SCENE IX
Les mêmes, DUBUIS.
S'il me tombe sous la patte , je l'entre dans votre cave par la lucarne , et je Je mets en pièces.
Dubuis s'avancant.
Galoppe rincer les bouteilles ; v'ià la futaille : reste donc là , pour que je te contempe -, t'es si bien ! restes-y
GoBELIN se levant.
Divertissez donc monsieur ! y a foule.
Dubuis.
Quoique tu parlois, tout à l'heure, de me faire sauter dans la cave , colibri des Gobelins ?...
Mad. Lataille.
Ne lui échauffez pas les oreilles ; il le feroit comme il le dit. {A part. ) Tâchons de les mettre aux prises pour m'en débarrasser.
Dubuis.
Laissez donc, la petite mère , laissez donc : d'un revers, je lui déplume les abattis , qu'il ne fera plus, de sa vie , que des zèdes en marchant.
Folie-Grivoise. i5
Mad. L A T A I L L E.
Un poltron ! mais le voisin est brave.
Dubuis.
Comme une épée sans lame , pas vrai, Poulet ?
Débarrasse la voie publique : ou rougiroit de répondre à un mauvais sujet comme toi.
Mauvais sujet !.... ( S' approchant de lui. ) Ne me taquine pas , ou je te détache une apostrophe sur la silouette , que tu porteras les yeux en gibelotte le reste de la décade.
M ad. La taille.
Allons donc , M. Dubuis , songez donc que vous êtes avec une femme...
Et que madame n'a que faire d'entendre tes sottises.
Des sotlises ! attends que j'entreprenne ton panégirique... T'ne addition He 7éros , ça sera le compte juste. Quoique ca , Macl. I.ataille, je suis dans la misîifieation du paquet que j'ai lâché ; mais c'est que je suis piqué zau vif , quand je vois une femme , que je fréquente honnêtement 3 diviser , devant les passans , avec le premier venu.
Med Lataille.
Ah ça ! je suis la maîtresse...
Dubuis.
D'ailleurs , -e vous aime , et ce vilain bois d'Inde n'en peut pas dire autant.
Non ? Je brûle d'un feu plus terrible que si j'avois le soleil sur le dos.
Dubuis.
I h ben ! quand le dindon sera cuit d'un côté» tu le retourneras de l'autre. ( A Mad. Lataille. ) Au surplus, il n'v a qu'un mot qui serve.
Air de Catinat.
Ou je vous conviens , ou je ne vous conviens pa3 \ Et, si je vous conviens, il ne vous convient pas; Si c'est lui qui convient, moi qui ne conviens pas, J'conviens qu' d'vous convenir l'espoir n'me convient pai.
Ainsi , choisissez lui zou moi, et qu'ça se fasse vite , ou j'vous lâche d'un cran.
M ad. L a t A r l l e.
Et , si je préfère Gobelin , vous n'y trouverez pas à redire ?
Pour le moment ; mais, après la noce, gare les gnôles : une dégelée pour le chat-huant , c'est sûr. Gobelin.
Le joli faisan !
T'nez , je vous le dis , la mère : épousez-moi , vous b'vous en repentirez pas.
Air du vaudeville de U Qpèra-Comique* Vous connoîtrez ce que je vaux, Jeune et gentille boulangère:
Je partagerai vos travaux Quand vous serez ma ménagère.
Le travail ne sera qu*un jeu , Pourvu que mon aide vous plaise :
Cfaargez-vous d'allumer le feu , J'élouii rai la braise.
Vous voyez heu qu'avec, moi , y aura toujours a gagner ; mais avec toi rien : tu resteras toujours dans la teinture, et tu n'en seras pas moins laid.
Gobelin. C'est ça que t'est si beau ; t'as un fier genre !
Quoi donc ! est-ce que je n'ai pas le genre mousseux?
Gobelin.
Surtout quand tu faisois tes gieiies avant-hier au théâtre du Lycée de la rue Bordel.
A propos de ça , seriez-vous., madame , sensible à un billet ? Nous y jouons quiutidi au bénéfice d'un ai liste de la rue du Chat qui Pèche , qui a éprouve des malheurs , Misantropie zet Repentir* C'est moi qui joue le Misantiope , et qu'occu...pe la scène pendant tout le tenis.
M ad. Lataille.
Y aura-t-il société nombreuse ?
Folie Grivoise. 17
Et brillante , je m'en flatte ! Les entrées de faveur sont supprimées. Je vous ai procuré l'entreprise des petits pains. C'est le cocotier du port aux Tuiles qui fournit la partie des boissons et des rafraichissemens ; Cri-Cri s'entendra avec lui.
J'y conduirai madame.
Je te le défends.
Mad. Lataille.
Permettez donc : il me faut un cavalier aimable , et je retiens monsieur.
Si c'est lui qui vous plaît, gn'y a qu'à le dire... — Au bonheur...