DATE PROBABLE DE LA VERSION FRANÇAISE
Les premiers et les derniers feuillets du manuscrit S. G. ayant disparu, comme on Fa dit dans le chapitre P% on ne possède aucun renseignement sur Fauteur de la version française. C'est à peine si à l'aide des quelques indications contenues dans ce texte, on peut arriver à déterminer, d'une manière très vague, l'époque à laquelle on doit le rapporter. Les deux traités qui ont formé le Très-ancien Goutumier étaient certainement réunis quand il a été traduit en français, puisque le manuscrit S. G. n'offre aucune trace de la division en deux parties ; on ne peut donc faire remonter la traduction avant l'époque où cette réunion a été rigoureusement possible, c'est-à-dire avant 1219. — Mais, d'autre part, cette traduction mentionne encore F emploi d'un grand nombre de cojurateurs, quarante-huit, tandis que dans la seconde moitié du xiii^ siècle, à Fépoque où aété rédigé le Grand Goutumier, ce nombre ne pouvait dépasser
1 T. A. C, Lxxxii, 5, note 3. — Marnier, p. 68, 1. 20.
3 Manuscrit N. D.2, fo 97, vo.
^ Manuscrit BB., p. 99, col. 2.
sept ^ ; elle repousse le principe de la représenfation admis en 1224 par une décision de l'Echiquier ^ ; enfin elle est écrite dans une langue archaïque qui reporte volontiers le lecteur à la fin du premier tiers du xiip siècle. On ne croit pas possible de lui assigner une date plus précise.
L'auteur est inconnu ; suivant toute vraisemblance il n'était point de la Normandie, car la traduction n'est pas écrite dans le dialecte de cette province. Il paraît d'ailleurs, comine on l'a dit plus haut, absolument étranger aux usages, à l'histoire et à la géographie du pays dont il traduit les coutumes.
1 Marnier, p. 15, 1. 15. Voy. Grand Coutumier (éd . de 1539, II, fo v, vo, col. 1).
2 « Judicatum est quod si aliquis habeat filios, et si maritet antena- « tum filium suum, si contigerit quod antenatus ille habeat heredem de « uxore sua desponsata, et filius ille antenatus moriatur, hères ante- « nati filii habebit de hereditate avi sui hoc quod pater suus haberet si « viveret... » L. Delisle, Recueil de jugements de V Echiquier^ p. 92, no 361.