DATÉE TR
Administrés à dose médicamenteuse, les iodés produisent aussi des phénomènes fort sensibles d’excitation générale, et à ce titre ils pourraient être rangés parmi les excitants. Les glandes salivaires et les reins fonctionnent avec plus d'activité, l'appétit augmente d’une manière notable, les fonctions digestives s’accomplissent avec une grande perfection, la circulation devient plus active, la peau plus chaude.
Mais si l'iode n’est pas un désassimilateur comment interpréter ses propriétés fondantes si manifestes dans certains cas.
Von Bock croit que l’iode active les échanges de l’albumine, non pas de l’albumine du sang, mais de celle des organes. C'est par cette action sur l’albumine qu'on peut expliquer l'influence fondante des iodés.
Parmi les principes contenus dans les eaux de Creuznach, nous trouvons encore les bromures de calcium et de sodium.
Ces sels exercent une action importante sur l'axe cérébro-spinal, la respiration, la circulation et la tempéraiure.
Les bromures agissent sur le cerveau à la façon des hypnotiques. Non pas, dit Krosz, qu'ils produisent de la somnolence ou un sommeil irrésistible, comme le font les narcotiques, mais bien plutôt un sentiment de repos qui invite au sommeil, une diminution de l'impressionnabilité réflexe du cerveau, de sorte que des impressions qui, à l’état normal, provoqueraient une réaction vive, passent alors presque entièrement Imaperçues.
Les bromures agissent sur la moelle épinière, puisqu'ils calment l'intensité des actions réflexes.
Ils ralentissent la respiration, ils diminuent l’activité
cardiaque, ralentissent les contractions du cœur et abaissent la pression sanguine ainsi que la température.
Si les bromures sont des modérateurs du système nerveux et du cœur, ils sont aussi des modérateurs de la nutrition, car sous leur influence l’urée s’élimine en moindre quantité. été
Un principe qui doit, après les bromures, fixer notre attention, c'est le lithium qu'on trouve surtout dans les eaux de Creuznach à l’état de chlorure.
La lithine est un diurétique puissant qui rend promptement les urines alcalines, mais sa propriété essentielle celle qui lui a donné une place importante dans la thérapeutique, c'est de dissoudre avec une grande facilité l'acide urique. Elle forme avec l'acide urique et les urates un urate de lithine très soluble. Cette propriété remarquable a été utilisée avec le plus grand succès dans le traitement de la goutte. Cette maladie est caractérisée par une prédominance évidente de l'acide urique et d'urates fort peu solubles. Ce sont ces sels qui constituent la principale matière des concrétions articulaires. Or la lithine est leur meilleur dissolvant, non seulement dans un verre à expérience, mais encore dans l’organisme. Sous son influence on voit les concrétions goutteuses diminuer et disparaitre complètement.
On emploie la lithine chez les sujets atteints de goutte chronique ou chez ceux qui sont en proie à la diathèse urique liée à la gravelle.
Sous l’action de ce remède, on voit les accès de goutte diminuer de fréquence et d'intensité, l’état général s’'améliore et l'acide urique cesse d’être charrié par les urines.
Nous trouvons encore dans les eaux de Creuznach le carbonate de chaux. Ce sel se décompose dans l'estomac
sous l’influence des acides qu’il y rencontre et son acide
carbonique est mis en liberté. Une partie pénètre dans la circulation à l’état de phosphate, la plus grande quantité échappe à l'absorption et arrive probablement à l’état de carbonate dans le segment inférieur du canal intestinal.
Le phosphate de chaux exerce une action manifeste sur la nutrition, c'est une substance réparatrice au point de vue thérapeutique, ear elle joue certainement le rôle d'aliment minéral, surtout dans la nutrition des os. Aussi le phosphate de chaux est-il employé avec succès dans les affections du système osseux, telles que : les fractures, le rachitisme, l’ostéomalacie, le mal de Pott.
Mais indépendamment de son influence sur l’ossification,
le phosphate de chaux exerce encore une action spéciale sur l'irritabilité, sans laquelle il ne saurait y avoir ni assimilation, ni nutrition. L’insuffisance de ce sel portée à un trop haut degré provoque la mort au milieu des symptômes de l'inanition ; si elle est moins prononcée, la vie reste possible, mais on voit survenir cette série de phénomènes qui caractérisent le lymphatisme et la scrofule.
Nous rencontrons encore un autre sel qui est digne de fixer notre attention, c’est le carbonate de baryte. La baryte fut signalée dès l’année 1780 par Crawford, qui
avait reconnu les bons effets de cet agent dans le Iym-
phatisme et la scrofule. Les recherches des médecins français et italiens ont confirmé les résultats obtenus par Crawford.
Enfin les eaux de Creuznach renferment encore deux principes dont la thérapeutique fait un grand usage : c’est le fer et le manganèse sous les formes de carbonate et d'oxyde. |
Le rôle essentiel du fer dans l'organisme est de contribuer d’une manière efficace à la régénération des globules rouges. Il active donc la nutrition, puisque les globules du sang sont les agents directs des oxydations. Le fer est donc un hématogène et par suite un excitateur de la nutrition. Les expériences ont du reste démontré que sous l'influence du fer, l’urée apparait en plus grande quantité dans les urines, la température animale augmente et la circulation est activée.
L'étude de l’action physiologique et thérapeutique du manganèse n'est pas aussi avancée que celle du fer, mais puisque ce métal entre dans la composition des globules du sang, son rôle doit être le même que celui du fer et on peut le regarder comme un excitateur de l’hématose. Toutefois son importance est moindre que celle du fer, car 1} existe en très faible quantité dans le sang.
Si nous résumons l'étude à laquelle nous venons de nous livrer, uous voyons que les eaux de Creuznach renferment des chlorures de sodium, de calcium et de potassium, des 1odures de sodium et de magnésium, des bromures de calcium et de sodium, du chlorure de lithium, du carbonate de chaux, qui se transforme en phosphate dans l’économie, du carbonate de baryte, du fer et du manganèse à l'état de carbonate et d'oxyde.
Tels sont les éléments essentiels que l'on rencontre dans les eaux de la source Élise et de la source Oranien, les seules que l’on emploie en boisson.
Je ne crois pas qu'une eau minérale possède autant de propriétés que de principes différents, je pense plu-
is.
tôt que la combinaison des éléments minéralisateurs forme un tout thérapeutique, un ensemble hydrologique; mais je reconnais aussi le rôle des principes prédominants.
L'analyse chimique nous montre les eaux de Creuznach constituées par un grand nombre de principes divers. Mais qu'on veuille bien le remarquer, ces principes, malgré leur diversité, exercent sur l'organisme une action à peu près semblable.
Les chlorures de sodium, de calcium, de potassium, le fer et le manganèse peuvent être regardés comme des excitateurs de la nutrition, tous augmentent la quantité durée sécrétée et par conséquent l’activité des combustions. |
Le carbonate de chaux donne lieu, dans l’économie, à la formation du phosphate de chaux, qui joue un si grand rôle dans la nutrition des os. Par son action spéciale sur l'irritabilité, ce sel fovorise l'absorption et l'assimilation et partant, exerce sur la nutrition une action des plus favorables.
Les iodures agissent également comme des excitants de l'organisme et activent les échanges de l’albumine des organes.
Les sels de lithine transforment les urates et l'acide urique, fort peu solubles comme on le sait, en urates de lithine, d’une grande solubilité. Ce sont de précieux agents dans le traitement de la goutte, de la gravelle et de la diathèse urique.
Les sels de baryte n'ont pas encore été suffisamment étudiés au point de vue scientifique, mais nous pouvons dire que la pratique leur doit de remarquables succès ‘dans le traitement de la scrofule et du lymphatisme.