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EXTRACTION DU SEL DANS LE VAL DES SALINES

Le sel que la prévoyante nature a répandu partout, au sein des mers et dans les profondeurs du globe, se présente sous deux formes : à l’état de dissolution ou bien à l’état solide.

L'un des caractères les plus accentués de l’eau des mers, c’est sa salure. Elle renferme, à l’état de dissolution, un vingt-cinquième environ de son poids de chlorure de sodium. Mais les eaux de la mer ne sont pas les seules qui renferment du sel. Certains lacs parfois très éloignés de l'Océan et des sources nombreuses comme celles de Creuznach, tiennent en solution des quantités de chlorure de sodium plus ou moins considérables.

A l’état solide, le sel se rencontre dans le sein de la terre et forme là des roches, des bancs auxquels on donne le nom de sel gemme ou de sel de roche. Ces amas salins ont parfois des proportions gigantesques. Pour donner une idée de leur immensité, je citerai les dimensions de la mine de Wieliezka, au pied des monts Carpathes. On l’exploite sur une étendue de trois mille mètres du Nord au Sud, et de douze cents mètres de l'Est à l'Ouest et sur une hauteur verticale de plus de trois cents mètres. Le développement des galeries mesure quatre cent cinquante kilomètres.

Je disais tout à l'heure que les mers renferment un vingt-cinquième de leur poids de sel. J'ajouterai, pour mieux frapper l'imagination, que s'il était possible de recueillir cette substance et de l’amasser sur la surface de la Belgique, elle atteindrait une épaisseur de vingt-deux lieues, et si on l’étalait sur toute l’étendue de l'Europe,

elle s’élèverait encore à près de sept cents mètres de hauteur.

Le sel gemme est parfois d’une grande pureté, tel est celui de Weliezka, mais souvent aussi il est altéré par la présence du sulfate de chaux, de l’argile, ete. Quand le sel gemme est suffisamment pur, on l’exploite par

puits et galeries ou bien à ciel ouvert si les couches qu'il

occupe ne sont pas trop profondes. La mine et le pic désagrègent la précieuse substance.

Si le sel est blanc et suffisamment pur, on le livre au commerce tel qu'il sort de la mine, taillé en blocs, pulvérisé ou concassé.

Si les roches sont impures, ou bien encore si l’on se trouve en présence d’argiles striées de veines de sel, on extrait celui-ci par dissolution. On creuse dans les bancs de grandes et profondes ouvertures qu’on nomme des chambres de dissolution. On les remplit d’eau jusqu à la voûte. L'eau salée, plus dense que l’eau douce, se précipite au fond de ces excavations, et passe par des tuyaux dans un réservoir où des pompes l’aspirent et la ramènent à la surface du sol oùelle est soumise, dans des chaudières, à l’évaporation.

Pour extraire le sel contenu dans l’eau de mer, on la

soumet à une évaporation spontanée dans d'immèênses

réservoirs qu'on nomme des marais salants.

On voit ces marais salants sur les côtes méridionales de la France et sur celles de l'Espagne et du Portugal.

Ce sont des réservoirs peu profonds, mais s’étalant sur de larges surfaces ; c'est la chaleur solaire qui produit l'évaporation.

Dans les pays froids, où l’on ne peut appliquer à l’eau de mer la méthode des marais salants, c’est le froid qui

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devient l'agent de la concentration des eaux salines. On sait que si l’on soumet une solution étendue de sel à l’action d'un froid intense, une partie d'eau pure se congèle, l’autre reste liquide en gardant en solution tous les principes salins. En enlevant dé temps en temps les glaçons qui se forment ainsi, on obtient un liquide de plus en plus chargé de sel et l’on termine alors l’opération en évaporant dans des chaudières.

Pour recueillir le sel tenu en solution dans les sources, on se sert d'un procédé tout différent et fort ingénieux. C'est celui que l’on emploie dans le Val des Salines. Ces eaux sont loin d’être saturées et l’on commence leur concentration, d’une façon peu dispendieuse, dans d'immenses appareils qu'on appelle des bâtiments de graduation.

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