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DIMINUTION

83,847,510 dollars. 48,260,703 d. 35,586,807 d.

C'est une diminution de 42 pour 100; et il faut savoir que les importations de la ville de New-York comptent pour 60 pour 100 dans les importations totales de l'Union américaine.

En Angleterre, les résultats n'ont pas été beaucoup plus satisfaisants. D'après le tableau officiel des exportations britanniques publié par tlie Board oftrade, du mois de novembre 1857, époque où la crise atteignit son apogée , au mois de novembre 1858 , la diminution des exportations a été de plus de 15 millions de liv. st.

La France a été moins éprouvée qu'aucun autre grand pays commerçant par la crise de 1857; cependant elle n'a pas été sans en souffrir aussi beaucoup ; le commerce extérieur fut sensiblement au-dessous de celui des deux exercices précédents ; la diminution des droits à l'importation pour l'année a été de 6,825,000 francs , comparée à 1856 , et de 8,104,000 fr., comparée à 1857'. Voilà les tristes

* État comparatif des recettes de l'année 1858 avec celles des années 1857 et 1856. (Moniteur du 15 janvier 1859.)

effets de la crise de 1857. Toute l'année 1858 s'en est ressentie ; il n'a pas fallu moins que ce laps de temps pour liquider les embarras qui en sont sortis.

S'il est difficile de se défendre contre l'exagération des dépôts , il est plus difficile encore de se mettre en garde contre l'exagération du papier de commerce, et contre la circulation des billets de complaisance. Il s'en glisse d'abord pour une faible somme à la faveur de noms recommandables, puis pour une somme plus forte; et enfin, lorsque le crédit des diverses maisons de banque est bien engagé l'un dans l'autre, et en quelque sorte solidaire par des acceptations réciproques, il n'y a plus moyen de s'arrêter, il faut aller jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à ce que la crise éclate, sauf à chacun à se débrouiller ensuite comme il pourra. On voudrait, pour mettre obstacle à la circulation de ce papier, que les banques privilégiées le refusassent à l'escompte. Mais la difficulté est de le reconnaître. Écartera-t-on celui qui sera présenté par une maison, parce que cette maison sera suspecte d'émettre du papier de complaisance? C'est se jeter dans l'arbitraire. Qu'une banque particulière refuse tel ou tel papier, elle a le droit de le faire; elle est maîtresse de son crédit, et peut le donner à qui elle veut sous sa responsabilité. C'est une transaction privée qui a pour base la liberté réciproque ; mais une banque privilégiée n'a pas le même pouvoir ; elle n'a pas été établie pour donner son crédit à celui-ci et le refuser à celui-là ; elle le doit à tout le monde , à des conditions déterminées par ses

statuts, et, lorsqu'on se présente dans ces conditions, on a le droit d'être admis. On risquerait fort, en voulant faire la distinction, d'écarter du papier parfaitement motivé et d'en admettre qui le serait beaucoup moins.

Il est vrai qu'on a proposé, comme moyen de faire cette distinction, d'exi.<^er, sous une pénalité quelconque, une déclaration bona fide de la part de ceux qui présenteraient le papier à l'escompte. Ce moyen est peu pratique : d'abord, il pourrait arriver que celui qui présenterait le papier en ignorât complètement Forigine. Si l'on se contente de sa seule déclaration, on ne sera pas à l'abri du billet de complaisance. Et si l'on en exige une semblable de tous les signataires , alors de deux choses l'une : ou la responsabilité sera individuelle, ou elle sera solidaire. Dans le premier cas , il y aurait à craindre que toutes les déclarations ne fussent pas empreintes de la même sincérité; dans le second, quelle est la maison de banque un peu sérieuse qui, en acceptant un billet comme intermédiaire, voudrait se rendre responsable de toutes les déclarations antérieures sur la cause de ce billet? On arriverait évidemment à la fraude ou à l'impossibilité pratique.

D'ailleurs, ces sortes de déclarations pourraient tout au plus être demandées dans les pays qui en ont l'habitude, où elles servent de base à la répartition de l'impôt; mais dans les autres, où le législateur n'a pas osé s'en rapporter à elles pour la taxe, quoiqu'il puisse y avoir une espèce de con-

trôle de la part de l'opinion publique, comment les proposer pour quelque chose d'aussi vague , d'aussi difficile à préciser que le motif qui a donné lieu à la création d'un billet?

Repoussera-t-on purement et simplement, comme a voulu le faire, après 1857, la Banque d'Angleterre à l'égard des bill-brokers, le papier des maisons qui réescomptent? C'est une façon de priver indirectement le commerce du crédit de la banque privilégiée ; car celle-ci n'admet le papier qu'à certaines conditions, sous la garantie de certaines signatures, et ce sont ces signatures que vient chercher le billet qui se présnte d'abord aux bill-brokers, ou maisons d'escompte, avant d'aller à la Banque. Si celle-ci refuse le papier qui aura passé par cette filière, elle met en interdit une partie du commerce , qui subira des conditions d'autant plus dures que l'accès de la banque privilégiée lui sera fermé. Que veut-on en refusant de réescompter le papier des maisons intermédiaires? On veut augmenter les ressources disponibles de la banque principale , et se trouver à l'abri d'une pression trop forte dans les moments de crise. Nous ne voyons pas comment on y arrive par ce moyen. Que le papier soit escompté par des maisons intermédiaires ou par la banque privilégiée, il n'absorbe pas moins de capital dans un cas que dans l'autre; par conséquent, il ne diminue pas moins les ressources disponibles. Au lieu d'avoir leurs réserves à la Banque, les intermédiaires, qui ne pourront plus compter sur les réescomptes , les conser-

veront chez eux; et si la Banque est exposée à moins de demandes, elle aura aussi moins de ressources. D'ailleurs, c'est se faire illusion que de croire que le commerce, toujours fécond en expédients, n'arrivera pas à déjouer les obstacles et à faire accepter son papier d'une façon ou de l'autre. La Banque principale restera, comme par le passé, aux moments de crise , la pourvoyeuse en dernier ressort des capitaux dont on aura besoin; et reste à savoir s'il lui sera aussi facile de satisfaire les demandes.

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