‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 37 sur 69 · REDRESSEMENT BRUSQUÉ · texte numérisé non relu

REDRESSEMENT BRUSQUÉ

bonne position. Le résultat a été celui dune ostéoclasie manuelle, pratiquée volontairement. La consolidation s’est effectuée sans précautions autres que celles qui sont nécessaires pour maintenir la bonne position du membre après le redressement forcé.

On pourrait se contenter, dans les cas les moins anciens, de bien fixer le malade dans une gouttière de Bonnet lorsqu’on a cet appareil à sa disposition. Mais il vaut beaucoup mieux, à notre avis, recourir au moyen qui donne de si bons résultats après les redressements du genou et du pied, à l’appareil plâtré. Nous l’employons journellement à Berck : aussi en avons-nous simplifié la construction autant qu’il nous a été possible.

Le caleçon appliqué sur la peau par plusieurs chirurgiens n’est pas indispensable si l’on ne veut faire de l’appareil plâtré qu’un usage temporaire; nous l’avons supprimé. Toute espèce d’attelle a été également laissée de côté; la résistance du plâtre suffit lorsque, apres le redressement, l’on maintient les malades au repos, comme on doit le faire.

Après avoir essayé de réduire l’appareil à une large attelle antérieure ou latérale remontant jusqu’au thorax, nous sommes revenu â l’appareil circulaire embrassant le tronc depuis le bassin jusqu’à la partie moyenne du sternum et le membre inférieur jusqu’au genou ou jusqu’au pied si l’on veut corriger un mouvement anormal

de rotation. x j •

Aussitôt après le redressement, le malade tout endormi est placé sur la table à pelvi-support; un aide maintient la bonne position des deux membres inférieurs. On recouvre d’une épaisse couche d’ouate les parties que doit embrasser l’appareil, tronc et membre inférieur. La couche qui répond â la paroi abdominale anterieure est

doublée OU triplée d’épaisseur, afin d'éviter la gêne respiratoire qui surviendrait sans cette précaution. Un bandage modérément serré maintient la couche d’ouate, qui doit offrir une surface régulière.

Pour appliquera couche plâtrée, nous n’avons recours ni aux handes plâtrées d’avance, ni à l’emploi de l’eau tiède. Le plâtre est gâché dans une terrine suivant les règles hahituelles. On y roule, des handes larges de 15 centimètres au moins et formées de six feuilles de tarlatane. La préparation et l’application de ces bandes se font en quelques minutes. On veille à recouvrir la hanche non seulement en dehors et en avant, mais aussi en arrière. Si l’on oublie ce dernier point, le bassin s’échappe en quelque sorte de l’appareil et la flexion tend à se reproduire.

On ne laisse le malade se réveiller que lorsque 1 appareil est sec. 11 est ensuite couché soit sur le matelas de Lannelongue, soit sur un matelas ordinaire, .mais mince et dur et soutenu par . une planche, qui le maintient droit.

L’usage de cet appareil est prolongé plus ou moins longtemps, suivant nombre de circonstances. Chez des enfants qui ont atteint 6 à 8 ans, et au-dessus, il peut rester en place six, huit, douze semaines sans aucun inconvénient. Il est presque toujours sali et mouillé par les enfants plus jeunes, quelques précautions de propreté que l’on imagine. A l’âge de ‘2 ou 3 ans, son emploi est rarement pratique.

Pendant la durée de l’appareil, il est urgent de surveiller attentivement toutes les parties du corps qui peuvent être blessées, de se tenir prêt à renouveler la couche d’ouate là où il est besoin, de supprimer à l’aide d’un sécateur les parties de l’appareil qui pressent sur la peau.

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