SCENE XXI
Les mêmes, NANON. N a n o n , à Dubuis.
( Suite de l'air. ) Anu.nt perfide !
Traître ! homicide ï Tu veux tromper une femme timide.
Qu'on se décide.
Mon coeur me guide :
Je vnis frapper , Te frippcr , T'écharper.
Madeleine, Nanon, très-vite.
Tu me disois , Quand tu me cour.tisois ,
Que je te séduisois , T'enchantois , te plaisois ; Quand tu me conduisois , Toujours tu t'amusoisj Dans ton cœur je lisois, Ingrat ! tu m'abusois.
Tu crois peut-être , etc.
C Elles sanglotent toutes deux. ) Dubuis.
Ah ! Dieu de Dieu ! quoiqu'all' a ?
Voyons, c'est-i' pour rire que tu pleures ? Dubuis, Gobelin.
Air : Je n' t'ai jamais vu comm' ça.
Je n'tai jamais vu comm' ca :
Finis tes larmes , J'te rends les armes.
Je n't'ai jamais vu comm' ça :
D'voir ces pleurs-là Ça m'attendrit déjà.
G O B E L ï N , à Madeleine.
Vrai, Madeleine, tu m'feiifls le cœur. Je n'y tiens pus , sois ma femme, et mets le passé zà l'oubli. Dubuis. à Nanon.
Vlà qu'est dit, Nanon: tu m'fléchis; je te saisis, et qu'il n'en soit pus question ; mais : dis-moi , qu'est qui t'a dit... Gobelin.
Ah ! oui : comment zavez-vous tappris que j'étions ici ?
Nanon, montrant Cri-Cri.
C'est-ce bon petit diable-là.
Dubuis, saisissant Cri-Cri.
Comment! c'est toi , Gringalet! Je va's te faire entendre de queu bois je me mouche.
Folie-Grivoise. 3i
G 'n'y a qu'à le mettre à tremper dans ma cuve,
Laisse ; il me manque un mouton pour brasser, je le pince; il fera fermenter le grain. ( // vu pour meure la main dessus.) G r i - C R i , se sauvant.
Sauve qui peut... Au secours! au secours ! laissez-moi me blanchir. Vous verrez qu'il n'y a pas de ma faute. ( // prend la pelle à Jour.