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LES MALADIES DE LA PEAU

Beaucoup de médecins considèrent les affections cutanées comme une altération purement locale, ne se rattachant en rien à l’état constitutionnel de celui qui les”

porte. Pour eux, l'éruptiou qui s'étale à la surface du tégument cutané n’est pas, à part la syphilis, l'expression d’une diathèse, elle ne se relie par aucun lien de parenté, d'origine ou de causalité aux autres maladies qui peuvent atteindre l'organisme. Une affection cutanée existe, per se, comme une fracture, elle n’est pas le produit d'un état morbide antérieur de l’économie. Telle est la doctrine de toute une école médicale. |

Cette doctrine, nous la répudions et nous nous plaçons dans les rangs de cette école qui regarde les maladies de la peau comme l'expression du tempérament et de la constitution du sujet. Nous admettons aussi dans la pathologie cutanée l'influence du climat, de la profession et des agents externes, qui peuvent dans certaines conditions sociales agir sur le tégument d’une façon défavorable.

Nous croyons que les affections cutanées se rattachent à trois grandes diathèses : l’herpétisme, la scrofule et la syphilis.

HERPÉTIS,

Les Grecs et les Latins connaissaient l'herpétis, mot dérivé de herpès et qui fut depuis remplacé dans le langage scientifique et populaire par un autre mot, celui de Dartre. L'individu atteint de la diathèse herpétique ou dartreuse présente une peau habituellement sèche, transpirant rarement ét qui est souvent le siège de démangeaisons, même en l'absence de toute lésion. La peau chez les dartreux présente une susceptibilité extrème. Il suffit d’un excès alcoolique, de l’ingestion de certains aliments tels que : charcuterie, homard, moules, fro-

mages, de l'application d’un emplâtre, de frictions stimulantes, de l'emploi d’un onguent pour provoquer l'apparition d’éruptions.

L'herpètis est une maladie générale, diathésique, héréditaire ou acquise, présentant des caractères constants pathognomoniques.

Elle se développe sur la peau et les muqueuses, mais la peau est son siège de prédilection. Elle s'y manifeste par des lésions distinctes les unes des autres. Ainsi 1l y a un herpès, un lichen, un prurigo, un rupia, un impétigo, un pityriasis herpétiques, mais l’eezéma et le psoriasis sont les formes les plus fréquentes de l’herpétis.

La diathèse herpétique dans ses manifestations cutanées revêt les caractères suivants : généralisation, symétrie, ténacité, recidivité, douleurs, fixité, unité de forme.

Les herpétides ont une tendance envahissante, elles se généralisent parfois sur toute la peau. Elles se développent symétriquement sur la partie droite et gauche du corps. Elles ont une longue durée et une tendance fatale à récidiver. Elles provoquent des douleurs et des démangeaisons parfois cruelles. Une fois que la diathèse herpétique se manifeste sous une forme, elle l’adopte définitivement, et réapparaît dans toutes ses récidives sous le même aspect. C'est là ce que Guibout appelle l'unité et la fixité de forme des herpétides.

La diathèse dartreuse ne se manifeste pas seulement sur [a peau, mais aussi sur les muqueuses, soit par extension des éruptions, soit d’une façon directe et spontanée.

Les dartres de la face peuvent se propager aux muqueuses buccale et oculaire.

Les dartres de la partie inférieure du corps peuvent

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envahir l’anus, le vagin, la vessie. Mais les muqueuses laryngée, pharyngienne, bronchique, gastrique et entérique peuvent être directement attaquées par la diathèse herpétique.

La marche des affections dartreuses est essentiellement chronique et la récidive de ces maladies est la règle. On les observe à tous les âges et dans tous les tempéraments. Mais les différentes formes de la maladie affectent des tempéraments spéciaux. Ainsi l’eczéma se montre chez les Iymphatiques, le lichen chez les sujets nerveux, le psoriasis chez les sanguins, le pityriasis chez les bilieux.

La diathèse herpétique se présente sous une forme grave et sous une forme légère. La dernière ne peut troubler la santé d’une façon sérieuse, mais la première peut amener un état cachectique et des dégénérescences organiques qui peuvent avoir une terminaison mortelle.

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