TRAITEMENT LOCAL
ment certain. Cependant le traitement ne doit pas être négligé ; car si Ton est en présence de la coxotuberculose , et si on l'abandonne à sa marche naturelle, avec les conditions ordinaires de la vie, elle progresse fatalement. Il est donc urgent d'enrayer le mal, et plus tôt on s'y prendra, plus on aura lieu d'espérer une guérison complète et relativement facile.
Or, le meilleur de tous les moyens de traitement à cette phase initiale, le seul essentiel, et sans lequel tous les autres sont inutiles, est le repos. Sitôt que le diagnostic est posé, ou même dès que l'affection est présumée, le malade doit être tenu au lit. Le repos atténue et fait disparaître les complications inflammatoires qui se traduisent autour des foyers primitifs, et qui sont la source de la douleur et de la contracture. Les mouvements divers, les pesées alternatives du poids du corps sur les surfaces malades étant une cause incessante d'irritation, le repos devient dès lors un puissant antiphlogistique. Le malade tenu au lit, la douleur se calme, les muscles se relâchent ; tous les symptômes cèdent, et bientôt on ne retrouve plus même les éléments du diagnostic.
Mais il ne suffit pas d'empêcher le malade de marcher, il faut qu'il garde le lit dans le décubitus horizontal sur un matelas résistant, et de préférence sans oreiller. L'enfant ne sera pas pour cela relégué dans une chambre isolée , dans une solitude attristante. Le moral des petits sujets a besoin d'être égayé, diverti tout au moins. Le lit ou le matelas sera transporté d'une pièce dans une autre; le malade assistera au repas de famille; on lui fera passer quelques heures au grand air. au soleil. Avec ces précautions, le séjour au lit prolongé autant qu'il est nécessaire, n'est point, comme le prétendent les gens du monde, une cause d'étiolement. L'observation démontre le contraire, et ces petits sujets fatigués, donl l'expression traduisait la souffrance, ne sentant plus aucun malaise, reprennent vite leur apparence de saule.
Une question toujours délicate à résoudre, est celle de la du-
rée du séjour au lit. Le praticien est placé dans l'alternative ou de le prolonger au delà du temps nécessaire à la guérison, ou de voir reparaître l'affection pour avoir cédé trop tôt.
L'exploration de la jointure est le seul guide en pareille matière. Récupération absolument complète de tous les mouvements de la hanche, absence de toute douleur à une pression méthodique exercée sur les différents points de la région, absence d'engorgement ganglionnaire : tels sont les éléments d'un critérium à peu près décisif. S'il reste un doute , un soupçon fondé, on doit être inflexible et prolonger le repos. D'ailleurs, un excès de prudence est sans inconvénient, tandis qu'on pourrait regretter d'avoir cédé à une impatience des parents, presque légitime, mais mal entendue. L'enfant gardera donc le lit pour le moins deux ou trois mois, souvent davantage. Au surplus, lechirurgien n'a pas à justifier sa conduite aux yeux des parents ou de l'entourage, car aucune considération ne saurait prévaloir contre la nécessité du repos dès le début de la coxotuberculose ; laisser marcher le malade, c'est jeter de l'huile sur le feu. Le retour à la marche et aux habitudes ordinaires du jeune sujet ne se fera que peu à peu, avec discrétion et par des essais gradués. Enfin, une surveillance attentive sera exercée de manière à prévenir, au moindre signe, tout retour offensif. Les foyers tuberculeux de la tête du fémur ou du cotyle ne sont point différents de ceux qui siègent sur la diaphyse de certains os, comme le tibia, les côtes, les phalanges, qui, par leur position superficielle, rendent l'observation facile. Or, sur ces os, on assiste souvent à une évolution qui a pour terme la guérison sans abcès, avec ou sans hyperostose.
Il en est ainsi, surtout lorsque la lésion ne reçoit pas d'incitation directe ; le foyer restant limité se résorbe peu à peu. L'observation témoigne d'ailleurs dans ces cas de la lenteur avec laquelle s'effectue la résolution. Si le fémur était placé dans des conditions analogues, les choses se passeraient de la même manière. Mais ici des raisons multiples, le siège intra-articulaire, l'influence mé-