ÉDITEURS RUE RICHELIEU
ISLIOTHECA
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PRÉFACE
Il y a en économie politique des questions qui sont particulièrement à l'étude, ce sont celles qui touchent au crédit. On est à peu près fixé aujourd'hui sur le mérite de la liberté ou de la protection appliquée à l'échange des produits commerciaux : on peut discuter encore sur des questions d'opportunité, sur les étapes à parcourir avant d'arriver à la liberté complète; mais on est d'accord sur le principe lui-même , on reconnaît que la liberté commerciale est utile, que c'est la loi de l'avenir et l'idéal qu'on doit s'efforcer d'atteindre plus ou moins vite. Et pourquoi en est-il ainsi? Parce que la question est sortie du domaine de la théorie pour entrer dans celui des faits. Tant que l'Angleterre a été la seule grande puissance à pratiquer la liberté commerciale , on a pu croire qu'elle avait des intérêts différents de ceux des autres nations, et qu'en raison de l'état avancé de son industrie, des capitaux énormes qu'elle possédait.
H PREFACE
elle pouvait se trouver bien d'un régime qui ruinerait les autres; mais Texpérience s'est étendue, l'Angleterre n'est plus seule à pratiquer la liberté. Nous aussi nous avons tenté l'épreuve depuis douze ou quinze ans, et les résultats qui ont été obtenus, bien que contestés encore sur certains points, sont de nature à dessiller les yeux des partisans les plus absolus du système coùtraire. Aussi toutes les nations, encouragées par cet exemple, se sont-elles mises à réduire leurs tarifs de douane par des traités de commerce ou autrement. Voilà une question jugée, sur laquelle il n'y a plus à discuter, excepté sur des points de détail.
Il en est à peu près de même en fait de chemins de fer, pour la concentration ou le fractionnement des réseaux. On reconnaît aujourd'hui que le système de la concentration qui a prévalu en France est en définitive le meilleur et le moins coûteux. Avec le fractionnement et la concurrence, on arrive au même résultat qu'avec le monopole. Les Compagnies finissent par s'entendre après s'être fait la guerre et avoir gaspillé beaucoup de capitaux , témoin ce qui se passe en Angleterre et aux Etats- Unis, et c'est le public qui fait les frais de cette entente, en subissant des tarils d'autant plus élevés, contre lesquels il n'a plus aucun moyen de se dé-