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» de les voir réussir, car les causes qui l'ont produite » existent et leur influence est plus puissante que celle » de ces médicaments, dont l’action n’est ordinairement » salutaire, qu'à l’époque où les amers, les toniques, » l’iodure de potassium et les soins hygiéniques ont » détruit ces causes. » |
L'opinion émise par Lisfrane, 1l y a tant d'années est restée vraie. Mais J'ajouterai que les moyens généraux seuls restent souvent impuissants pour vaincre la maladie, tandis que les moyens locaux associés aux moyens hygiéniques et diététiques, guérissent l’inflammation utérine et les réactions sympathiques qu'elle entraine.
Bien des femmes qui viennent à Creuznach chercher leur guérison n'ont été que trop tourmentées par des traitements locaux parfois très énergiques et la suspension de tout traitement local pendant quelques semaines est souvent suivie de résultats très favorables. Le traitement ajoute parfois une irritation nouvelle à celle qui existe déjà dans la matrice enflammée et l'irritation morbide se joignant à l'irritation thérapeutique, l'utérus devient une sorte de foyer vers lequel convergent tous les vices et toutes les diathèses de l'organisme.
Je n'ai pas à exposer ici le traitement local ordinaire des affections utérines, si les malades doivent le subir, elles trouveront à Creuznach des médecins spécialistes des plus distingués, aux mains desquels elles pourront se confier. Je ne m'arrêteral qu'au traitement général et local par les eaux salines et les eaux mères.
Depuis Engelmann et Prieger, pères, tous les médecins établis à Creuznach ont publié les résultats remarquables qu'ils ont obtenus de l'emploi des eaux salines dans le traitement des maladies de la matrice. Mais à ce
témoignage, que l'on peut toujours croire quelque peu intéressé, je joindrai celui de deux spécialistes très réputés de l'Allemagne, Veit et Scanzoni.
« L'usage méthodique, dit Veit, des eaux de Creuz- » nach donne des résultats confirmés par l'expérience. »
« Si l'état de la malade le permet, dit Scanzoni, » 1l faudra lui faire passer quelques mois à Creuznach et » [ui faire boire les eaux salines, car cette source mérite » une mention toute spéciale dans le traitement des » maladies de l'utérus. »
Le plus souvent, nous l'avons dit, l'affection utérine a été provoquée par un état diathésique, ou une débilité constitutionnelle ; dans d’autres cas, la matrice malade réagissant sur l'organisme, lappauvrit et le livre sans défense à l’éclosion de diathèses auxquelles il n’était que prédisposé. Dans tous ces cas on comprend l'importance de la cure à Creuznach ; atténuer la diathèse, relever les forces de l’économie, modifier l’état moral de la malade, tel est l’objectif du traitement et le plus souvent il est atteint. L'état local s'améliore à mesure que l'organisme se relève, mais les eaux minérales par l'iode et le brome qu'elles renferment, ont un effet résolutif, qui s'exerce sur les néoplasies et les hyperplasies dont la muqueuse. et le tissu utérin sont le siége. Je sais bien que Scanzoni n'admet pas qu'on puisse par aucun moyen ramener à l'état normal, le tissu utérin ainsi modifié par l’inflammation. Mais un médecin fort distingué, le D' Michels, qui exerça longtemps à Creuznach, où son souvenir lui survit, n'accepte pas l'opinion de Scanzoni.
« Je puis affirmer, dit-il, que les symptômes de » la métrite parenchymateuse, peuvent être tellement » atténués, que les malades peuvent mener une exis-
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» tence très agréable, sans être incommodées par leur » matrice. » :
«Chaque année, dit le D" Prieger, il nous arrive des » femmes épuisées par l'affection utérine qui les tour- » mente depuis des années, elles sont pâles, anémiques, » nerveuses, elles n'ont plus ni ton, ni énergie vitale, » leur moral est profondément déprimé. Mais quel » changement après quelques semaines d’un traitement » bien réglé, l'affection locale s’est améliorée, la nutri- » tion et toutes les fonctions organiques se relèvent et »s’exécutent avec énergie. Les malades redeviennent » fraiches, leur sang s’est enrichi, elles sont redevenues » aptes et ont une tendance à remplir la destination » dévolue à leur sexe. »
Le traitement par les eaux de Creuznach est complexe. La malade doit boire chaque jour une certaine quantité d’eau de la source Élise ou de la source Oranien.
Elle fera des injections vaginales avec les eaux salines froides ou chaudes, additionnées ou non d'eaux mères, selon les indications. Convenablement employées, les injections vaginales constiuent un moyen de traitement très efficace de l'inflammation utérine et vaginale.
L'injection froide n'agit pas seulement en tant que lotion maintenant la propreté et la fraicheur sur les surfaces enflammées de la muqueuse du col et du vagin, elle a un effet thérapeutique incontestable, c'est un tonique et un astringent puissant. Et les formes légères d'inflammation et d'ulcération du col peuvent être guéries par les injections vaginales, le repos et le traitement
général. C’est en excitant l’action réflexe des nerfs vaso
moteurs qui accompagnent les vaisseaux pelviens, utérins, vaginaux que l'on obtiendra la contraction de
PRARTAS LME ceux-ci. Mais cette excitation des vaso moteurs peut être produite aussi par les injections chaudes.
La chaleur, à la vérité, ne détermine pas aussi promptement la contraction vasculaire que ne le fait le froid. Son effet immédiat est d'augmenter la congestion des parties, mais si son action est prolongée, la réaction se produit et la contraction vasculaire survient. Le froid est un excitant très prompt de l’action réflexe, il fait rapidement contracter les vaisseaux, mais la réaction survient et les vaisseaux se congestionnent davantage. On peut, suivant l'expression du D' Walton, de Bruxelles, dire que la contraction est la réaction de la chaleur, tandis que le relächement est la réaction du froid. Emmet, de New-York, fait avec le plus grand succès l'application des injections d'eau chaude dans la plupart des affections utérines. ai |
Les injections froides seront mieux employées à la fin du traitement, plutôt pour ramener les parties à leur état normal et empêcher une rechute, que pour traiter l'inflammation.
Pour tirer des injections vaginales tout le bénéfice possible, elles seront pratiquées une ou deux fois par Jour et de la manière que nous allons indiquer. La femme sera couchée horizontalement sur son lit ou par terre, le bassin sera relevé de façon que le liquide injecté, suivant les lois de la pesanteur, baigne le col et la partie supérieure du vagin. Un bassin plat sera placé sous le siège pour éviter que les vêtements de la malade ne soient mouillés. Quand on traite les premières phases de Plinflammation, la température de l’eau injectée variera de 37° à 40° c., plus tard elle diminuera de deux à trois degrés. On injectera environ 5 litres chaque fois.
À mesure que la santé s'améliore on diminue la quantité d’eau injectée, la température s’abaisse graduellement et l'on arrive ainsi à l'injection froide (1).
La malade sera soumise aux bains complets. Nous considérons les bains entiers comme agents de la médication générale plutôt que de la médication locale. Nous conseillons le bain tièdeetnon le bain chaud, car celui-ci par sa répétition peut affaiblir la malade. Les premiers bains seront composés d’eau saline, sans addition d’eau mère. Ce principe actif sera employé avec prudence, s’il reste encore quelque trace d’inflammation subaiguë. Pendant que la femme sera dans le bain, elle maintiendra les parties génitales externes ouvertes au moyen d'un spéculum, afin de permettre au liquide médicamenteux de baigner les parties malades. Sans cette précaution l’eau du bain ne pénètrera pas dans le vagin, cavité virtuelle, normalement close par l’accolement de ses parois. Une expérience bien connue fournit la preuve de ce que nous avançons. Appliquez sur le col utérin un morceau d’ouate imbibée d'une solution d'acétate de plomb, mettez la femme dans un bain sulfureux, et quand elle en sortira vous verrez la ouate parfaitement blanche. Or si le liquide avait pénétré dans le vagin et s'était avancé jusqu'au col de la matrice, le tampon aurait noiret.
On administre aussi des bains de siège composés d’eau saline simple ou d’eau saline additionnée de quantités variables d'eaux mères. On en retire souvent un bénéfice marqué, pourvu qu'ils ne soient ni trop chauds, n1 trop froids. Leur température variera de 15 à 24° c.
(1) L’irrigateur d'Esmarch sera employé avec avantage pour faire ces injections. On le remplira une ou deux fois d’eau chaude et afin d'éviter
une percussion trop forte sur le col de l'utérus, on ne l’élèvera pas à plus d’un mètre de hauteur au-dessus de la malade.
À cette température leur effet semble être sédatif, 1ls paraissent modérer la circulation pelvienne et souvent calment la douleur.
Les eaux sont encore appliquées en compresses sur le ventre. On fait un mélange de trois parties d’eau saline pour une partie d’eau mère; peu à peu, selon les effets produits, on augmente la quantité d’eau mère jusqu'à trois parties pour une partie d’eau saline. On plonge un essuie-mains dans ce liquide, on le tord, on l’applique sur l'hypogastre, une pièce de gutta-percha est alors étendue sur l’essuie-mains et le tout est consolidé par un bandage de laine ou de flanelle. Cette application faite au moment du coucher est maintenue toute la nuit. Si au bout de quelques jours, une éruption eczémateuse se développe sur l'abdomen, on suspend l'application de la compresse, on enduit les parties 1rritées de cold-cream et quand la peau est revenue à l’état normal, on reprend l'application topique des eaux salines.
Cette compresse, par la chaleur humide qu'elle entretient, agit comme calmant; elle agit comme résolutif en livrant à l'absorption les sels contenus dans le liquide dont on l’a imprégnée.
Les bains de pluie sont un bon moyen de fortifier la santé générale ; mais la santé de certaines femmes est tellement délabrée, qu'elles ne peuvent supporter les effets de ces bains, la réaction ne se produit pas. Mais quand les forces sont revenues, les mêmes malades peuvent être soumises à cette pluie dont elles ne se plaignent plus et dont elles peuvent tirer un grand profit. . Suivant la sensibilité de la femme et les exigences de la saison, la température de l'eau sera plus ou moins élevée.
Les douches sont employées soit pour stimuler l’activité nerveuse, soit pour favoriser la résolution des tumeurs ou d'exsudats. Leur effet thérapeutique repose sur l'activité qu'elles impriment à la circulation et sur l’hypérémie passagère qu'elles développent sur les points qu'elles atteignent. Dans beaucoup de cas, une douche froide, rapide, d'une minute environ, tombant d’une hauteur de # à 8 mètres, sera parfaitement tolérée et produira la sédation générale, tonifiera la peau et vivifiera les fonctions organiques, surtout les fonctions digestives.
Les parties constituantes des eaux minérales n’ont qu’une importance secondaire dans l'action des bains de pluie et des douches. Le froid et la percussion jouent ici le rôle capital.
Les malades qui désireront se soumettre aux bains de pluie et aux douches trouveront au Curhaus tous les appareils nécessaires à ce mode de traitement, et un personnel très habile dans son application.
Arrivée à Creuznach, la malade pourra-t-elle faire de l'exercice ?
Certains médecins font du repos complet dans la posttion horizontale une des conditions les plus importantes de leur médication. Et pendant des mois, des années au besoin, ils défendent à leurs malades de poser le pied à terre. Cette pratique est déplorable, car elle détruit la santé de la patiente, sans avancer de beaucoup sa guérison.
Le repos dans la position horizontale sera nécessaire dans les moments d’acuité ou de sub-acuité de la maladie, après toute intervention chirurgicale, pendant Ja menstruation ou peu après et pendant quelques heures après chaque promenade. Mais, en dehors de ces circon-
stances, si les mouvements de la marche ne réveillent pas de douleur, ou ne provoquent qu'un léger malaise, on permettra de petites promenades sur un terrain doux et plat. Bref, on se guidera sur les sensations éprouvées par la malade, et l’on ne perdra pas de vue que l'exercice modéré, à l'air libre, est un puissant moyen de rétablir la santé générale. Qu'on veuille d’ailleurs se rappeler que les affections utérines guérissent aussi chez les femmes du peuple, qui n’ont pourtant pas le loisir de se coucher sur un canapé, pendant des mois et des années.
L'alimentation de la malade sera riche et réparatrice en raison de l'appauvrissement du sang et de laffaiblissement de la constitution qui accompagnent toujours les maladies chroniques de la matrice.
La cure, à Creuznach, des affections utérines, ne contre-indique nullement les moyens ordinaires que la thérapeutique met à notre disposition. L'emploi des eaux peut être regardé, dans certains cas, comme un simple adjuvant; dans d'autres, 1} constitue tout le traitement. |