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Communication orale du D' Cartier, élève de Cazin

nocturne correspondrait d’après cette proposition à la période de préparation de l’abcès. Comme il appartient le plus souvent à une période où la coxalgie est douloureuse ou du moins sensible, un abcès peut se développer, mais la coïncidence de cette complication est loin d’être une règle constante. C'est plutôt une exception.

Les douleurs à la pression directe sur les différentes faces de la hanche sont variables comme les douleurs spontanées ; vives et superficielles pendant les poussées inflammatoires, elles sont vagues et profondes chez les sujets reposés depuis une longue période et exempts de tout empâtement local. Leur disparition complète est d un heureux pronostic, bien qu’on n’en puisse conclure à la guérison. Elles sont sujettes à des retours, elles reviennent par exemple quelquefois sur un point où se forme un abcès.

État physique de la région de la hanche. — L état physique de la région articulaire n’est pas le même dans tous les cas. Chez une partie des malades, on ne trouve, à part les altérations atrophiques, qu’un léger épaississement de la région de la hanche, que l’on apprécié bien en saisissant la hanche à pleine main et en comparant les deux côtés. Les cas de ce genre sont les plus bénins.

Plus souvent une tuméfaction large et diffuse sensible à la vue et au toucher soulève tpute la région coxale en avant, latéralement et en arrière. La racine de la cuisse est renflée en gigot.

Quelques auteurs parlent de l’épaississement du grand trochanter. L’expression est doublement inexacte. D abord on ne trouve presque jamais le graiid trochanter augmenté de volume avant la suppuration lorsqu on a 1 occasion de l’examiner de visw, ce senties parties molles qui

SYMPTOMES

sont tuméfiées. Ensuite l’épaississement n’est pas limité à la région trochantérienne, sauf les cas exceptionnels d’abcès du grand trochanter ; il embrasse l’articulation sur la plus grande partie ou sur la totalité de la circonférence de la hanche ; on le trouve en tout cas aussi bien en avant et en arrière qu’en dehors.

11 consiste d’habitude en un empâtement dur, de consistance fibreuse, profondément situé. La peau et les couches sous-cutanées sont indemnes ou, en cas de poussée aiguë, légèrement infiltrées.

Troubles trophiques. — Les troubles trophiques du membre inférieur, qui ont commencé avec l’arthrite, s’aggravent d’une manière progressive. Au bout d’une période d’un ou deux ans, tous les tissus, toutes les parties du membre sont altérées. L’atrophie musculaire s’accentue de plus en plus, surtout à la fesse et à la cuisse. Les muscles de la jambe sont atteints à un moindre degré.

Les altérations des téguments sont complexes. L’épiderme, souvent sec et squameux, se renouvelle anormalement; les poils soht généralement plus volumineux et plus longs que du côté sain. Si on pince la peau et le pannicule adipeux sur deux points symétriques des deux membres inférieurs, on trouve une couche plus épaisse du côté de la coxalgie; de plus, de ce même côté, la souplesse de la couche sous-cutanée est amoindrie par une sorte d’empâtement. Ce signe est très précoce.

Les troubles atrophiques les plus remarquables sont sans contredit ceux du squelette. Les os du membre malade sont, ainsi qu’on l’a déjà vu au chapitre de l’anatomie pathologique, moins épais et moins longs. Je n’oserais dire que le fait soit absolument constant chez les

jeunes sujets, mais les exceptions sont très rares dans la coxotuberculose ancienne.

Je me suis attaché à mesurer la longueur du tibia et la longueur totale du pied chez cent coxalgiques. Pour le tibia j’ai mesuré depuis l’interligne articulaire du genou, 'rendu sensible en fléchissant la jambe sur la cuisse, jusqu’à la pointe de la malléole interne ; ces deux points de repère n’exposent à aucune erreur. Constamment le tibia était de 4 à 20 millimètres plus court que son congénère. De même le pied du côté malade était raccourci de 5 à 15 millimètres.

Au toucher, on sent une différence le plus souvent très marquée entre les deux tibias, quant à l’épaisseur de leur diaphyse ; du côté malade, cette épaisseur est réduite d’un quart, d’un tiers, de la moitié même. Même différence d’épaisseur entre les deux fémurs, entre les deux péronés, entre les deux calcanéum, entre les deux séries de métatarsiens. Les orteils eux-mènies sont moins longs et moins épais du côté malade. Ces altérations osseuses ont été bien observées depuis longtemps par les chirurgiens.

Les auteurs qui se sont occupés des troubles trophiques dans les arthrites aiguës (du genou en particulier), ont insisté presque exclusivement sur les atrophies musculaires qui apparaissent très tôt. L’étude de la coxalgie tuberculeuse montre que tous les tissus du membre subissent la même atrophie, et qu’à la longue le système osseux offre les modifications les plus profondes.

Nous ne voulons insister sur aucune théorie pathogénique. 11 semble cependant que l’influence atrophiante de l’arthrite tuberculeuse ne peut s’expliquer autrement que par l’action du système nerveux central. L’articulation est le point de départ d’un réflexe médullaire dont la voie

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centrifuge se répartit sur tous les nerfs trophiques du membre. Ce mécanisme pathogénique est du reste commun aux arthrites aiguës et aux arthrites chroniques.

Quelques malades, souffrant peu et n’étant soumis à aucun traitement rationnel, peuvent marcher pendant presque toute la durée de leur affection. La claudication est alors proportionnée au degré de déviation du membre malade. En cas de déviation très marquée, flexion à angle droit avec forte abduction, l’usage des béquilles est inévitable. Avec une déformation moindre, nous voyons certains enfants marcher même sans aucun appui. En étudiant les terminaisons de la coxalgie nous aurons l’occasion d’exposer les caractères physiques de la claudication, caractères en rapport avec l’attitude vicieuse de la hanche.

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