SCENE
FÉLICIEN , un bâton de voyage à la main , et un petit paquet sous le bras, il a sous son chapeaa un bonnet de coton, qu'il ôte tout en parlant et met dans sa poche.
Ah! je n'en puis plus... reposons-nous un instant, et demandons pour [déjeuner une aile de quelque chose, ou une cuisse de n'importe quoi... Je respire donc enfin l'air embaumé de Pantin... je vais revoir ma mère et ma petite Annette... Vontelles être contentes!... et le papa Gobillon... il va me sauter au cou, quand il saura... Ah ! c'est que je ne reviens pas comme je suis parti. On a bien raison de dire que la fortune est un être capricieux et bizarre qui joue avec l'homme comme un chatavec une souris... Jeparsau désespoir, j'arrive à Auxerre.. . mon pauvre oncle venait de faire le grand voyage... bon... On ouvre son testament, et il se trouve que je suis son seul et unique héritier... bon encore... mais ça n'est pas tout... Ne voilà-t-il pas que je reçois un beau matin une énorme lettre... quinze sous de port... c'était pour m'annoncer ma nomination à celte place dans l'octroi que je reluquais... Là-dessus, je tombe dans l'ivresse de la joie; je veux m'embarquer dans le coche pour voguer vers Paris... Oui, mais mon diable de serment... Un mois!... il me restait encore huit jours à faire. C'est égal, je trompe mon impatience en péchant des goujons ; et me voilà de retour, fidèle à ma parole, héritier, homme en place, et bientôt mari couronné par l'amour et les grâces.
Air des Jmazones.
Je vais avoir un joli p'iil ménage, Rideaux de soie et fauteuils de velours, Robe de chambre à grand ramage, Lit d'acajou pour loger les amours, Et nous mettrons l'pot au feu tous les jours. {^d'un ton solennel.) Du haut dos cieux, ta demeure dernière,
Mon oncF d'Auxcrr", lu dois être content, Tu viens de fair' des heureux, je l'espère, El je t'promets d'bien manger ion argent.