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LE SEL D'EAU MÈRE

La nécessité impérieuse de transporter les eaux mères

et les difficultés inextricables de ce transport ont donné l'idée de solidifier ces eaux. Transformer par l’éyaporation et le refroidissement, les eaux mères en une masse compacte résolvait le problème. Pour arriver à ce résultat, il suffit, après la cristallisation et l’enlèvement du chlorure de sodium, de poursuivre par évaporation la concentration des eaux graduées jusqu’à ce qu'elles se prennent en une masse cristalline qu'on expédie en tonneaux, dont le poids varie de 20 à 500 livres.

Le sel d’eau mère est à l'eau mère liquide comme Zest à 9. De sorte que, pour faire l’eau mère liquide avec son sel, il suffit d'ajouter à ce dernier une certaine quantité d’eau ordinaire. Pour deux livres de sel, une livre d’eau. Mais si la solidification des eaux mères faisait disparaitre l'inconvénient de leur filtration à travers les récipients qui les contenaient, elle en faisait naître un autre que je dois signaler.

L'eau mère condensée est encore chaude quand on la verse dans les tonneaux, c'est là qu’elle se refroidit et qu'elle cristallise. Mais les différents sels qui la constituent, n'ayant pas le même point de cristallisation, se déposent par couches dont la composition chimique est différente. Un morceau de sel d’eaux mères, pris à une hauteur quelconque du tonneau, ne présentera Jamais qu'une fraction variable de la totalité des constituants de la Mutterlauge. Et les bains préparés avec cette substance seraient inefficaces. Pour parer à cet inconvénient, 1l faut dissoudre tout le contenu du tonneau; de cette manière, la composition chimique de la masse redevient identique, et l’on connait d’une façon certaine la valeur du produit que l’on ajoute aux bains médicaux. Mais ce moyen est d’un emploi difficile chez les particuliers.

L'administration des bains de Creuznach, qui dans ces dernières années, a réalisé tant de réformes utiles et à consacré tous ses efforts à vulgariser et à propager l’emploi des eaux salines, a trouvé le moyen d'expédier les eaux mères liquides dans toutes les parties du monde. Elle les renferme dans des bidons en fer blanc; et quelles que soient les difficultés et les longueurs du voyage, l’eau mère arrive à destination dans toute son intégrité et toute sa fraicheur. J'ai très fréquemment fait venir, pour l'usage de mes malades, des bidons d’une contenance de 40 litres, et je n'ai eu qu'à me louer de la rapidité et du soin avec lequel l'administration répond aux demandes qui lui sont adressées. Je laisse la parole à l'administration : |

BAINS DE CREUZNACH.

Administration du Curhaus.

Nous nous permettons de vous faire connaitre que, d'après les contrats existants, nous sommes seuls en droit de vendre l’eau mère de Creuznach et les eaux de la ‘source Élise, dont nous sommes les seuls propriétaires. Voici nos prix.

L'eau mère liquide est expédiée dans des bidons en fer blanc d’une contenance de dix litres, au prix de quatre marks (1). Nous ne reprenons pas les bidons, mais on peut nous les envoyer franco à remplir, et nous les réexpédions au prix de vingt-cinq pfenigs par litre. Quant à l'envoi d'eau mère en tonneau, le publie

(4) Le marck vaut fr. 1-25.

est informé que ni nous, ni aucune administration ne prend de responsabilité à cet égard.

Nous vendons le sel d'eaux mères au prix de quarante pfenigs par kilog. Nous l’expédions dans des tonneaux de dix à cinq cents kilog. Les quantités au-dessous de dix kilog. sont envoyées dans des bidons en fer blanc. L'emballage n'est pas compris dans ce prix. Il se paie prix coutant.

L'eau de la source Élise s’expédie en bouteilles et demi-bouteilles. La bouteille, verre compris, coûte 45 pfenigs. La demi-bouteille 35 pfenigs. L’emballage est compris dans cette somme.

Toutes les expéditions se font contre remboursement.

Afin quon ne puisse présenter au publie des imitations de nos eaux et le tromper ainsi sur la valeur de la chose vendue, nous avons fait enregistrer notre timbre par le tribunal et nous l'appliquons sur les tonneaux et les bidons que nous expédions. Nos bouteilles d’eau de la source Élise et leurs bouchons portent aussi notre timbre.

| L'administration du Curhaus.

BAINS DE CREUZNACH.

Source Oranien.

Cette source est plus riche en chlorure de sodium, en chlorure de calcium et en éléments bromurés que la source Élise, mais sa saveur est plus désagréable et elle est moins facilement supportée. Aussi est-elle beaucoup moins employée. Cependant plusieurs médecins la

prescrivent quand ils désirent obtenir des effets plus puissants. On se procure ces eaux en s'adressant à : La Direction de l'Hôtel Oranienhof et de la source Oranien.

Pour les rendre plus digestibles, on peut ajouter de l'acide carbonique dont elles contiennent naturellement une certaine quantité. La commande doit indiquer si l’on désire l’eau naturelle ou additionnée d’acide carbonique. |

Par caisse de 50 à 40 bouteilles, le prix d’une bouteille d’eau naturelle s'élève à 50 pfenigs (65 centimes), à 60 pfenigs, si l’eau est chargée d'acide carbonique.

Le prix d'emballage est compris dans cette somme.

L'expédition se fait contre remboursement.

Les eaux mères, le sel d'eaux mères, les eaux des sources Elise et Oranien s'expédient pendant toute l’année.

= Des eaux minérales de premier ordre ne suffisent pas, dit avec raison M. le D’ Stabel, à faire la fortune d’une station balnéaire. Un milieu thermal est complexe dans ses facteurs. Et nul ne songera à nier l'action des inffuences climatériques sur la marche des maladies. Mais il semble qu'une bonne fée ait doté Creuznach de tout ce qui pouvait appeler sur lui l'attention du monde médical. Elle a placé dans un site charmant des sources d’une valeur inappréciable etelle a gracieusement groupé autour de la petite ville des roches et des montagnes

pittoresques qui la protègent contre les vents et Lui font

un nid tout capitonné de fleurs et de verdures. La vallée s'ouvre au Nord-Est en aval de la ville, mais à deux lieues au-dessous de Creuznach, elle se redresse vers le Nord et se dirige vers Bingen.

Le soleil levant la dore de ses premiers rayons. Toute la journée, planant au-dessus d'elle, 1l l’inonde de ses feux, et quand le soir il disparaît derrière Îles montagnes de l'Ouest, la chaleur dont la vallée et ses versants se sont imprégnés ne diminue que bien lentement. Li

M. le D' Dellmann, attaché à l’Institut royal de météorologie de Prusse, a étudié pendant douze années le climat de Creuznach et a publié ses remarquables observations sous le titre de : Le climat du plateau de la partie moyenne du Rhin. Sinous consultons les tableaux de température tracés par ce savant, nous voyons que, depuis six heures du matin jusqu’à deux heures de l’aprèsmidi, le thermomètre s'élève en moyenne de 5°,68 R., de deux heures de l'après-midi à dix heures du soir, il descend de 5°,75, et de dix heures du soir à six heures du matin, 1l descend de 1°,19.

On voit par ces moyennes, qui reposent sur des observations relevées avec soin pendant douze ans, que la température ne subit pas dans cette station de brusques

or

variations, ses transitions se font par degrés insensibles.

Je n'ai pas besoin d’insister sur l'importance de ce fait au point de vue hygiénique.

Le climat, dit M. le D' Dellmann, est chaud, serein et sec.

L'hiver ne se fait sentir à Creuznach que pendant les mois de décembre, janvier et février. Mars sonne le révetl de la nature.

Et avant qu'avril ne vienne, les prairies et les montagnes ont déjà revêtu leur robe verte toute constellée de primevères et de marguerites. Avril ne s'en va pas sans sa couronne d'épis, et quand vient mai, les forêts sont pleines d'ombre et de chants d'oiseaux, les côteaux sont tapissés de pampres et la vallée n’est plus qu'une mer de fleurs et de verdures.

Creuznach jouit d’un doux climat. D'après les études de Dellmann, la température moyenne de l’année est de 7°66R, et dans les années de bonne récolte de vin, elle s'élève jusqu'à 8°. La température moyenne du printemps et de l'automne est de 10° à 11°R.

La saison balnéaire dure cinq mois : mai, juin, juillet, août et septembre. Cest du 15 juin au 15 août que l’on trouve à Creuznach le plus grand nombre de malades. Il est donc intéressant de connaître la température qu'ils auront à y supporter. [l résulte des recherches du D' Dellmann que la moyenne de ces températures, soigneusement relevées pendant douze ans, est pour le mois de mai de 113; pour le mois de juin 14°1 ; pour le mois de juillet de 15°1 ; pour le mois d'août de 14°9 ; pour le mois de septembre de 12°1R.

Ce qui prouve aussi éloquemment que les recherches du D' Dellmann, la douceur du climat de cette vallée, c’est sa flore qui rappelle celle des Alpes.

Voyez de tous côtés ces vignobles aux plantureuses récoltes, fournissant chaque année des vins exquis. Voyez ces élégants amandiers au tendre feuillage, tous chargés de fruits : voyez ornant les jardins, ces immenses lauriers roses couverts de fleurs et ces grenadiers étalant leurs boutons de corail ; ne vous disent-t-ils pas avec plus de charme que les statistiques du savant Dellmann,

la clémence du ciel. Ce n’est pas sous les âpres baisers de la bise que mürissent les raisins et les amandes.

Les mauvais vents ne soufflent guère à Creuznach. Si la vallée de la Nahe s'ouvre au Nord-Est, un épais rideau de montagnes se drapant de l’autre côté du Rhin, à trois lieues de la ville, la protège contre les courants atmosphériques qui viendraient de ce côté. La chaîne du Niederwald et du Johannisberg se projetant dans le ciel à de prodigieuses hauteurs, étalent leurs massifs comme s'ils voulaient fermer au Nord et au Nord-Est cette vallée qui s'ouvre devant eux sur le Rhin.

Au Nord-Ouest, la ville est protégée par le Kauzenberg et le Haardt et derrière eux par le fameux Hunsrücken. Les vents du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest soufflent rarement à Creuznach, et quand ils s’y font sentir, c'est avec une faible intensité. Les vents d'Ouest et du Sud-Ouest sont les plus fréquents, ce sont aussi les moins désagréables.

Une légère brise tempère le plus souvent la chaleur des mois de juin, juillet et août et la rend très supportable.

M. le D' Dellmann avait donc bien raison de dire : le climat de Creuznach est chaud. Nous allons montrer qu'il est sec. pee

Le terrain autour de la Nahe est formé par des roches, des détritus de porphyre et des grès rouges, dans le reste de la vallée par des alluvions très fertiles, toujours secs et ne présentant Jamais le caractère limoneux. Nulle part autour de la ville on ne trouve d’eau stagnante ; la Nahe et ses affluents descendus des montagnes et s’écoulant avec une rapidité, qu'explique la pente du terrain (onze mètres par lieue), ne laissent sur leurs flancs aucun marécage.

Pour arriver à la partie moyenne du plateau du Rhin où se trouve situé Creuznach, les nuages passent audessus de la chaîne du Hunsrücken et subissent en ce moment un refroidissement et une condensation qui amène la chute d’une partie de leur eau. Ceux qui franchissent le Hunsrücken arrivent au-dessus du plateau et se trouvent en présence de courants d'air chauds qui s'élèvent du sol et rendent difficile la condensation des nuées.

Les orages sont rares à Creuznach, les montagnes, situées au Sud-Ouest, les attirent de leur côté, de sorte qu'il est bien rare de les voir s’abattre sur la ville.

Les observations de Dellmann montrent que, pendant douze années, les cinq mois les plus exposés aux orages : mai, juin, juillet, août et septembre, ont donné la faible moyenne suivante : mai 4,29, juin 4,55, juillet 5,50, août 4,90, septembre 1,50.

Ce sont ces conditions qui rendent Le climat de Creuznach plus sec que celui des autres villes qui se trouvent dans la partie moyenne du plateau du Rhin. Le tableau ci-dessous le prouvera :

Moyenne (1) des hauteurs de la pluie tombée chaque année, pendant une période de dix ans, à |

CLÈVES : 27,018 . CREUZNACH : 17,800 CREFELD : 25,299 TRÈVES : 25,702 COLOGNE : 24,190 FRANCFORT S/DE : 16,055

BOPPART : 24,934 MANNHELNE : 19,771 Moyenne du nombre des jours de pluie à Creuznach :

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