ACTE PKEMIER
francs ! Est-il possible qu'il existe des gens si effrontés.
BAUBE
Pourquoi lui avez-vous donné votre argent?
VICTOIRE
Mais je n'en sais rien... J'ai été surprise... On est sei'viable n'est-ce pas ? Et après...
BARBE
Et après, il ne faut pas le regretter.
VIGTOIUE.
Il n'y a pas que moi à qui il en conte. Il endoctrine ma lame et ses demoiselles, avec toutes ses histoire de l'autre monde.
BARBE
Victoire...
VICTOIRE
Oui... oui... ah! vous êtes la bonne pâte du bon Dieu. Vous ne voyez le mal nulle part. Vous êtes comme M. Minorai qui croit tout le monde honnête, parce que lui est un hoimêle homme.
BARBE
Il a raison... Il ne faut pas médire des personnes qui fréquentent la maison.
VICTOIRE
Mais je sais ce que je dis, mademoiselle, l'autre jour...
BARBE
Cela ne me regarde pas!
VICTOIRE
Je vous le dirai quand même. C'est trop forl à la fin ! L'autre jour, M. Sicre est venu dans ma cuisine, oui... dans ma cuisine... et sous prétexte qu'il dîne ici quatre fois par semaine, il voulait me donner la recette d'un gratin de macaroni... comme si on avait besoin de lui pour un gratin de macaroni...
Eh bien, sa recette, sa recette... (Bas, à cause de Pierre.)
Il me tripotait de tous côtés... Il me disait que je suis dodue... dodue... La voilà sa recette. C'est un satyre, mademoiselle, un vrai!
BARBE, riant.
Oh!
VICTOIRE
Je lui ai demandé s'il voulait vous voir ; il s'est sauvé sur le coup. Il vous craint. Il sent que vous ne croyez pas à tous ses mensonges. Mais il me rendra mes trois francs et mes trente sous de l'autre jour, aussi vrai que je m'appelle Victoire, ou il aura affaire à moi.
BARBE
Vous aurez raison.
VICTOIRE
Madame et ses demoiselles ne voient que par cet homme là. Elles ne vous portent pas dans leur cœur.
Encore une fois, Victoire, je ne veux pas savoir ce que vous entendez dire dans la maison, ni ce que vous pensez des personnes qui l'habitent ou de celles qui la fréquentent. Vous savez que mon neveu Pierre