‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 36 sur 69 · REDRESSEMENT BRUSQUÉ · texte numérisé non relu

REDRESSEMENT BRUSQUÉ

Cette amélioration est plus sensible et plus rapide si à l’immobilisalion on ajoute l’extension continue. C’est en effet surtout à cette période que l’extension continue donne les résultats les plus heureux. Sous son influence, les douleurs spontanées du genou et de la hanche, les cris nocturnes cessent habituellement d’une manière assez rapide. La flexion de la cuisse elle-même ne tarde pas à diminuer. Pour obtenir ces modifications favorables par l’extension, il faut savoir en quelque sorte la doser. On augmente le poids progressivement tant qu’il est bien supporté ; sitôt qu’il occasionne une gêne notable le jour ou la nuit, on s’arrête, ou même, s’il est nécessaire, on diminue un peu la force de l’extension. Le maximum est habituellement de 2 à 4 kilos pour les enfants jeunes, de 4 à 6 kilos pour les sujets vigoureux et plus âgés.

Le bénéfice de l’extension se fait sentir habituellement au bout de deux ou trois semaines. Les douleurs, et en particulier la douleur du genou, sont rapidement calmées. Si l’attitude vicieuse doit être corrigée par ce moyen, le membre se défléchit, au moins partiellement, en même temps que les douleurs cèdent. Cette dernière partie des effets de l’extension ne peut être escomptée et n’est obtenue que dans la coxotuberculose d’origine récente, alors que la contracture est la cause exclusive des déviations de la cuisse et que les parties fibreuses de la racine du membre n’ont pas encore eu le temps de se rétracter.

Redressement brusque et appareil plâtré. — Dans des conditions opposées, c’est-à-dire lorsque l’attitude vicieuse est déjà ancienne, et qu’en même temps la hanche est masquée par un empâtement considérable, le traitement chirurgical comporte des indications nouvelles.

Le meilleur et souvent le seul moyen de corriger l’attitude vicieuse consiste à pratiquer le redressement

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brusque sous le chloroforme. Le malade étant endormi complètement, on commence par mobiliser la hanche et par rompre, non les adhérences intra-articulaires, qui n’existent pas habituellement, mais les parties fibreuses bridant l’articulation de tous côtés, en imprimant des mouvements dans toutes les directions, flexion, extension, adduction, abduction. On insiste davantage sur le mouvenientquiestle plus limité, sur l’extension. Cesmanœuvres exigent souvent l’emploi de la force, mais n excluent jamais une grande prudence : on a toujours présente à la mémoire la fragilité du fémur. C’est ainsi qu’il faut se garder de presser avec violence sur le genou, le bassin étant immobilisé par un aide ; on s’exposerait a produire une fracture. On saisit la cuisse vers sa partie moyenne, ou même un peu plus haut. Cette précaution s’impose plus rigoureusement si l’on opère sur de jeunes enfants.

Rarementrarticulationelle-mêmerésisteaux manœuvres

du chirurgien, mais on trouve assez souvent au contraire un obstacle insui’montable dans la rétraction des muscles et des aponévroses. Dans les cas invétérés, le fascia lata forme au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure une corde épaisse et tendue qui ne se laisse ni rompre, ni allonger le plus souvent. 11 n’y a aucun inconvénient à le sectionner largement avec un ténotome. Cela fait, on arrive généralement sans difficulté à étendre la cuisse. Les déviations latérales, abduction et adduction, sont presque toujours corrigées assez facilement à la seconde période de la coxalgie, avant la luxation.

Nous avons indiqué un accident pouvant se produire au moment du redressement forcé, la fracture du fémur. C’est une fracture sous-trochantérienne. Nous l’avons vu survenir deux fois. Ses suites n’ont aucune conséquence défavorable. Elle a permis de mettre la cuisse dans une

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