‹ Cri-Cri, ou, Le mitron de la rue de l'OursineChapitre 17 sur 26 · N A R ON · texte numérisé non relu

N A R ON

Si tu ne te dépêches , tu ne périras que de ma maia.

Madeleine.

Si tu tardes , je te ferai trépasser sous mes griffes.

Ali ça ! mes belles daines , dites-moi zun peu comment j'ai zété rendu digne de vos bonnes grâces. N a n o N.

Connois-tu le brasseur Dubuis ?

Oui.

Madeleine.

Connois-tu le teinturier Gobelin ?

Oui.

( A chaque demande , l'interlocutrice entraîne Cri-Cri de son côté , ce qui fait un jeu de scène. )

Connois-tu le Labyrinthe?

Oui.

9 Madeleine.

Connois-tu le jardin des Plantes ?

Oui.

L'allée des Bêtes à Cornes ?

Oui.

Madeleine.

La place de la Pitié ?

Oui.

Eh ben ! v'ià justement pourquoi...

Madeleine.

C'est ce qui fait...

Que je te vais arracher les faces, ( Cri-Cri doit avoir la tête tondue. J

Madeleine.

Que je te vais crever les veux.

Ça m' fera une jolie petite physionomie. Gn'y aura p\is qu'à m'envoyer zaux sourds et muets. Au moins , vous me direz pour queu sujet; car je ne sais pas ce que je puis avoir à débrouiller avec le Labyrinthe , les Bêtes à Cornes et la place de la Pitié. Je me mêle de faire le levain, de pétrir la pâte , chauffer le four , enfourner, défourner , porter -le pain aux pratiques , recevoir le pour-boire , et puis d'être votre serviteur. ( // veut sortir. )

N a n o n , le retenant.

Oh ! que nenni !

Madeleine.

Reste ici , ou je te mistifie.

Faut que tu nous signifies pourquoi ta maîtresse...

Madeleine.

Nous soulève nos deux objets.

Et quoi que c'est , vos deux objets ?

Dubuis.

Madeleine.

Gobelin.

C R I - C R i , se frottant les mains. Vous auriez des particularités avec Dubuis et Gobelin ? Ah. ça ! dtes-moi : vous ont-ils promis tous deux ?... N A n o N.

Foi de mariage sur leux parole.

Madeleine.

Et je voulons que ça se fasse.

C r r - C R i les prenant par-dessous le bras. Vous me tirez là une fière épine du pied.

Comment ! ce n'est donc pas toi qui....

Vous verrez ben que non.

Madeleine.

Eh ben ! je l'avons cru tout d'même.

Détaillez-moi zun peu les suites de c'te fréquentation , ça va m'soulager.

J'ai toujours incliné , entre chien et loup , pour la promenade du jardin des Plantes.

C'est la plus belle du quartier.

Folie-Grivois £. 27

Air : Jeunes Amans , cueillez des fleurs. T'nez, moi, sans faire ici le fin , Je pense absolument de même ; A me prom'npr dans c'biau jardin J'ai toujours un plaisir extrême.

On y voit tant d'arbres divers , Tant d'fleurs de diver.-e slructure, Qu'au jardin des Plant's l'univers Me semble peint en miniature.

Tant y a, qu'un soir j'y trouve Dubuis , il nie mène dans le Labyrinthe...; enfin , il m'avoit donné rendez-vous , le lendemain, sous les fenêtres de la "Pitié , pour me jurer zua amour impossible.

Air : Lorsque dans une tour obscure.

Tenez , la belle enfant , je pense Que Dubuis se moijiioit de vous; (.ar il avoit , en conscience , Bien mal choisi son rendez-vous.

Pour vous il n'a pas de tendresse , Moi , je vous le dis sans détour, Puisqu'on entend chanter sans cesse :

La pitié n'est pas de l'amour.

Madeleine.

Et le traître de Gobelin , qui me menoit, tous les jours , voir- la lionne , les dromadaires , les éléphans...

Je ne m'étonne pas qu'il vous menoit voir les éléphans, ce vilain linoféros-la.

Madeleine.

Un jour, au sortir de là , z'il me mène si bien qu'il

me promet le mariage, et que la veille il me donne rendezvous....

Dans l'allée des Bêtes à Cornes , je vois ça.

Madeleine.

Y m'y fait zescroquer le marmot pour en conter à la boulangère.

Etes-vous dans le cas de soutenir , en face de vos enjoleux, ce que vous dites là ?

Madeleine Sans doute.

Et de les couvrir, des pieds à la tête, de confusion ?

IN A N t.

Je t'en réponds.

Entiez au bon Puits; vous dénicherez quand je vous le

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dirai. Justement , en v'ià un qui vient. Allez vîte au poste, et ne bougez pas ( Elles entrent chez le marchand de vin. )

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