‹ CreuznachChapitre 48 sur 103 · TE ET · texte numérisé non relu

TE ET

La science et la nature ne font pas de miracles, 1l faut que les malades renoncent à cette folle espérance de voir se réaliser en quelques jours des succès si prodigieux. Ils viennent à Creuznach s’imprégner des principes salins que les eaux renferment et ils doivent attendre le résultat de cette absorption médicamenteuse. Rarement, elle fait sentir ses éffets d’une façon immédiate, cest peu à peu que le principe thérapeutique emmagasiné dans l’économie, pendant la cure, dégage ses eflets salutaires. Le malade emporte avec lui, dans son sang et dans tous ses tissus, l'agent de sa guérison puisé si largement dans l’eau saline prise en bains et en boisson. [Il emporte avec lui une énergique stimulation des fonctions de la peau qui survivra longtemps aux bains qui l’ont provoquée et dont les effets salutaires se dégageront peu à peu. C’est là une idée que Je ne saurais trop vulgariser et dont tous les malades devraient être pénétrés, c’est qu’on ne guérit pas pendant son séjour à la station balnéaire, mais après; on va chercher là les éléments de sa guérison. Rien de plus. Cest dans les trois ou quatre mois qui suivront son séjour à Creuznach que le malade verra se produire ou l'amélioration, ou la guérison de ses maux. Pendant tout ce temps, il reste sous l’influence de l’action des eaux minérales et il doit soigneusement se garder de troubler l’évolution des phénomènes thérapeutiques par un régime désordonné ou des traitements nouveaux. Attendre et ne rien faire, telle est la conduite à suivre après une cure. | RU

Mais si le séjour à Creuznach n’a pas été suffisamment prolongé, si l’imprégnation médicamenteuse n'a pas été assez longue, le malade pourra continuer chez lui la cure

en prenant des bains artificiels préparés avec l’eau mère et en buvant l’eau de la source Élisabeth.

Dès que le malade à quitté Creuznach, il ne doit plus observer les restrictions que les propriétés particulières de la source lui imposaient. Il peut prendre des acides et des fruits.

Dans certaines circonstances, les résultats de la cure peuvent être aidés ou précipités par le séjour à la campagne ou dans un pays dont le climat soit favorable à la constitution du convalescent.

Chez certaines personnes, on complète la cure par l'usage d'eaux ferrugineuses naturelles ou des bains. de mer. Les eaux ferrugineuses sont recommandées chez les personnes anémiques ; les bains de mer chez celles qui ont conservé une certaine irritabilité des nerfs etun relâchement de la peau et des tissus.

Il est beaucoup de malades qu'un seul séjour de quelques semaines à Creuznach guérit définitivement. Mais les résultats de la cure ne sont pas toujours aussi prompts. Beaucoup de patients sont améliorés, mais non guéris ; dans bien des cas, ils doivent revenir demander à la source un nouvel effort contre l’affection tenace dont ils sont atteints depuis longtemps. « On aurait tort, dit Trousseau, si les antécédents font préjuger la persistance probable du mal, de s’en tenir à cette première médication. Il faut, après un temps de repos suffisant, y revenir encore. » Ha

Quelques malades font deux cures pendant la même saison, mais il faut avoir soin de laisser entre elles un repos de quatre semaines ; à cette condition vous pouvez espérer une action salutaire de cette puissante médication.

S'il est exceptionnel de voir des malades faire deux cures dans la même saison, il est très fréquent de voir revenir pendant plusieurs années ceux qui, n'ayant d'abord obtenu qu'une amélioration, poursuivent courageusement l’œuvre ‘entreprise. Vous retrouvez à chaque saison bien des figures connues. Ce sont des malades qui élèvent leur ténacité à la hauteur de celle de leurs maux; à une maladie chronique ils opposent un traitement chronique et la guérison finit toujours par être le prix de cette héroïque persistance.

Les eaux de Creuznach renferment une vingtaine de sels minéraux; il ne saurait sans doute entrer dans l'esprit de personne que ces eaux jouissent d'autant de propriétés, qu'elles possèdent de principes différents. Je suis fort porté à croire que la combinaison de ces divers éléments minéralisateurs forme un tout thérapeutique et que ces eaux n’agissent que par leur ensemble hydrologique. Mais si nous n'attribuons pas aux eaux de Creuznach autant de vertus spéciales qu'elles renferment de principes minéralisateurs, nous croyons pourtant qu’elles doivent leurs propriétés essentielles à leurs principes dominants : le chlorure de sodium, le chlorure de calcium, l’iode et le brome.

Nous avons à examiner l’action de ces eaux sous trois aspects différents, selon qu'on les prend en boissons, en bains, ou qu'on en inhale les vapeurs qe des bâtiments de graduation.

Page 1