‹ Coutumiers de NormandieChapitre 29 sur 248 · XC · texte numérisé non relu

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Mais, à côté de ces termes rajeunis et francisés, il y en a d'autres qui offrent tous les caractères du dialecte normand et semblent devoir être considérés comme des vestiges d'une seconde version des Statuta et Consuetudines écrite en normand et aujourd'hui perdue. On pourrait, il est vrai, objecter que ces leçons ne suffisent pas à établir l'existence d'une traduction normande des Statuta et Consuetudines, parce qu'elles peuvent avoir été introduites par les copistes des manuscrits de la version abrégée et en effet plusieurs de ces variantes se rencontrent dans le texte du Grand Coutumier^ qui y est également contenu; mais l'objection n'est pas décisive : car la plupart des formes normandes se retrouvent à la fois dans le ms. latin 1426b et dans le ms. français 5959, qui n'ont pas été transcrits l'un sur l'autre. Il faut donc en conclure que les leçons caractéristiques remontent au moins à l'exemplaire interpolé du Grand Coutumier, qui est la source commune de ces deux manuscrits. La présence de formes anciennes ^

1 On constate de même dans le texte du Grand Coutumier la persistance de la diphtongue ei et du c dur ainsi que la transformation du c en ch devant e et i :

« asseer. B. camp, camps. B. F. aperchoit. B, F.

2 Tels sont les imparfaits du subjonctif en ei au lieu de i, qui sont communs aux mss. lat. 1426b et fr. 5959 : <i perdeist. LU*, preïst. V, 1. promeïst. V*, 4 ».

Le ms. lat. 1426b donne encore la leçon archaïque « voulscist, voulsist». XVIir, 1. LU*.

eschaer. F. escheer. B.

eschaetes. B, F. eschetes.

her, hers. B, F.

ley, ley ouslree. B. lay apparissant. F.

pouer. pouait. B, saver. B.

campion. B, F.

cangier. cangent. F.

capel. F.

capitres. B.

catel. F.

quemin. B, F.

Bicart. B, F.

avanchiez. F.

chi. F.

chimetere. B.

commenchiez. F., convenenchas. B.

dépêchiez. F.

larrechin. B, F.

ochis. B, F.

pourcachié. F.^ prononchant. F.

rechoit. F.

souspechon, F. ».

et de quelques expressions archaïques ^ dans les fragments qui renferment ces leçons permet d'aller plus loin et de les attribuer à l'original même de l'ancienne version normande. Du reste, les coïncidences de forme qu'on remarque dans certains cas entre le texte du Grand Coutumier et celui de la version abrégée tiennent à ce que l'auteur de la compilation s'est très vraisemblablement servi d'une rédaction du Grand Coutumier écrite dans le dialecte de la région de la Normandie qu'il habitait.

En combinant les leçons de ces deux manuscrits, qui donnent des formes anciennes échappées au zèle des compilateurs, il est possible, sinon de reconstituer le texte primitif, du moins de s'en faire une idée.

l'' La diphtongue ei, peut-être réduite à è, correspondait à ë et à ^ latins accentués, comme le montrent les variantes suivantes :

«aver [= aveir]. LVIl*, 3. B. avoir. F.

er [=eir]. IV*, 3. V*, 4.. B. oir. F.

escheer [= escheeir]. XXXir, 1. B. escheoir. F. her, hers [= heir, heirs]. IV*, 3. V*, hoir, hoirs. F.

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