MALADIES DES VOIES URINAIRES
URÉTRITE AIGUË.
Quand on voit certains individus se livrant à tous les excès et rester pourtant indemnes de toute inflammation urétrale ; quand on en voit d’autres dont l’urètre ne présente aucune lésion et qui sont à chaque instant atteints d'urétrite aiguë, malgré les soins et les précautions dont ils s'entourent; quand on en voit d’autres qui, pendant le traitement d’une urétrite, marchent de récidive en récidive, alors que rien ne peut expliquer de pareilles rechutes, on ne peut s'empêcher d'admettre l'influence de l'état constitutionnel sur la muqueuse urétrale. » L'expérience de tous les jours, dit le D' Smith, de » Bruxelles, démontre que les plus exposés à contracter » un accès d'urétrite aiguë, sont des dyscrasiques ; que » la maladie constitutionnelle soit déjà apparente, ou » qu'elle existe à l'état latent, jusqu'au temps marqué » pour sa complète évolution. » La plupart des observateurs ne doutent plus que certaines dyscrasies au rang desquelles je place tout d’abord la scrofule, l’arthritis et l'herpétis, ne disposent puissamment à l’urétrite aiguë, Je dirai même, plus puissamment que toute autre cause.
Non-seulement j’admets l'influence prédisposante de ces états diathésiques, mais mon expérience me porte
PÉAT TUE
même à admettre que la scrofule, la goutte, le rhumatisme engendrent l’urétrite aiguë comme elles donnent naissance à l’angine, au coryza, à la bronchite. « Les » dartres, dit Lallemand, qui se manifestent à l'anus, » sur le périnée, sur le scrotum, sur la verge, les cuis- » ses, les aînes... ont presque autant de tendance à » se déplacer sur les membranes muqueuses voisines. » Lorsque ces dartres se portent sur l'urètre, elles pro- » voquent des écoulements aussi abondants, aussi dou- » loureux que ceux qui résultent de la contagion la plus » violente et sans des circonstances antécédentes bien » caractéristiques, il serait impossible de les distinguer » des blennorrhagies ordinaires. » Culerier, Martineau, Peter, Paget, Smith et bien d’autres encore ont cité des cas incontestables établissant que chez les dyscrasiques on voit survenir des urétrites aussi aiguës que les blennorrhagies dites virulentes, et dues à la seule influence constitutionnelle.
URÉTRITE CHRONIQUE.
Comme les autres muqueuses de l’économie, celle de l'urètre peut être atteinte de catarrhe chronique d’emblée. Tous ces catarrhes chroniques sont des manifestations d’un état constitutionnel et celui de l’urètre peut le plus souvent être rapporté à l’arthritis, à l’herpétis, à la scrofule. — Comme certaines blépharites, pharyngites, amygdalites, rhinites, le catarrhe chronique de l’urètre peut se développer spontanément par le seul fait de l'activité du vice constitutionnel. — D’autres fois, la diathèse se manifeste sur la muqueuse urétrale, à la suite
ce
d'irritation ou d'excitation des organes génitaux, telles que celles produites par l'abus ou l'excès du coit, ou le passage d'urines rendues irritantes par la présence de l’alcool ou d'acide urique ou d’urates en trop grande abondance. |
Ces états constitutionnels, capables d’engendrer l’urétrite aiguë et l’urétrite chronique d'emblée, et qui en favorisent si souvent l'explosion, agissent défavorablement sur la marche de la maladie; ils l'empèchent de s’acheminer spontanément vers la guérison et 1ls opposent, au traitement le plus rationnel et le mieux suivi, un obstacle parfois invincible. — La goutte militaire, me disait un de mes malades, s'appellerait avec plus de raison : la goutte éternelle — Il n'avait pas tort, car cette terrible goutte, qui caractérise l’urétrite chronique, fait parfois, pendant des années, le tourment du malade.
« En modifiant, dit Le D' Smith, l’état morbide géné- » ral, et en écartant toutes les circonstances qui attirent » vers l’urètre l'influence constitutionnelle, on conçoit » qu'on place le malade dans les conditions les plus » favorables à sa guérison. Dans certains cas d'urétrite » chronique, principalement à type muqueux, ce traite- » ment général peut suffire pour amener, sans trop » de retard, la résolution complète du processus. »
Cest cet état morbide général qu'on modifiera par la cure à Creuznach. « Nos eaux, dit le D’ Prieger, réus- » sissent très bien dans le traitement des gonorrhées » invétérées (goutte militaire), si rebelles et si tenaces » chez les scrofuleux. »
L'effet résolutif des eaux de Creuznach explique leur action sur les rétrécissements du canal de lurètre. On sait aujourd’hui que le rétrécissement inffammatoire