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PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

Parmi les eaux minérales employées dans le traitement de la scrofule, celles de Creuznach tiennent incontestablement le premier rang. Les médecins de tous pays ont proclamé leur supériorité et les cures qu'elles produisent, dans les cas les plus compliqués, ont fait à cette ville une réputation qui va grandissant. Dans l'esprit des médecins et du publie, Creuznach et scrofule sont deux termes inséparables l’un de l’autre. Ces deux noms sont si intimement associés, que bien des personnes s'imaginent que l’on ne traite à Creuznach que des scrofuleux. C’est là une erreur qu'il importe de combattre et de faire disparaitre.

Si la cure des manifestations de la serofule constitue le triomphe des eaux de Creuznach, celles-ci exercent également une action puissante sur une série d’autres affections, parmi lesquelles je rangerai : le Ilymphatisme, les maladies des organes génitaux chez l’homme et surtout chez la femme, les maladies de la peau, des yeux, des organes respiratoires, l’arthritis, la syphilis.

Toutes les fois que le médecin devra relever la vitalité, toutes les fois qu'il cherchera à faire résorber les produits morbides dans quelque tissu qu'ils soient infiltrés, 1l pourra s'adresser avec confiance aux eaux de Creuznach.

Il suffit de parcourir les promenades de cette ville, de regarder les buveurs qui se pressent autour de la

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source Élise, pour s'apercevoir qu’une grande diversité de malades viennent chercher leur guérison à Creuznach.

Les scrofuleux sont perdus dans la foule.

Je n’insiste pas sans raison sur ce point.

Dans certains pays de l'Europe, et surtout en Belgique et en France, la scrofule est une maladie inavouable, dont le nom fait horreur. Une famille entachée de scrofule est en quelque sorte au ban de la société. Ceux qui sont en proie à cette triste affection, s'efforcent de le cacher à tous les yeux et croiraient, en se rendant à Creuznach, faire l’aveu public de leur mal.

D'autres, qui ne sont pas atteints de scrofule , répugnent à l’idée de se rendre dans cette ville, tant ils craignent qu'on les soupçonne d’être entachés de ce vice.

Craintes chimériques! Que les médecins veuillent bien rassurer les malades et leurs familles. Les scrofuleux ne constituent qu'une faible partie de la population balnéaire de Creuznach, et c'est un préjugé de croire que le séjour dans cette ville entraine avec lui l'idée d'une scrofule à guérir.

Le patient, fût-il scrofuleux, pourrait encore se rendre à Creuznach sans avouer son mal. Le nombre des maladies que l’on traite dans cette station est assez grand pour lui permettre de choisir parmi elles, et de reconnaître comme sienne, l’une ou l’autre affection, qui ne préjudiciera ni à sa dignité, ni à son avenir. Et rien ne trahira son secret, puisque le traitement ne renferme aucun indice révélateur.

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