‹ CoxotuberculoseChapitre 16 sur 31 · MARCHE ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

MARCHE ET PRONOSTIC

ment, etla lésion primitive, réduite à sa plus simple expression, évolue dans la tète du fémur ou dans l'os iliaque, comme elle le fait dans les parties molles sous-cutanées, ou à la surface d'une diaphyse. Elle disparaît fréquemment en entier et sans suppuration, par un processus de régression spontanée. La tuberculose peut donc guérir, dès son début, àla hanche, comme on la voit guérir en d'autres régions. Cette heureuse terminaison n'est obtenue que lentement et par des soins prolongés.

D'autre part, si le traitement est négligé, si les malades continuent à marcher, ou bien si, toutes les précautions étant prises, la constitution du sujet n'offre pas une résistance suffisante, le mal continue son évolution aggravante.

Cependant, tant que la coxotuberculose n'a pas suppuré. <m peut espérer encore une guérison complète, même sans déformation et sans ankylose. Le fait, il est vrai, est de plus en plus rare, à mesure qu'on s'éloigne de la période de début, et, dans la généralité des cas, il reste une ankylose plus ou moins complète, ou tout au moins un certain degré de roideur articulaire

Il faut même retenir, à cet égard, un mode de guérison curieux que j'ai observé un certain nombre de fois. On traite un malade par l'extension continue dans le cours de la deuxième phase. Par l'extension, on obtient ce résultat de vaincre entièrement la contracture, et de rendre à la jointure tous ses mouvements. Or, après de longs mois de traitement, lorsque tout semble indiquer une guérison prochaine, il s'opère un mouvement de rétraction, dans la capsule probablement, qui fait perdre une grande partie des mouvements conservés jusqu'alors ; et. ;iu résumé, on n'obtient la guéris jii'aii prix d'une ankylose, c'est-à-dire le membre en bonne position, mais jouissanl de peu de mobilité. L'extension continue, même avec les plus fortes tractions, est souvent impuissante à lutter contre relie rétraction qui indique la guérison. Cette rétraction consécutive s'explique : elle estime condition naturelle, en quelque sorte, et inévitable du processus de réparation. Le tissu des fon-

gosités capsulaires et synoviales se modifie peu à peu, et aboutit à la transformation fibreuse. A la mobilité antérieure succède dès lors une fixité relative. Aussi, dès que cette terminaison s'annonce, faut-il la considérer comme un résultat heureux, la respecter et ne pas cherchera lui porter obstacle par des essais de mobilisation anticipée. On pourrait réveiller

Fia, 31. — Exemple de guérison par transformation fibreuse de la capsule, de la synoviale cl du cartilage du cotyle. La tête fémorale est éburnée. (Voir obs. XXX, p. 214.)

des phénomènes d'inflammation qui s'éteignent; on doit seulement chercher à lutter contre elle par une traction continue plus forte et plus efficace.

Lorsque la suppuration s'est établie, qu'un ou plusieurs abcès se sont produits autour de la hanche, et qu'il existe en même temps des déplacements osseux, la guérison spontanée est encore obtenue dans bon nombre de cas, mais les chances d'une heureuse terminaison ont beaucoup diminué. Le traitement chirurgical, ainsi qu'on le verra plus loin, prend une part assez grande dans les succès qu'on obtient.

Page 1