‹ Coutumiers de NormandieChapitre 30 sur 248 · XLVI*, 2. LVII*,3, 4. XC*, 2. B · texte numérisé non relu

XLVI*, 2. LVII*,3, 4. XC*, 2. B

lay [=ley, lei]. LXXXVI*, 1. B. F.

pouer [= poueir, poeir] . VIII*, 4. B . poiioir, pouoient. F.

pouaient [=poiieient]. LVir,4. B.

pourseer [= porseeir] 2. XXXII*, 1. pourseoir. F ».

LVir, 1. B.

1 Le mot « baron » est l'exemple le plus frappant de ces termes archaïques qui ont survécu à tous les remaniements. Il se rencontre également dans les mss. lat. 1426b et fr. 5959 et correspond aux trois mots latins maritus, sporisus et vir (IV*, 3. V*, 1, 4. LXXIX*, 5. LXXX*, 6) ; il ne figure pas dans le texte du Grand. Coutumier.

2 La version normande portait probablement «porseeir » ; carB. a la leçon « porseours » (XIX*, 2) et F. donne la forme française « pourseoir » (XXXII*, 1), qui correspond à la variante « pourseer » de B. (XXXII*, 1. LVII*, 1).

2« Le c dur ou explosif persistait devant a; devant e et i, il se transformait en ch, comme le t latin suivi de e ou de i en hiatus, ainsi qu'on peut en juger par ces exemples :

« camps. LXXIX*, 5. B, F.

capistre. LXXXVI% 3. B. chapitre. F.

catel, catelx. V*, 4. F. chatel, chatiex. B.

escangera. XXXIV*, 2. F. eschangera. B.

avanchiés. VIII*, 4. B, F.

chu. XIX% 2. XC*, 1. F. cel. B.

merchi. XVIII*, 2. F. merci. B.

poursieche. LVII*, 8. F. poursiece. B. ».

renonchast. V*, 4. B, F.

A ces traits vraiment caractéristiques^ viennent s'en joindre d'autres, qui n'ont qu'une valeur secondaire, mais achèvent de préciser la physionomie du texte primitif : les uns sont des faits linguistiques, comme la transformation de Va latin en e après un c ^ et la persistance de l'o fermé les autres des particularités graphiques telles que l'emploi de e au lieu de ai'^ et la

1 II est difficile de savoir si le texte original de la seconde version des Statuta et Consuetudines observait la distinction des sons an et en. On trouve bien la leçon « dedens » employée à l'exclusion de « dedanz » (LVir, 3, 6); niais le mot sergenterie est écrit « serjanterie » dans B. et « sergenterie » dans F (VIII*, 5).

2 Le changement de a en e n'a lieu que dans ces d«ux mots : « cherue. LIII-LIV*. B. charue. F, P.

quer. XI', 2. XIir.2. XVIII*, 1. XXXII*. car. XI% 2. XLIV, 2. P. 4. XXXIV*, 2. XLIV*, 2. LVII*, 4, 6. quar. V*, 5-6. XXXII*, 1. B. ». LXXXIX*. 3. XG*, 1. B, F.

3 L'o fermé s'est conservé intact dans quelques leçons, la plupart du ms. lat. 1426b :

« morut. LXXVIII*, 1. B. mourut. F. ».

torne. XC*, 1. B, F.

4 Les mss. fr. 5959 et Phillipps ont presque toutes formes en ai : u delessier. XXXII*, 1. B, delaissier. F.

fere. XC*. 1. B, F. fet. XG*, 2. B. fait. F.

forfesoit. XC*. 2. forfet. LXXX*. 6. forfaisoit. F. forfait. F.

notation ey de la finale latine a^^^s^ qui se rencontrent plus spécialement dans le ms. latin 1426 b.

Les règles de la déclinaison des substantifs^ et des adjectifs 3 ne sont pas observées dans la version abrégée

let. LVH'. 6. lay [= lait]. F.

raeffet. LU*. B. meffait. F.

me9.Xni*,l.XUr,5.LVn*.2.XC',4.B. mais. F. meson. V*, 3. XLIl*, 4, LIII-LIV*. B. maison. F, P. plede. V*, 7. empiede. XXXIV, 2. B. plaide, en plaide. F. pleige. plegoit. LU*. XC% 1. B. plaige. F.

reperrera. XXXIV*, 4. F. reperreroit. repairier. LXXXIX*. 3. F. ». XC% 2. B, F.

De même F. a la leçon « douaire ^ tandis que B. porte « douare » (IV*, 3. V% 1-6. LXXÏX*, 11).

1 La notation ey a été étendue aux substantifs terminés en atus :

« amendey. XIII*, 1. amendé, assigney. LXXXVI*, 4. assigné, comptey. XIII*, 1. compté, dampney. LXXIX*, 41. dampné.

donney. XXXII*, 4. XXXIV*, 4, 2. donné, raportey. XIII*, 2. apporte', vicontey. XLIV*, 2. viconté ».

Cette particularité graphique, qui était propre à certaines régions de la Normandie, est commune à toutes les parties du ms. lat. 1426b; on trouve ainsi dans le texte du Grand Coutumier « grey, postey, vicontey, visney ». Le ms. fr. 5959 a par exception deux ou trois terminaisons en ey : « celey, espeney ». V. Burgass, Darstellung des Dialects, p. 22.

2 La distinction du cas-sujet et du cas-régime a presque complètement disparu dans la version abrégée, comme le montrent ces exemples :

« Le marchant... avra. IV*, 3. — le pere et le filx se mourreussent. V*, 1. — l'ainsné filx chevalier doit avoir. VIII*, 2. — les ainsnés esliront. Vlir, 2. — se aucun orphelin. XI*, 2. — se meuble estoit commun. XIII*, 2, — se le frère ainsné. XXXII*, 1. — le service pourroit estre. LVII*, 6. — se le baron perdoit. LXXIX*, 11 >;. Les seuls vestiges de la déclinaison à deux cas sont : 1« La variante « ly orphelins doivent. F. = li orphelin doit. B. », où le pluriel a été maladroitement substitué au singulier ; la leçon primitive devait être, comme dans le ms. de Sainte-Geneviève : « li^orfelins doit avoir... ». VF, 1.

2° La leçon : « Ne doit nul estre si hardis... » B. ; dans F. et P. Vs a disparu et on trouve seulement « hardi ». XLIV*, 2. 3» L'emploi du cas-sujet de l'article masculin li dans quelques cas :

« li baron. IV*, 3. li* orphelin. VI*, 4. li plet. XXXIV*, 2. li roy. XI*, 2 ».

3 La déclinaison à genres n'était pas appliquée dans le texte primitif aux adjectifs de la 3« déclinaison latine qui n'avaient qu'une seule forme pour le masculin et le féminin : car les adjectifs dérivés du type latin en alis ne se déclinent pas généralement dans le ms. lat. 1426b : « autel value. XIII*, 4. B. autelle value. F. . itel manière. XIX*. 2. B. ytele manière. F.

par quel raison. LIII-LIV*. B, F. en quelle partie. XIII*. 4. B. ».

Ils restent aussi invariables lorsqu'ils entrent dans la composition des adverbes en -ment :

«loialment,loiaument.VIII*,2.XI*,2.B,F. oelment. VIII*. 2. IX% 2. F. Cependant le ms. lat. 1426b fait accorder l'adjectif dans « oelement ».

et il est probable qu'il en devait être de môme dans le texte original, si on en juge par les habitudes des écrivains normands. La flexion des adjectifs démonstratifs et des pronoms personnels offre certaines particularités dialectales, comme les cas-régime chu cel) du démonstratif cil^ et lié ou lej/^ du pronom féminin de la 3® personne, dont on retrouve encore des exemples dans quelques patois de la Normandie , ainsi que l'emploi au féminin des pronoms masculins de la 3^ personne il et eulx^.

La conjugaison a conservé quelques anciennes formes

1 Cette variante se rencontre deux fois dans le ms. fr. 5959 :

« de chu gage. XIX*, 2, de cel gaige.

de chu fieu. XC*, 1. de cel fieu ».

Le démonstratif chu [= chel^ cheu] pouvait s'employer à la fois comme adjectif et comme pronom. On le trouve écrit cheu dans un document de 1310 environ inséré dans le Livre rouge de l'abbaye de Troarn (L. Delisie, Etudes sur la condition de la classe agricole en Normandie, p. 109, n. 19); il est encore cité sous la forme chu par M, A. Romdahl avec sa double fonction {Glossaire du patois du Val de Saire. Linkôping, 1881, p. 27 et 79). V. Meyer-Lûbke, Grammaire des langues romanes^ t. II, § 96, p. 132.

2 « Elle [la femme] ne perdroit mie le tenement qui est de par lié (F. ley) ». LXXIX*, 11. V. Meyer-Liibke, op. cit., t. II, § 76, p. 105. Ch. Joret, Essai sur le patois riormand du Bessin. Paris, 1881, p. 30 et 121. A. Romdahl, op. cit., p.' 67. Ces deux derniers auteurs donnent la même transcription de ce pronom que le copiste du ms. lat. 1426b et que les mss. du Roman de Rou (P. II, v. 5099, 10735, 11350. éd. H. Àndresen, t. II, p. 234,454 et 477).

3 Chacun de ces pronoms est employé une fois au féminin :

« Des autres terres selonc cen que il Tout franc tenement doit estre départi (F. ils. P. ilz) sont loing. XLHP, 4. entre seurs. Et se eulx (B. elles) estoienl

trois ou quatre ou plus... IX*, 1-2 ».

La leçon eulx n'est peut-être ici qu'un rajeunissement maladroit du fém. pliir. els fréquent dans le dialecte normand. V. Meyer-Liibke, op. cit., § 78, p. 110.

On trouve aussi dans la version abrégée quelques. participes passés au masculin se rapportant à des substantifs féminins :

« En telle manière que celle partie de cel chatel seroil gardé. V, 4. B, F.

Et se elles [les seurs] estoient trois ou quatre .. et les ij. fussent marie's (F. mariez). IX%2. B, F.

Quer les choses qui appartiennent a saincte église ne peuent estre vendus, donnez ne e?trangez. LVH', 8. F ».

— XGI —

normandes telles que le conditionnel avrout^, dernière réminiscence des imparfaits en -oue, -ont, le participe passé féminin pluriel estrangies pour estrangiees^ et l'infinitif pourvoier^.

La version abrégée renferme ainsi assez de traces du dialecte normand pour qu'on soit autorisé à regarder la traduction des Statuta et Consuetudines dont elle dérive comme ayant été écrite dans cette langue.

Page 1