‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 16 sur 69 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

La coxotuberculose pouvant dans les cas heureux guérir à l’une des périodes précédentes, les accidents de la troisième période, luxation et abcès, ne surviennent qu’éventuellement; ils sont la conséquence habituelle de l’absence de traitement ou d’un traitement mal dirigé. Dans certains cas graves, au contraire, on ne peut par aucun moyen les éviter.

SYMPTOMES

L’ulcération des surfaces articulaires, qui conduit à la luxation par une progression régulière, a été étudiée précédemment au chapitre de l'anatomie pathologique. 11 n’y a pas lieu de revenir sur son mécanisme général. Mais il reste à dire quelques mots des variétés.

On a vu que le processus ulcératif détruisait d’une part la tête du fémur, d’autre part le sourcil cotyloïdien dans le sens de la compression réciproque dé ces deux surfaces; cela ne veut pas dire que la tête et le cotyle soient altérés au même degré et que la déformation, qui s’en suit, soit toujours identique à elle-même. On rencontre au contraire des formes nombreuses.

La tête peut être jilus profondément ulcérée que le cotyle et réciproquement. Parfois la tête est détruite entièrement et il ne reste que des traces du col. Le fémur se termine alors en haut par le grand trochanter. Plus souvent la tête fémorale n’est que déformée, mais elle conserve un certain volume et lorsqu’elle est luxée, on peut la sentir, déterminer sa place et son degré de fixité ou de mobilité. D’un autre côté, le sourcil cotyloïdien disparaît souvent par ulcération : la cavité articulaire largement ébréchée se continue directement avec la fosse ' iliaque externe. C’est le fait le plus fréquent. D’autres fois et spécialement en cas de suppuration et de fistules, un certain degré d’hyperostose accompagne ou mieux précède l’ulcération; à mesure que la cavité articulaire s’agrandit, le sourcil cotyloïdien se reproduit partiellement sous la forme d’un bourrelet osseux de formation nouvelle, il semble reculer devant l’ulcération.

lUXATIOHS PATHOLOGIQUES. 63

Enfin on a admis des luxations mixtes, résultant à la fois de la destruction de l’articulation et d’un léger traumatisme • les surfaces sont déformées suivant la forme habituelle et la capsule est affaiblie, lorsqu’un mouvement anormal de la cuisse, qui n’aurait produit aucun desordre sur une hanche normale, vient achever un déplacement tout préparé. Le rôle du traumatisme n’a, sauf rare exception, qu’une importance fort secondaire et surtout il serait

difficile de réunir un grand nombre de faits dans lesquels, il ait produit une forme spéciale de luxation, susceptible d’un traitement à part. Mais nous avons vu un certain nombre de fois la luxation se produire rapidement chez des sujets astreints à la marche. Dans le cours du processus anatomo-pathologique, tel qu’on le connaît, il arrive un moment où le poids du corps l’emporte sur la résistance de l’articulation et on comprend qu’alors la marche ait pour conséquence l’écartement plus ou moins rapide des surfaces articulaires. Le déplacement a pu se produire entre deux examens successifs. N’est-ce pas en pareille circonstance qu’on a parfois fait intervenir sans beaucoup ' de raison un traumatisme insignifiant?

Nous distinguerons cliniquement deux types principaux de luxations ; luxation en arrière, iliaque ou ischiatique, luxation en avant, ovalaire ou sus-pubienne.

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