‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 39 sur 69 · APPAREIL PLÂTRÉ · texte numérisé non relu

APPAREIL PLÂTRÉ

l’ablation du revêtement plâtré qui le cache. Chez un enfant envoyé à Berck avec un appareil plâtré double, recouvrant deux coxotidrerculoses, nous avons trouvé un abcès de chaque côté en mettant les deux hanches à nu. Les surprises de ce genre ne sont pas exceptionnelles. Cependant on arrive à surveiller en grande partie l’état

Fis. 15 —Appareil plâtré circulaire appliqué après redressement des deux hanches dans un cas de coxotuberculose bilatérale. Le même sujet est atteint d’un foyer tuberculeux du tarse gauche guéri après une injection de chlorure de zinc.

■-■ de la.hauefi^en insinuant la main en avant du côté du pli de l’aine entre l’appareil plâtré et la surface de la peau; de même en arrière du côté de la fesse. Ces explorations, bien qu’incomplètes, ne laissent pas ignorer la présence d’un abcès de quelque importance.

On peut aussi reprocher à l’appareil plâtré de rendre

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les soins de propreté difficiles. Aussi ne doit-on le laisser en place que pendant une période limitée à deux mois, à trois mois au maximum.

En outre, leur usage est limité à des indications particulières, comme celles que nous venons de leur assigner. Nous les supprimons dès que l’empâtement périarticulaire a disparu, ou dès que la bonne position rendue à la hanche par le redressement brusque peut être maintenue par une immobilisation moins rigoureuse.

L’appareil plâtré n’exclut pas l’extension continue Mais il est difficile d’appliquer l’appareil extenseur d’une manière parfaite, nous voulons dire de le faire agir exclusivement sur la cuisse. On peut, pour un temps limité, pratiquer l’extension en partie sur la cuisse, en partie sur la jambe ou même entièrement sur la jambe, lorsqu’on ne peut faire mieux ; en pareil cas on applique une extension modérée, et pendant une période qui ne dépassera pas quelques semaines, de peur de produire le relâchement du genou dont il a été question précédemment.

Dans les cas où l’empâtement de la cuisse est combiné avec une position vicieuse, le redressement forcé sous le chloroforme est le premier temps du traitement. L’appareil plâtré appliqué ensuite est surveillé avec d’autant plus d’attention que le traumatisme du redressement dans ces conditions peut être suivi de la production d’un abcès.

Si les moyens que nous venons de mentionner, redressement et immobilisation rigoureuse, produisent un résultat heureux, la hanche reprend une bonne attitude, le gonflement des parties molles voisines diminue ou disparaît, les douleurs spontanées et les douleurs à la pression cèdent plus ou moins complètement. L’état de

RLSULl’ATS.

la hanche peut même redevenir à peu près ce qu’il était au début de la coxotuherculose après une période de repos. En général, Cependant, il l este une raideur persistante, et même le plus souvent définitive de la hanche. Mais ce n'est pas une règle absolue. Nous avons observé des malades dont le traitement par l’immobilisation rigoureuse et l’extension continue n’avait été commencé qu’à cette période où la hanche en position vicieuse est le siège d’un tel degré d’empâtement qu’on doit craindre la production prochaine d’un abcès. Ces désordres ont été en grande partie supprimés. La hanche a non seulement repris la souplesse de ses parties molles, mais aussi a recouvré des mouvements étendus.

A ces faits heureux on peut en opposer d’autres, plus nombreux, dans lesquels on ne peut éviter l’apparition des abcès. Dès lors naissent des indications nouvelles formant un chapitre spécial du traitement.

On ne saurait taxer d’impuissance et d’inutilité l’immobilisation et l’extension continue, parce que ces deux moyens ne conviennent pas à tous les cas sans distinction. Lorsque leur application est faite et surveillée d’une manière judicieuse, leurs résultats combinés sont presque toujours heureux.

Il ne saurait être question de discuter l’action de l’extension continue sans immobilisation. On ne peut appliquer convenablement l’extension continue sans immobilisation préalable de la hanclie. C’est dire qu’on a fait fausse route lorsqu’on a comparé les résultats de l’extension continue avec ceux de l’immobilisation, ou vanté l’un de ces moyens au détriment de l’autre. Ils agissent de concert et non d’une manière isolée.

Nous avons essayé d’indiquer dans quel cas l’immobilisation doit être particulièrement rigoureuse. C’est dans

la coxalgie compliquée de douleur et d’empâtement articulaire. En pareil cas l’appareil plâtré nous a servi souvent à calmer en quelques jours une poussée douloureuse, et à diminuer sinon à faire disparaître un empâtement de la hanche qui semblait faire craindre l’apparition d’un abcès.

Par l’extension continue, on arrive aussi à calmer la douleur, sans appareil plâtré, lorsque l’affection tuberculeuse est de date assez récente. Dans les cas invétérés, le redressement brusque, suivi de l’application d’un appareil plâtré, nous a donné des succès là où l’extension continue, associée avec une immobilisation moins rigoureuse, avait échoué.

jîn résumé, la coxotuberculose de date assez récente, avec ankylosé surtout musculaire, doit être traitée par l’immobilisation avec l’appareil de Lannelongue : immobilisation et extension continue. La hanche se redresse et cesse d’être douloureuse.

Le redressement brusque, sous l’action du chloroforme, devient nécessaire dans les cas déjà invétérés. La fixation de la hanche dans une attitude vicieuse n’étant'plus produite exclusivement par les muscles, mais étant plutôt due à la rétraction fibreuse, l’extension continue reste impuissante à redresser la cuisse.

L’immobilisation rigoureuse avec l’appareil plâtré convient spécialement à la coxotuberculose compliquée de douleur violente et persistante et d’empâtement périarticulaire.

S’il était permis de définir brièvement l’action de chacun des moyens de traitement dont on dispose, nous dirions :

L’immobilisation calme les phénomènes inflammatoires, comme l’a dit A. Bonnet, il y a cinquante ans. Elle doit

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