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LES BATIMENTS DE GRADUATION

Quand vous sortez de la cité des bains pour pénétrer dans le Val des Salines, vous apercevez sur les deux rives de la Nahe de grands édifices en bois, aux dimensions gigantesques. Ce sont de longs rectangles s'étalant sur plus de deux cents mètres d’étendue et dont le faite monte à quinze mètres de hauteur. De la base au sommet, ces grands hangars sont remplis de fagots d'épine empilés les uns sur les autres. |

Des pompes, mises en mouvement par des roues hydrauliques, montent les eaux salines telles qu'elles viennent de la source, au faite des bâtiments. Elles coulent dans des canaux qui circulent de tous côtés et qui les laissent échapper par des échancrures latérales

et tomber sur les fagots Les eaux filtrent lentement à travers cette masse de rameaux et de ramilles formant un tissu serré et inextricable; à mesure qu'elles descendent, elles se divisent en gouttes, en gouttelettes, que le vent fouette et volatilise. Suivant la direction du vent, on modifie la conduite des eaux de façon à ce qu’elles soient toujours exposées aux courants d'air les plus rapides. En parcourant cette masse épaisse de fagots, l'eau s'évapore peu à peu, par conséquent se concentre, et arrive enfin dans des réservoirs placés sous les hangars, bien plus chargée de sel qu’elle ne l'était tout d’abord. C'est ce qu'on appelle la première graduation. Des pompes la retirent de ces réservoirs et la remontent au faîte des bâtiments d’où elle descend pour la seconde fois à travers les fagots d’épines. Sept fois cette opération recommence. L'eau saline subit sept graduations. Plus l'air est sec, plus le vent souffle, plus rapide et plus grande est la concentration. L’eau saline qui ne dépasse jamais en parties solides 1 4/2 pour cent, contient terme moyen, après sept graduations, dix-huit pour cent. Par un temps humide, le degré de concentration ne s'élève pas au-dessus de douze pour cent.

À mesure que l’eau se concentre, vous voyez se déposer sur les fagots du sulfate, du carbonate de chaux et de l'oxyde de fer qu'il faut enlever de temps en temps. C'est après ces sept graduations successives qu'on obtient ce qu'on appelle en allemand « la Soole, » eau salée bien différente de ce qu’elle était en sortant des sources.

Cette soole ou eau graduée renferme, dans un degré de concentration plus considérable, tous les sels que nous avons signalés dans nos précédentes analyses. Mais en filtrant à travers les fagots, l’eau se dépouille en très

grande partie de la silice, du carbonate de chaux, du carbonate de magnésie, de l’alumine, du protoxyde de fer et du protoxyde de manganèse qu’elle renfermait. Ces sels s’attachent de tous côtés aux fagots et se déposent au fond des réservoirs sous forme de boue brunâtre qu'on appelle Sinner ou Sinter et qu'on emploie, comme cataplasme, dans les cas de raideurs articulaires et de maladies des articulations.

La contenance en sels de l’eau graduée varie de 14 à 24 p. c.

Morh a fait l'analyse de la Soole provenant de la source principale de Munster, elle renfermait 14 p. ce. de substances salines. À 12° R, elle avait un poids spécifique de 1,118 et renfermait dans 16 onces les éléments suivants : EE

En grains.

Chlorure désodium 0.02, Su50,1 0. 211: 927%:6365 Chiorure de calmes pr TE 169 ,4680 CAHOPUTO Me MMADEHESIUDES Pur te 12,0172 Chlorure de potassium . . . . . . 19,0771 BromurerdeSodiumtemene. inst 9,7766 OUT OISOURPEREANE TA LA 0,0056 AO RP En A le 0,2304 Oxyderdo rene em MINE Per Tr des traces

Total. . . . 1124,2040

La soole est alors envoyée à la Saunerie située sur la rive gauche de la Nahe, au pied du Haardt. Elle est placée dans d'immenses cuves où elle est soumise à une coction continue. (est une nouvelle évaporation, c’est une nouvelle concentration par ébullition. Au bout de huit à dix jours, selon le degré de concentration primitive de la Soole, le sel marin, le moins soluble des sels dissous, se précipite. Dès que la solution est

arrivée à un certain degré de condensation et quand on a obtenu la précipitation de presque tout le chlorure de sodium et que les autres sels sont sur le point de se précipiter eux-mêmes, on termine l’opération. Le liquide qui reste dans les chaudières après l'enlèvement du sel se nomme, l'eau mère ou la Mutterlauge. Cette eau mère contient, outre une faible quantité de sel marin, une grande quantité de chlorure de calcium, une quantité vraiment considérable de bromures et une quantité assez notable d’iodure de sodium.

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