HYPERTROPHIE TOTALE DE LA MAMELLE
Chez certaines femmes agées de 20 à 30 ans, on voit les mamelles prendre un développement considérable et qui n'est pas en rapport avec leur embonpoint. Huston a vu une mamelle qui avait plus d’un mètre de circonférence et qui pesait 8500 grammes. En général les deux seins sont pris simultanément, quand un seul est hypertrophié, c'est le plus souvent le gauche. L'augmentation de volume est habituellement lente et progressive, rarement elle est rapide. Anatomiquement cette affection est
constituée par une hypertrophie conjonctive envahissant d'abord le tissu conjonctif interlobulaire, puis les gaines périacineuses. La peau s’épaissit, le tissu cellulaire souscutané est lardacé, de même que la charpente fibreuse de la glande. Quelques fois l'élément glandulaire est conservé; d'autres fois il est comprimé, atrophié. L'écoulement menstruel est habituellement supprimé ; la maladie reste parfois stationnaire, mais si elle continue à progresser, la malade suecombe à des hémoptysies, de la toux, une émaciation extrême.
MYXÔME DU SEIN.
Les myxômes de la mamelle sont rares, ce sont des tumeurs absolument bénignes, qui ne contractent pas d'adhérence avec la peau et que le couteau isole aisément des tissus voisins. Les myxômes sont formés par du tissu muqueux, gélatiniforme développé dans le tissu conjonctif périacineux et interlobulaire.
FIBRÔME DU SEIN.
C'est une tumeur généralement petite, bien localisée, | d'une dureté pierreuse et sans adhérence bien marquée avec les tissus ambiants. Elle est constituée par une hypertrophie sinon de tous les éléments dela glande, au moins de quelques uns d’entre eux. Cette hypertrophie porte parfois sur les éléments glandulaires, c’est l’adénome, parfois sur les tissus cellulaires interlobulaires et périacineux, C'est le fibrôme. Il arrive que l'hypertrophie porte
à la fois sur l'élément glandulaire et le tissu conjonctif ambiant. D'autres fois elle imprime à la tumeur une physionomie spéciale en atteignant plus particulièrement ou l'élément glandulaire ou le tissu conjonctif périaeineux.
Ces diverses affections, auxquelles je joindrai encore certaines infiltrations scrofuleuses du tissu cellulaire sous-cutané, sont favorablement influencées par Les eaux de Creuznach. Mais quand il s’agit d'obtenir la résorption de tumeurs constituées par du tissu fibreux, on doit s'attendre à ne pas voir des effets immédiats. Creuznach ne fait pas de miracles. Ceux qui cherchent l'escamotage de leur maladie, doivent s'adresser ailleurs. Mais quand la malade aura passé plusieurs saisons dans cette localité, sa tumeur sera très notablement améliorée si elle n’est complètement guérie.
« La guérison, dit Prieger, se fait le plus souvent » par une résorption progressive des parties indurées et » tuméfiées. Il nous a été donné de guérir par un trai- . » tement, qui s'est parfois continué des années, des” » tumeurs qui ressemblaient à s'y méprendre à des » cancers, et dont l'extirpation avait été proposée par » d'illustres chirurgiens. Quelquefois ces tumeurs au lieu » de se résorber se guérissent par la fonte purulente et » se transforment en abcès de bonne nature. »
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