pour rendre l'eau meilleure.

Voici une explication de l'origine des feux de la Saint-Jean. Au temps où saint Jean était pâtour, il allumait pendant la nuit des feux pour préserver son troupeau des loups. (P.)

Le jour Saint- Jean, S'il pleut, la pluie Fait la noisette pourrie. (E.)

— A la Saint-Jean, Cocu, va-t'en.

— Donnez-moi cinq jours d'agîer (de plus), A la Saint- Jean je m'en irai. (P.)

A la Saint- Jean, Qui voit une pomme en voit cent.

A la Saint- Jean, Le cavalier voit les pommes en courant.

La fleur de sureau se cueille la veille de la Saint-Jean. (P.)

Les poulets mis à couver le jour de la Saint- Jean sont plus beaux que les autres, et ils profitent mieux. (E.)

26. Saint David. — Dans la fontaine de Saint- David en Landébia, près Plancoët, on plonge les jeunes enfants pour leur donner des forces.

29. Saint Pierre et saint Paul. — Dans les pays dont le patron est saint Pierre, il y a un feu

de joie qui remplace celui de la Saint-Jean; il y a toutefois des communes où les deux feux ont lieu chacun à son jour. En lUe-et- Vilaine, c'est le jour Saint-Pierre qu'a lieu la foire aux domestiques.

Juillet (Juilé).

Juilé Ne s'eu va pas sans son tourte. (P.)

(C'est-à-dire sans son grain mûr.)

ler. Saint Lunaire. — Il y a une commune de ce nom. En passant au Décollé, pointe dangereuse entre Saint-Lunaire et Saint-Briac, les marins disent :

Saint Lunaire, Préservez-nous du naufrage en mer. (S.-C)

La fontaine de Saint-Lunaire, au bourg du même nom, est aussi un lieu de pèlerinage pour la guérison des maux d'yeux. « Les pèlerins qui viennent à Saint-Lormel, près Plancoët, invoquer saint Lemaire pour la guérison des yeux se lavent la- partie malade avec l'eau d'un puits placé sous la chaire. » (Ogée, art. Saint-Lormel.) Au Quiou, canton d'Evran, saint Lunaire est aussi invoqué contre les maux d'yeux. La spéciahté de ce saint

vient vraisemblablement d'un calembours; entre Lunaire et Lunette.

13. Saint Thuriau ou Thuriol. — Il y a une commune de ce nom.

A la Saint-Thuriau,

Sème tes naveaux (navets). (P.)

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