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SYPHILIS

Dès 1834, alors que l’action de l’iode sur les mala-

dies syphilitiques n'était pas encore connue, le D' Kopp recommanda l'usage des bains de Creuznach comme un

remède très efficace dans le traitement de la syphilis :

secondaire, surtout quand ses manifestations se localisent sur les muqueuses et la peau. Quand des études ultérieures eurent mis en pleine lumière l’action thérapeutique de liode sur les maladies syphilitiques, les succès obtenus par les eaux de Creuznach n’eurent plus de mystère. À l'empirisme, succédèrent, dès ce moment, des essais rationnels. Parmi les formes secondaires de la

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Longue

syphilis, les exanthèmes, par leur fréquence, occupent le premier rang, On voit à Creuznach s'épanouir toutes les variétés de syphilides : papules, pustules, macules, squammes, condylomes, on y rencontre encore les ulcères de la peau et des muqueuses. Je n'ai pas besoin de dire que ces manifestations morbides n’en sont plus à leur début; quand on les soumet à l'épreuve des bains de Creuznach, il y a longtemps déjà, qu’elles lassent la patience du médecin et du malade.

On envoie encore à Creuznach des personnes souffrant depuis plusieurs années d'inflammations syphilitiques des muqueuses telles : qu'angine tonsillaire, éruption vésiculeuse sur la muqueuse buccale et les angles de la bouche, éruption papuleuse s'étendant sur l'arrière gorge, le larynx et simulant les symptômes de la phthisie laryngée.

La syphilis tertiaire trouve aussi ses représentants à Creuznach : la périostite, l’ostéite, l'ostéo-myélite, la carie et les formes mixtes de ces diverses altérations forment le contingent des affections osseuses. Les gommes, les sarcocèles syphilitiques viennent aussi chercher leur guérison dans cette localité.

Je l'ai dit déjà, les médecins n'envoient à Creuznach que les cas invétérés qui ont défié leurs soins et leur thérapeutique. Dans un grand nombre de ces cas, on voit la scrofule se mêler à la syphilis. C'est en effet chez les scrofuleux que l’on voit s’éterniser la syphilis et que les manifestations de cette dernière diathèse sont les plus rebelles à tout traitemnt. Sur ce terrain profondément altéré par ces deux dyscrasies, on voit se dérouler en même temps les symptômes qui caractérisent chacune d'elles; mais parfois aussi la scrofule et la syphilis

réagissant l’une sur l’autre, les phénomènes morbides qu'elles provoquent ne revêtent plus une forme pathognomonique et l'observateur reste indécis sur leur nature ne sachant trop si l'ennemi masqué qui se présente à lui est la syphilis ou la scrofule.

On envoie aussi à Creuznach des enfants nés de parents syphilitiques et en proie eux-mêmes à cette cachexie.

Bien des médecins n'acceptent pas que les Eaux de Creuznach constituent une médication spécifique de la syphilis, mais 1ls reconnaissent qu'elles exercent sur les accidents secondaires et tertiaires de cette diathèse une action favorable qui permet au traitement spécifique de bâter leur disparition. Tous les médecins ont vu des syphilitiques sur lesquels la médication ordinaire reste impuissante, la maladie tend à s’aggraver. Si l'on joint au traitement mercuriel ou ioduré un séjour à Creuznach, cette inertie de la médication disparait et une amélioration notable se fait bientôt remarquer dans l’état du malade. |

Pégot, Dassier, Despine et Durand-Fardel, soutiennent avec les médecins de Creuznach que les eaux minérales exercent sur les accidents secondaires et tertiaires de la syphilis une action éminemment favorable, qui les replace, dans les cas opiniâtres, sous l'empire de la médication spécifique. (Mercure, lodures).

Les eaux de Creuznach sont encore utiles à titre de médication reconstituante pour combattre l’état cachectique dans lequel tombent un certain nombre de malades épuisés par leur affection et le traitement auquel ils ont été longtemps soumis.

Dans le traitement des affections syphilitiques le ma-

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lade sera soumis à l'usage des eaux de la source Elise ou Oranien et aux bains journaliers. Règle générale on ne dépasse pas la dose de 10 à 15 litres d'eaux mères ajoutés au bain d’eau saline, mais si le cas est rebelle on monte peu à peu jusqu à 29 litres et Engelmann père ne craignit pas, dans des circonstances exceptionnelles à la vérité, d'en faire ajouter 90 et mème 60 litres dans un bain minéral de 500 litres.

La durée du bain variera de une demi heure à une heure et demie.

Dans les cas rebelles et ce sont surtout ceux-là qu'on envoie à Creuznach, les médecins ajoutent au traitement que je viens d'indiquer l'usage de médicaments dont une longue expérience a consacré la valeur : mercure, iodure de potassium, Rob Laffecteur, tisane de RER

Comme traitement local, on applique pendant plusieurs heures par jour, en deux ou trois séances, des compresses trempées dans l’eau saline à ele on ajoute de l’eau mère en quantité de plus en plus grande, jusqu à l'employer pure.

La peau des syphilitiques est relächée, atonique et fonctionne mal, aussi peuvent-ils prendre des bains dont l'énergie irriterait vivement la peau d’autres malades.

Engelmann à remarqué que si le malade présente à la fois les symptômes de la syphilis et de la scrofule, ce sont les altérations syphilitiques qui disparaissent les premières, celles de la scrofule résistent le plus longtemps. | Quand on emploie les bains on remarque que les éruptions syphilitiques placées sur la figure, bien qu'elles n'éprouvent pas l'effet local du bain, guérissent

tout aussi bien que celles qui sont placées sur le corps et en même temps.

Engelmann signale que chez des malades atteints de la syphilis invétérée, alors qu'on doute si les altérations appartiennent à la syphilis ou à la scrofule, l'usage des bains lève parfois la difficulté. Dans certains cas les exanthèmes de la peau reprennent leur teinte cuivrée pathognomonique.

Dans d’autres cas de syphilis tertiaire invétérée, Engelmann a vu reparaitre à la peau depuis longtemps indemme, des ulcères caractéristiques. Il semblait que la maladie abandonnât les organes internes pour se localiser de nouveau sur le tégument cutané, siège habituel des premières manifestations du virus.

Après une cure de quarante Jours, les malades partent sinon guéris, au moins très améliorés. Pour ceux qui n'ont pas obtenu une guérison parfaite, ils continueront chez eux un traitement interne, soit par l'iodure de potassium ou la tisane de Zittman, et, l’année suivante, ils retourneront faire une cure moins longue et moins sévère qui les guérira complètement et définitivement.

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