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de sels. Chaque litre d’eau mère renfermant à peu près 500 grammes de sels, l'addition de dix litres d'eau mère nous donnera un bain contenant de huit à huit et demi kilog. de sels.
» Par l'addition de l’eau mère, la quantité de chlorure de sodium contenue dans le bain n'est guère augmentée, c’est surtout le chlorure de calcium qui s'accroît, puisque l'eau mère en renferme 795 p. c., et seulement 8 p. c. de chlorure de sodium.
» Tandis que dans le bain d’eau saline simple le chlorure de sodium prévalait, dans le bain chargé d’eau mère, c'est le chlorure de calcium qui domine.
» Or le chlorure de calcium exerce une action plus stimulante que celle du chlorure de sodium.
» Si l'on prépare une solution de cinq pour cent de chlorure de sodium dans de l’eau de fontaine, et dans les mêmes proportions-une autre solution de chlorure de calcium, si on les chauffe toutes les deux à 35° C., et que, dans la première, on immerge le bras droit, et dans la seconde, le bras gauche, voici ce que l’on constate : après cinq minutes, on sent dans le bras gauche un picotement et la peau commence à rougir. Ce n’est qu'au bout de vingt minutes que ces mêmes phénomènes se produisent dans le bras droit.
» La peau du bras gauche, après le bain, présente
une rougeur beaucoup plus intense que celle du bras droit. Après que les bras sont séchés, la rougeur persiste beaucoup plus longtemps à gauche qu'à droite. Cette expérience que J'ai plusieurs fois répétée et toujours avec les mêmes résultats, démontre que le chlorure dé calcium produit sur la peau une action plus stimulante que le chlorure de sodium.
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» L'action stimulante du chlorure de calcium est cor- » roborée par celle des autres chlorures renfermés dans » l’eau saline et l’eau mère. »
Pour M. le D' Wimmer, les iodures et les bromures dissous dans l’eau de Creuznach n’exerceraient sur l’organisme qu'une faible action, en raison de leur minime quantité. — Pour lui : |
« Les bains de Creuznach ne doivent leurs effets bien » connus dans les cas torpides de maladies de la peau, » de scrofules, de Iymphatisme, de produits exsudés » parenchymateux et plastiques, d'origine scrofuleuse ou » arthritique, dans les cas de résidus inflammatoires, » non pas à l’iode et au brome, mais surtout au chlorure » de calcium, qui exerce sur la peau une vive stimula- « tion et augmente, par là, l'oxydation et l'absorption. »
Pour Wimmer les bains de Creuznach n'agiraient donc sur l'organisme que par la stimulation qu'ils exercent sur la peau.
Éclairée par les recherches de la physiologie moderne, cette hypothèse est acceptable. |
Nous savons que tous les agents qui stimulent lirritabilité des nerfs sensitifs périphériques, propagent leur action, par l'intermédiaire de ces conducteurs, jusqu’à la moelle épinière et au bulbe. De là l'excitation se réfléchit par toutes les voies centrifuges et relève l’innervation de tous les appareils et de toutes les fonctions organiques.
Les expériences de O. Naumann établissent que les excitants cutanés agissent comme agents hyperesthésiques, qu'ils augmentent l'activité vitale du système circulatoire, qu'ils renforcent les contractions du cœur, qu'ils rétrécissent les tubes vasculaires et précipitent le cours du sang.
Sous l'influence des excitants cutanés, les contractions du cœur deviennent plus puissantes et plus efficaces quoique plus lentes (Roehrig), la pression intra vasculaire augmente (Winternitz), les mouvements respiratoires deviennent plus actifs et les inspirations plus profondes (Delmas), la respiration cutanée est exaltée (Rochrig). Le sang est done mieux décarburé, tant par la peau que par la ventilation pulmonaire devenue plus complète. Une plus grande quantité d'oxygène pénètre dans les capillaires qui rampent sur les parois si ténues des alvéoles pulmonaires. L’exhalation de l'acide carbonique augmente. L’urine renferme plus d’urée, moins d'acide urique et de phosphates calcaires.
La physiologie démontre donc qu'à l'excitation cutanée, succède une excitation de tout l'organisme ; de là, l'allure plus vive imprimée aux oxydations interstitielles, l'usure du protoplasme est plus complète, plus rapide et aussi l'élimination des résidus. A cette destruction plus active de la matière vivante, correspond un relèvement des forces digestives et partant l'entrée dans le sang d’une plus grande quantité de matières assimilables, l'hématopoièse se perfectionne, la nutrition s'améliore.
Nous croyons volontiers, avec M. le D'° Wimmer, à l’action stimulante produite sur la peau par le chlorure de calcium et les autres chlorures renfermés dans les eaux de Creuznach. Mais je ne puis admettre, avec lui, que les autres principes dissous dans ces eaux, n'aient aucune influence sur l'organisme. Chaptal a dit avec raison : « Quand on analyse une eau minérale, on dissèque un cadavre ». [l ne suffit pas, pour apprécier les effets thérapeutiques d'une source saline, de passer successivement en revue les substances qu'elle renferme, d'étu-
dier leur action et de la doser d’après les résultats plus ou moins certains d’une analyse quantitative. La chimie nous présente un tableau fidèle des principes constitutifs d’une eau minérale, mais elle nous les montre disjoints. Mais ce n’est pas dans cet état que la médecine en fait usage; elle emploie l’eau minérale telle que la nature l’a créée, en suivant les règles d’une chimie occulte, dont elle s’est réservé le secret. Ces sels, sortis isolés du creuset des chimistes, formaient dans l’eau naturelle, des combinaisons sur lesquelles l'analyse reste muette, et dont il nous est fort difficile d'apprécier les effets thérapeutiques. Ce sont les combinaisons, encore si peu connues, de ces divers principes qui nous empêchent d'établir une liaison constante entre la composition chimique d'une eau et son action médicale. « À chaque instant, dit M. le D' Constantin James, on » rencontre entre la composition et l’action d’une eau » minérale de telles oppositions, de tels contrastes, qu'il » serait peut-être plus exact de dire que certaines ana- » [yses sont moins aptes à guider le médecin qu'à » l’égarer. » |
Prenons pour exemple de ce que nous avançons quelques-unes des eaux les plus célèbres de l'Europe : Plombières, Gastein et Wildbad. Eh bien! la minéralisation de ces sources est identique à celle des eaux potables de Paris et de ses environs. L'eau que l’on boit à Paris et qui sert à tous les usages, est minéralisée de la même manière, mais à plus haute dose que certaines sources qui possèdent de remarquables propriétés médicales. |
Acceptons pour ce qu'ils valent les résultats de l’analyse chimique, mais n'en tirons pas des conclusions abso-
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lues. Cessons d'envisager l’action des eaux minérales d’après celle de chacun des principes qu'elles renferment considéré isolément et en dehors des combinaisons que la nature lui avait imposées.
Je reconnais avec M. Wimmer que la proportion d'iode et de brome contenue dans les eaux de Creuznach est bien faible si on la met en parallèle avec celle des chlorures, mais l'expérience n'a-t-elle pas démontré qu'il n'existe point de relation absolue entre les effets physiologiques d’une source et la richesse de sa minéralisation ? Il est des sources d'une activité, d’une puissance thérapeutique incontestable et dont la minéralisation est pourtant insignifiante. L'iode et le brome se trouvent dans les eaux de Creuznach à dose sinon massive, au Moins parfaitement tangible, et je ne puis admettre que ces principes n'exercent aucune influence sur l'action thérapeutique de ces eaux.
La discussion à laquelle nous venons de nous livrer, montre que s’il est facile de constater l’action thérapeutique des eaux minérales, il est beaucoup moins aisé de pénétrer le mécanisme des merveilleux effets qu’elles produisent sur le corps humain. Une nouvelle hypothèse vient de surgir, elle est présentée par M. le D' Durand- Fardel, elle mérite de fixer l'attention.
Grâce aux longs et constants efforts du D' Burq, une science nouvelle est née, je veux parler de la métallothérapie ou Burquisme.
On sait que des effets physiologiques incontestables résultent de l'application d’une surface métallique, sur la peau revêtue de son épiderme. Ces effets se manifestent sur la sensibilité, la myotilité et la température.
Il est probable que l’action des métaux est due à la
production de courants électriques, ou à des modifications apportées au degré de tension de l'électricité périphérique.
Ces phénomènes sont en rapport de spécialité avec les métaux employés.
S'il n'est pas encore possible de tirer de ces recherches des conelusions scientifiques rigoureuses au point de vue du sujet qui nous occupe, au moins nous croyons-nous obligés, comme M. Durand-Fardel, de mettre cette hypothèse en lumière.
[Il n’est pas impossible que les principes métalliques contenus dans une eau minérale ne déterminent, par le seul fait de leur contact avec la peau, des effets à la fois physiologiques et curatifs.
Nous ne nous avancerons pas davantage sur ce terrain trop peu exploré encore, et sur lequel nous ne trouverions, suivant l'expression de M. Durand-Fardel que des faits dont la critique est à peine ébauchée.