DURÉE. IS
laire et l’adénopathie inguinale sont les seules traces sensibles de la maladie.
Toute douleur, toute sensibilité anormale à la pression peuvent avoir disparu et la marche a repris ses caractères normaux. Mais on se gardera d’accepter sans de grandes réserves cette apparence de guérison. Nous avons déjà,eu l’occasion de dire que les symptômes du début, atténués ou même disparus à la suite d’une période de repos, se montrent de nouveau avec une aggravation notable dès que l’on autorise le malade à marcher et à reprendre sa vie habituelle.
Nous avons longuement insisté déjà sur les fautes de pratique, commises habituellement dans ces circonstances. Un coxalgique au début de son affection est tellement amélioré par un traitement de quelques semaines, que les parents et quelquefois le médecin ont l’illusion d’une guérison réelle. Les précautions prises sont supprimées. La maladie ne tarde pas à reparaître, on revient au traitement. Puis de nouveau le malade est abandonné à lui-mème. On passe ainsi par une suite d’alternatives qni conduisent inévitablement aux accidents les plus graves au bout de quelques mois.
D’après les considérations que nous avons exposées ailleurs sur l’interprétation qu’il convient de donner aux premiers symptômes de la coxotuberculose, le soulagement éprouvé par les malades au début de leur affection sous l’influence du repos est dû à l’atténuation des phénomènes intlammatoires de l’arthrite coxo-fémorale. Cette arthrite très peu vive est facilement calmée; mais sa cause, que l’on trouve presque toujours dans une lésion osseuse, persiste constamment, prête à reproduire les mêmes effets sous l’influence de la marche.
Nous ne craignons pas d’être taxé d’exagération en
TRAITElfEST.
estimant à un an ou même à dix-huit mois la durée moyenne du traitement de la coxalgie au début. Si quelques cas exceptionnellement heureux ont pu aboutir à une guérison solide après un repos de quelques mois seulement, le nombre considérable des récidives graves que l’on observe après dix, quinze,- vingt mois de traitement sans interruption doit plutôt servir de base à la conduite à tenir.
D’ailleurs les signes certains de la guérison font défaut. La disparition de la plupart des symptômes ne peut donner aucune assurance. Aussi, lorsqu’on en arrive à autoriser les malades à marcher, ne le fait-on qu’avec une réserve timide, en recommandant des essais lentement progressifs, en surveillant attentivement tous les symptômes, douleur, fatigue, attitude, etc., afin de revenir au traitement aux moindres indices de récidive.
AGENTS MODIFICATEÜRS DES FOYERS TUBERCULEÜX.
Nous n’avons point parlé des révulsifs : teinture d’iode, vésicatoires, pointes de feu. Pas plus au début que plus tard, l’efficacité de ces moyens thérapeutiques n'est démontrée. Leur emploi est d’ailleurs de plus en plus abandonné.
Nous voudrions au contraire nous appesantir longuement sur les tentatives rationnelles entreprises depuis quelques années pour atteindre et détruire directement les foyers tuberculeux osseux et articulaires. Mais en ce qui concerne la' hanche, on en est resté jusqu’ici à la période d’essai, et les méthodes n’ont pas donné des résultats tels qu’on puisse encore actuellement les faire entrer dans la pratique courante.
Les injections d’acide phénique en solution faible ou en
INJECTIOKS MODIFICATRICES. 135
solution forte (Hueteij ne nous arrêteront pas. Leur efficacité n’a pas été démontrée même pour les articulations superficielles comme le genou.
La méthode de notre maître Lannelongue, qui détruit les fongosités en injectant une solution au dixième de chlorure de zinc au milieu même des foyers fongueux et à leur périphérie, à la surface des os, autour de la synoviale et accidentellement dans l’articulation même, en un mot en infiltrant les parties malades de la solution antiseptique, a fourni des preuves de son efficacité pour d'autres articulations, spécialement pour le genou, le cou-de-pied, le tarse et le poignet. Mais son application à la hanche reste entourée de difficultés et d’incertitude. Tandis qu’au poignet, au genou, au tarse les foyers fongueux sont assez superficiels pour qu’il soit possible de déterminer exactement leur siège et leurs limites, et par suite de porter le liquide modificateur dans leur épaisseur et à leur périphérie, on manque de précision lorsqu’il s’agit de la hanche. Comment déterminer le siège exact du foyer osseux primitif dans le col fémoral ou dans la paroi du cotyle? Quel signe indique la partie de la synoviale qui est plus particulièrement envahie par les fongosités? En outre,- la hanche est cachée de tous côtés par des couches épaisses de parties molles. Les surfaces osseuses ne peuvent être explorées directement en quelque sorte et avec précision par l’aiguille de la seringue à injection, comme on le fait pour les articulations superficielles. Aussi, malgré un certain nombre d’essais dont quelques-uns ont été heureux, on ne peut quant à présent faire entrer les injections de chlorure de zinc suivant la méthode de Lannelongue dans la pratique habituelle.
Ce n’en est pas moins de ce côté que les chercheurs doivent diriger leurs efforts. Détruire le foyer tuberculeux
par une médication générale ou locale, tel est le but à atteindre. Nous verrons plus tard qu’aucune médication générale ne peut être considérée comme Spécifique. La méthode de Lannelongue se propose d’agir localement, et ses résultats sont déjà tellement heureux qu’on reste convaincu que des progrès seront faits dans la direction qu’elle indique.