EXTENSION CONTINUE
Les expériences entreprises sur ce point ont conduit à des résultats contradictoires. Kœnig expérimentant sur la hanche saine post mortem a montré que sous l’influence d’une traction de 4 kilos il n’existe plus nulle part de point de contact entre la tête fémorale et les parois de la cavité cotyloïde. Par conséquent, l’extension à l’aide des poids a pour effet de modifier les points de pression pathologique et ensuite de produire un écartement des surfaces articulaires, qui dès lors n’ont plus à subir de pression réciproque. Busch et Albert seraient arrivés à ce résultat paradoxal que la pression intra-articulaire, au lieu d’être diminuée par l’extension, serait au contraire augmentée.
Les expériences cadavériques sur la hanche saine ne permettent aucune conclusion démonstrative. Les conditions, en effet, sont radicalement différentes de celles où ' l’on se trouve chez le sujet vivant dont la hanche est malade. Lannelongue a fait l’autopsie d’un sujet atteint d’une coxalgie qui datait de six mois environ. Le membre . inférieur avait été soumis, pendant une période de 45 jours, à une traction continue par des poids de 2 kilogrammes d’abord et de 5 kilogrammes ensuite.
L’extension continue fut maintenue après la mort et la hanche congelée par contact avec un mélange réfrigérant pendant 14 heures. Ensuite on fit avec la scie une coupe passant par l’axe du col fémoral.
Les résultats obtenus en pareil cas paraissent reproduire ce qui se passe sur le vivant. « On voit tout de suite, dit Lannelongue, que les surfaces ne sont pas en contact en haut et au centré. Au centre, on peut mesurer deux millimètres d’écart entre le cartilage de la tête et le cartilage de la cavité cotyloïde. En haut et en dehors, il y a un demi-centimètre d’intervalle entre ces mêmes
surfaces. Au contraire, en bas, le cartilage de la tète et celui de la cayité sont en contact. De plus, on voit qu’en bas la capsule est pressée et tendue sur la tête du fémur, tandis qu’en haut l’intervalle existant entre les surfaces articulaires est rempli par une couche de fongosités molles qui n’adhèrent pas aux surfaces cartilagineuses. J’ajoute que la tête a subi un mouvement d’abaissement, attendu qu’il y a près de la moitié de sa surface qui est en dehors du cotyle, et que cette partie est arrondie, tandis que la supérieure est aplatie. »
L’interprétation de Lannelongue est en rapport avec les résultats cliniques de l’extension continue. A une période précoce de la coxotuberculose, alors que la contracture musculaire, les douleurs du genou et de la hanche sont les symptômes dominants, l’extension continue est, avec le repos de l’articulation, un procédé thérapeutique très efficace. Sous l’influence de ces deux moyens combinés, les douleurs cèdent rapidement, la contracture est vaincue, et la position vicieuse du membre corrigée au moins partiellement.
D’après ce qui précède, le traitement local de la première période de la coxotuberculose consiste essentiellement à tenir le malade couché sur un appareil portatif, à immobiliser la hanche et à pratiquer l’extension continue sur la cuisse.
Les symptômes ne tardent pas en général à céder l’un après l’autre. La douleur du genou et les contractions s’atténuent rapidement. La douleur de la hanche à la pression, plus tenace, devient elle-même obscure, mal déterminée, au bout de quelques semaines, d’un à trois mois au plus. Au bout de cette période, l’amélioration est en tout cas très sensible et, souvent l’atrophie muscu-