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LES VAPEURS SALINES INHALÉES PRÈS DES BATIMENTS DE GRADUATION

La muqueuse pulmonaire, dont le rôle essentiel est d'absorber l'air atmosphérique, offre une telle ténuité vers les extrémités des bronches que les substances liquides, les vapeurs ou les divers gaz la pénètrent avec une merveilleuse facilité.

L’absorption à la surface des voies aériennes, se fait avec une telle rapidité qu'en quelques minutes les principes inhalés se retrouvent dans le sang artériel et le sang veineux.

On conçoit que la thérapeutique ait songé à utiliser cette propriété éminemment absorbante de la muqueuse pulmonaire. | |

Nous l'avons dit ailleurs, l'air qui entoure les bâtiments de graduation étant plus froid, plus dense, renferme à volume égal plus d'oxygène. Il contient moins d'acide carbonique et plus de vapeur d'eau qu'à l'état normal. L'analyse chimique y décèle la présence de l'iode, du brôme, du chlorure de sodium en grande quantité, du chlorhydrate d’ammoniaque et de l'ozone.

La respiration entraîne ces principes dans le torrent circulatoire.

« Dans les journées brülantes de l'été, dit M. le » D' Henri Prieger, les personnes bien portantes et à » plus forte raison celles qui souffrent de la poitrine, » éprouvent une véritable jouissance à séjourner auprès » des bâtiments de graduation. L'air doux, calmant » ét rafraichissant qu'on y respire provoque des inspira- » tions pleines et profondes; lirritation de la toux » se calme, les matières sèches et concrètes de l'expecto- » ration se ramollissent et sont rejetées plus facilement. » La dyspnée qui existait, se dissipe et avec elle ces sen- » sations pénibles et inquiétantes qui sont ordinairement » la suite de la gêne respiratoire. »

L'étude et l'analyse de l'air des salines expliquent les phénomènes si bien décrits par M. le D' Prieger.

L’évaporation de l’eau qui se produit sur de vastes surfaces rafraichit l'atmosphère et fait éprouver un sentiment de bien-être à celui qui vient se reposer, pendant les chaudes journées de l'été, auprès des bâtiments de graduation.

On connait les heureux résultats obtenus par l'inspi-

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ration de l'oxygène pur. Priestley avait déjà dit : « Quand » je respire une certaine quantité d'oxygène, la sensa- » tion qu'éprouve mes poumons n'est guère différente » de celle que cause l'air commun, mais il me semble » ensuite que mes poumons se trouvent singulièrement » dégagés et à l’aise pendant quelque temps. »

Dans lasthme, dans l’emphysème pulmonaire, la dilatation bronchique, certaines formes de phthisie, les inspirations d'oxygène ont produit de remarquables

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résultats. Est-il surprenant que l'air qui entoure les

bâtiments de graduation, suroxygéné comme il l’est, produise, chez les poitrinaires qui le respirent, un bienêtre très marqué et un amendement des principaux symptômes? |

L'oxygène que l'on nomme aussi, avec raison, l'air vital, est d’ailleurs l'élément essentiel des combustions qui s'accomplissent dans tout organisme vivant et l'air qui entoure les bâtiments de graduation le renfermant en proportion plus considérable que celui respiré partout ailleurs, doit être regardé comme plus stimulant. Il vient ajouter son action à celle des autres principes excitateurs de la nutrition que l'on rencontre dans les eaux de Creuznach, — je veux parler des chlorures de sodium de calcium et de potassium, du fer et du manganèse. Îl augmente comme eux l’activité des combustions.

L'air que l’on respire près des bâtiments de gradua-

tion est chargé de vapeurs par l'évaporation contiuelle

de l'eau saline. Cette vapeur est un modérateur de l’action de l'oxygène; ce gaz vivifiant devient offensif s’il n’est dilué et en quelque sorte émoussé. L'air sec produit sur la muqueuse pulmonaire une excitation exagé-

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