L'ATMOSPHÈRE DES SALINES
Jusqu'à présent nous avons parlé de l'application 1mmédiate des eaux de Creuznach à l’économie. Nous avons exposé tout ce qui a trait à leur emploi, soit en bains, soit en boissons, en douches, en injections, en compresses. Mais les médecins de Creuznach s'ingéniant à multiphier les ressources thérapeutiques de leurs eaux, ont bientôt compris que l'atmosphère qui entoure les grands bâtiments de graduation pouvait être utilisée dans le traitement de certaines maladies.
Dans ces bâtiments, tous situés dans le vai des . Salines, sur les deux rives de la Nahe, les eaux minérales, filtrant à travers d'épaisses murailles de fagots d'épines, battues par le vent, se concentrent par évaporation. Mais en agissant sur ces masses liquides en Îles modifiant, l'air se modifie lui-même, il s'imprègne de certains principes volatils qu’elles renferment et sa constitution physique et chimique se transforme.
Quand, à Münster am Stein ou dans le Val des Salines, vous pénétrez dans les bâtiments de graduation, ou si vous vous promenez autour d'eux, vous êtes tout d’abord frappé de la fraicheur que vous éprouvez, puis de la facilité avec laquelle les phénomènes respiratoires s'accomplissent, on se croirait déchargé d’un grand poids. Tout vous rappelle en ce moment l'atmosphère maritime. Même fraicheur, même odeur. |
L'évaporation de l’eau qui se produit sur une grande surface explique facilement le refroidissement de l'air dans un rayon assez étendu.
Cet air plus froid, plus dense, renferme évidemment
à volume égal plus d'oxygène que l’air respiré loin des bâtiments de graduation. Et c’est ce principe vivifiant qui imprime à la respiration une activité dont nous ressentons aussitôt les effets salutaires.
S1 l'analyse chimique démontre que l'oxygène augmente auprès des bâtiments de graduation, elle établit également que l'acide carbonique y diminue. Ce gaz délétère est absorbé par l’eau qui s'évapore sans cesse.
L'air que l'on respire est donc là plus riche et plus vivifiant. [l est saturé de vapeurs par l’évaporation continuelle de l’eau saline; plus cette évaporation sera rapide plus sera considérable la quantité de vapeurs contenue dans l'atmosphère.
Ces vapeurs sont imprégnées des principes salins, elles emportent avec elles du. chlorure de sodium, de l'iode et du brôme.
Quand vous vous promenez sur les bords de la mer, vous percevez une saveur salée si vous passez la langue sur les lèvres, et vos vêtements se couvrent d’une poussière blanchâtre saline. Ces poussières de l'Océan ne sont autre chose que du chlorure de sodium. L'analyse chimique a démontré sa présence non-seulement près de la mer, mais encore bien loin des côtes.
Les mêmes phénomènes se produisent autour des bâtiments de graduation. |
L'analyse chimique et l'examen microscopique de l'air recueilli près des bâtiments et jusqu’à une distance qui ne mesure pas moins de cent pas, démontrent de la manière la plus formelle la présence du sel marin dans l'atmosphère. |
Dans les années chaudes, dit M. le D' Stabel, quand l’évaporation de l’eau saline se fait rapidement, la pro-
LOPAOBIEL
portion de sel de cuisine dans latmosphère peut s'élever dans des proportions telles qu'il se dépose sur les lèvres. La pulvérisation de l'eau saline sur les ma-
chines à graduation fait perdre de grandes quantités de
sel. La perte quotidienne est de 2,147 livres, dont 1,575 pour les salines de Karlshalle et de Theodorshalle et de 574 pour celles de Münster am Stein.
De même que l'analyse chimique a décélé dans l'air marin la présence de l’iode, de même elle a révélé son existence dans l'atmosphère des salines.
Près des bâtiments de graduation l'air renferme de l’iode et du brôme que l'acide carbonique ambiant, d'après Lersch, sépare des sels qui les renferment et met en liberté. La concentration de l’eau saline par la graduation augmente son contenu en iode, en brôme et en chlorure de sodium.
Ainsi pour nous résumer, nous dirons que l'air respiré auprès des bâtiments de graduation : est plus frais, renferme plus d'oxygène, moins d'acide carbonique et plus de vapeurs d'eau que l'air n'en contient ailleurs. Il renferme de l'iode et du brôme. On y trouve aussi du chlorhydrate d'ammoniaque. Le chlore libre qui doit former ce sel provient probablement du chlorure de
calcium contenu dans l’eau saline ; ce sel, on le sait, est
peu stable. [l renferme aussi de l'ozone.