Cri suprème appel aux honnètes gens
De nombreuses années se sont écoulées depuis que je travaille avec un dévoüment surhumain à la sainte cause de la régénération sociale.
La misère, l’affreuse misère qui n’a pas cessé de me poursuivre un seul instant, m'a enlevé la plus grande parlie de mes moyens d’action. —
Le monstre horrible, la civilisation, n’existerait pins depuis longtemps, si au lieu de recevoir de très rares aumônes, le monde avait voulu meconstituer le moindre minimum.
J’étais en droit de l’attendre, et jel’ai attendu en vain ! J’étais en droit de le demander et je l’ai demandé en vain ! Me voyant pauvi e, sans chercher la cause de cette pauvreté, tous m’ont fui comme un lépreux. Mais dans ma détresse j ai quelquefois pu trouver un sourire pour flétrir tant de lâcheté.
Inébranlable, non seulement je n’ai pas renie un seul instant mon maître,ali ! loin de là,-partout, même au péril de ma vie, j’ai proclamé la sainteté de sa LOI.
Aujourd’hui encore, pliis confiant en Dieu que jamais, je me lève pour en finir. — Dans ce moment supiême j’implore à grands cris la protection et le concours de tous les gens de bien.
J. Journet.
frjèltüdus»
Nations infortunées, vous touchez à la grande métamorphose qui semblait s’annoncer par une commotion universelle.
C’est vraiment aujourd’hui que le présent est gros de l’avenir, et que l’excès des souffrances doit amener la crise du salut. A voir la continuité et l’énormité des secousses politiques, on dirait que la nature fait effort pour secouer un fardeau qui l’oppresse. Les guerres, Jes révolutions embrassent incessamment tous les points du globe; les orages, à peine conjurés, renaissent de leurs cëndres, de même que les têtes del’bydre se multipliaient en tombant sous les coups d’Hercule. La paix n’est qu'un leurre, qu’un songe de quel-
ques instants; l’industrie est devenue le supplice des peuples, depuis qu’une île de pirates entrave les communications, décourage les cultures des deux continents, et transforme les ateliers en pépinières de • mendiants. L'ambition coloniale a fait naître un nouveau volcan ; l'implacable fureur des nègres changerait bientôt l'Amérique en un vaste ossuaire, et vengerait, par le supplice des conquérants, les races indigènes qu’ils ont anéanties.
L’esprit mercantile a ouvert de nouvelles routes au crime ; à chaque guerre il étend les déchirements siir les deux hémisphères, et porte jusqu’au sein dés régions sauvages les scandales de la cupidité civilisée; nos vaisseaux n’embrassent le monde entier que pour associer les barbares et sauvages à nos vices et à nos fureurs. Oui, la civilisation devient plus odieuse aux approches de sa chute la terre n’offre plus qu’un affreux chaos politique; elle appelle' le bras d'un autre Hercule pour la purger des .monstruosités sociales qui la déshonorent . ;.
Eh ! fut-il jamais Un instant pins favorable pour rappeler les civilisés a la honte d’eux-mêmes èt de leurs sciences philosophiques? Fût-il jamais de génération plus inepte en politique que celle' qui a fait égorger trois millions de jeunes gêns pour, revenir aux préjugés dont elle voulait S’af- • franchir ! les siècles précédents étaient bien plus excusables dans leurs fureurs ; c’était l’avidité, le fanatisme qui se montraient à découvert, c'était la passion toute nue qui causait les guerres ; mais aujourd’hui c’est pour l’honneur de la RAISON qu’on surpasse tous les màssacres ! dont l'histoire ait transmis les souvenirs; c’est pour la douce égalité ’ la tendre fraternité , qu’on immole trois -millions'de Victimes !
après quoi la civilisation , lasse de carnago et honteuse de sa propre ineptie, nè voit d’autre moyen de repos que de rétablir humblement les préjugés qu’elle avait bannis, et d’appeler a son secours les coutumes que la philosophie accuse de déraison.
Voilà les trophées politiques de là géné-
ration présente : après cela, quel homme ne doit pas rougir d’être civilisé et d’avoir ajouté foi aux charlataneries politiques et morales? Quel siècle doit être plus disposé à considérer nos lumières sociales commo d'épaisses ténèbres, à soupçonner l’existence de quelque science plus certaine qui aura pu échapper juëqu’à ce jour aux recherches du genre humain? Oui, cette science du bonheur social que vous avez manqué, n’est autre que la théorie de l’attraction passionnée ; le mécanisme de l’attraction est un problème que Dieu donne à résoudre à tous les globes, et leurs habitants ne peuvent passëraubonheur qu’après l’avoir expliqué..
Peuples, vos pressentiments vont se réaliser; respirez et oubliez vos antiques malheurs ; livrez-vous à l’allégresse, puisqu’une invention fortunée vous apporte ^ enfin la boussole sociale , que vous auriez mille fois découverte si vous n’étiez pas tous pétris d’impiété, tous coupables de défiance envers la Providence. Apprenez
(et je ne saurais trop le répéter) qu’elle a dû avant tout statuer sur l’ordonnance du mécanisme social, puisque c’est la plus noble branche du mouvement universel dont la direction appartient tout entière à Dieu seul.
Au lien de reconnaître cette vérité , au lieu de vous appliquer à rechercher quelles peuvent être les vues de Dièu sur l’ordre social et par quelle voie il peut nous les révéler; vous avez écarté toute thèse qui eût admis l’intervention de Dieu dans les relations humaines; vous avez avili, diffamé l’attraction passionnée, interprète éternèf de ses décrets; vous vous êtes confiés à la discrétion des philosophes qui véulent ravaler la divinité au-dessous d’eux, en s’arrogeant la plus haute fonction, en s’établissant régulateurs du mouvement social. Pour les couvrir de honte. Dieu a permis que l’humanité, sous leurs auspices, se baignât dans le sang pendant vingttrois siècles scientifiques, et qu’elle'épuisât la carrière des misères, des inepties et
probre de ccs Titans modernes, Dieu a voulu qu’ils, fussent abattus par un inventeur étranger aux sciences, et qüè la théorie du mouvement Universel échut ën partage à un homme presque illiteré ('[).' C’est un sergent de boutique qui va confondre ces bibliothèques politiques et morales, fruit honteux des charlataneries antiques et modernes. Éh! ce n’est pas la première fois que Dieu se sert de l’humble pour abaisser.le superbe, et qu’il fait choix de l'homme le plus obscur pour apporter au monde le plus important message.
Fodrier.
(Théorie des quatre mouvements, p. 149, 50, 51,52.)
(1) Illitéré sic.
Aux Phalanslériens.
.. ürbietorbî.
Souvenez-vous qu’on est invincible quand on combat pour le saint de la familière bon- ' heur âel’humanité el la gloire de Dien.
Poor harmoniser la terre,
Que’ ma langue soit d'airain. '
Frères,
. Il y a un demi-siècle, la France.ce saint pays qui à des entrailles pour toutes les souffrances, du sang à répandre contre toutes les oppressions ; la France se déballait dans des convulsions qui ébranlèrent le inonde !
Deux hideuxfanlômes, l’oppression et i’anarebie, que dans sa naïve couflancé elle avait pris pour deux génies tutélaires, l’ordre et la liberté, avaient divisé ses malheureux enfants. Des milliers de victimes humaines tombèrent sacrifiées, et le sang deshommes coula par torrents, nônseulement sur son propre sein, mais encore sur l’Europe entière et presque sur tous les continents!
Au spectacle de ce nouveau fanatisme, qui
n’aurait pas étc en droit de désespérer de l’avenir de l’humanité?
Au moment le plus effrayant de la lutte, alors que de tontes parts les enfants les plus forts de celte époque héroïque, se laissaient fasciner par d’antiques préjugés, quilespoussaienl au meurtre, qui les poussaient à la mort, un jeune homme, un commis marchand, fécondait dans sa tête et son cœur les germes de fraternité, d’unité, de félicité universelle.
l’accomplissement de son œuvre, avec la foi des apôtres, avec l’enthousiasme des prophètes, avec le courage des martyrs! foulant du pied une boue ensanglantée, le front levé vers les cieux, il découvrait les lois providentielles qui doivent cimenter dans l’unité, l’ordre par la liberté; dans la variété, la liberté par le bonheur.
Pour réaliser celle œuvre immense, il descendit par l’analyse dans les profondeurs de l’infiniment petit, et s’éleva parla synthèse dans les sphères de l’infinimcnt grand, alin d’y saisir le plan de Dieu,-ce plan sublime qui, au nom de l’unité de système, proclamé de tout temps par les plus forts esprits, doit se refléter dans la destinée sociale du genre humain.
Aucun obstacle ne fut assez, puissant pour arrêter le cours de mille découvertes miraculeuses réalisées dans ce nouveau domaine scienliflque.
vierge encore de toute exploration ! mais tant de travaux accomplis avec tant de bonheur et tant d’audace, tournèrent-ils à la ; gloire de leur auteur? Non, le dédain, le mépris, le dénigrement, accueillirent celui qui bientôt aura des autels dans tous les cœurs, et des temples dans toutes les communes de tous les continents!
Foncier fut dévoré par la misère, et par le désespoir.
Cependant durant le cours de celle existence si laborieuse et si méconnue, un homme de bien prit en haute considération une découverte où se déroulait tant de poésie scientifique, tant de science poétique; et la vérité dès lors put compter sur le concours d’un ferme champion! Plus lard, un. groupe petit par le nombre, mais grand par le dévoûmenl, vint soutenir une lutte toujours inégale. — Plus tard, encore ce groupe s’élargit malgré de nombreux obstacles, et l’école phalanstérienne fut constituée enfln après un laborieux enfantement.
Qui se souviendra de l’étendue de ses sacrifices, qui comprendra la persévérance de scs efforts ? Chose étrange en apparence, mais que nous retrouvons partout, hélas! dans on passé qui fut toujours le bourreau de ses bienfaiteurs. Les hommes qui vulgarisaient dans le monde les lois définitives de l’harmonie universelle, onlélé pour tous, et sont peut-être encore pour beaucoup en proie aux sarcasmes du ridicule. Mais
le genre humain était là haletant, égaré, mourant, il fallait le sauver, le sauver malgré lui.
Il est vraii que les ouvrages du maître fou- droyaient par leur éclat les faibles qui portaient un œil profane sur des pages dictées par l’esprit saint. 11 fallait donc constituer l’échelle des initiations, il fallait descendre, descendre toujours et mettre les mystères scientifiques à la portée de tous. ' "
Les premiers disciples, commele maître,comme tous ceux qui se sont occupés de propagation, onlméconnu l’étendue des infirmités intellectuelles de notre race abâtardie ! En effet, comment comprendre que ceux-là mêmes, qiii vouent de nombreuses années à l’étude de sciences plus ou moins importantes, comme la physique, la chimie, les mathématiques, été..., qui sacrifient de plus nombreuses anncesehcore à d’aulressciences pltîs ou moins ridicules, comme la philosophie, la morale, la psycologie, la théologie, comment comprendre, dis-je, que ces hommes ne daigneraient pas consacrer quelques mois, quelques jours, quelques instants, à l’appréciation d’une découverte iqui décuplé la fortune,' ireniùpie les chances de santé et centuple enfin les éléments dë bonheur.
Celte injustice devait-elle nous décourager?fallait-il abandonner à sa malheureuse destinée une génération maudite ? — Non, certes, il fallait lutter, lutter partout et toujours, il fallait
chercher parmi la multitude pour se les assimiler ces quelques Ames d’élite, que Dieu n’oublie jamais de tenir en réserve, afin qu’elles puissent concourir aux grands avènements. Il fallait combiner son plan de victoire, s’entourer de tous les ouvrages du maître et des disciples, vulgariser la science par de nouveaux et nombreux opuscules; en inonder les campagnes, les villages, les villes, et déterminer au sein des populations un jugement impartial, qui sera notre triomphe, qui sera le triomphe du génie du bien sur le génie du mal.
Le grand mouvement d’élaboration opéré par une poignée d’individus, a exigé toutes sortes de sacrifices, afin de soutenir valeureusement ce drapeau regénérateur qui doit bientôt guider l’humanité entière vers la terre promise, vers l’association universelle! mais que serait-il advenu si le plus grand nombre de ceux qui.aujourd'hui se parentorgueilleusemeni dans l’ombre du beau titre de phalanslérien, n’avaient pas en quelque sorte, par leur indifférence, déserté la sainte cause du progrès, en laissant à leurs frères toute la charge d’un glorieux dévodment. Mais grâce à ce dévofiment même, nous voyons à tout instant grandir notre influence avec le nombre de nos adhérents; le moment suprême du triomphe approche. — Soldats de Dieu, protecteurs des infortunés, enfants de
l’harmonie, courage ! courage ! à vos rangs. — Car, je vous le dis en vérité, en vérité, les temps sont proches.
A toutes les époques, chez toutes les nations, quand un rayon de la loi divine a brillé, au même instant des êtres prédestinés se sont consacrés avec enthousiasme, aux dépens de leurs fortunes, aux dépens de leur considération mondaine, aux dépensée leur existence, à répandre la bonne nouvelle, — et nous, qu’avonsnous fait,? avons-nous' tous accompli le devoir saint? avons-nous perdu un seul cheveu dans une lutte qui aurait d£ faire l’admiration des siècles futurs? — Souvenons-nous des apôtres, — souvenons-nous des prophètes, — souvenons-nous des martyrs ; — mais, est-ce donc à celle heure, un simple rayon qui nous éclaire? frères, c’est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. C’est la LOI, c’est le soleil de la vie qui s’est levé pour illuminer l’intelligence,' et fondre le cœur des faibles et des pervers.
El pour faire éclore l’ère de fraternité et d’harmonie, que faut-il? Ce n'est pas le sacrilice des existences, des positions sociales, des fortunes qui est nécessaire, ce qu’il faut seulement, c’est de s’avouer sans crainte le partisan de la vérité, en face d’une tourbe de civilisés hypocrites. Quelle conliance vuulez-vous qu’inspire à une génération septique des croyants qui témoignent 6i peu de leur dévoû-
ment, de leur foi 1 Quel progrès voulez-vous que fasse une cause quelle sublime qu’elle soir, entre les mains de disciples qui boivent, qui mangent, qui : dorment des sis mois entiers, sans tenter le moindre effort, sans oser le moindre sacrifice?
Mais à quoi donc vous sert la science dont vous êtes si fiers et qui vous trouvé si faibles? connaissez-vous la distance qui vous sépare de ces civilisésque vous dites si corrompus P’Le.civilîsé, il est vrai, voit sans pitié sessemblables aux prises avec toutes sortes d'afflictions, débordés par toutes espèces d’infamies, il lès voit d’un œil sec, bien mieux il en vit, et ne croyant pas à la possibilité d’un remède, il joue au sauve qui peut. — Mais vous, vousen présence de vos frères terrassés par tant d'infortunes, vous qui connaissez le remède qui doit les guérir, vous avez le honteux courage de vivre aux dépens de tant de douleurs? vous restez endormis, abrutis, en face des devoirs pieux qui vous sonlimposés par la justice,. et dont l’accomplissement vous comblerait de gloire et de fortune. — J’ignore le jugement que feront peser sur vous les échappés du bagne social, mais ce jugement je le redoute, si vous ne vous hâtez de rentrer dans votre cœur pour y puiser de nouveaux les sentiments d’équité et d'amour, qui doivent animer toule âme généreuse en présence de. ses
Ayons toujours sous les yeux, frères, le spectacle de tant d'infortunes que nous pouvons instantanément guérir, et sortons par un sublimé effort de cette civilisation immonde, où des êtres faits à notre image, expient le crime de notre indifférence! ayons, toujours présent à nos coeurs, les bienfaits immenses que va répandre la loi d’association intégrale; représentons-nous la reconnaissance des populations transfigurées; la joie des vieillards, le transport des enfants, le délire des femmes. Représentons-nous le globe tout entier passant de l’étal de subversion au régime d’harmonie, de l’enfer au paradis, oui, embrassons du regard cet avenir que nous pouvons instantanément évoquer, et ce tableau accroîtra nos forces en ennoblissant nos âmes. Fils aînés de l'harmonie, courage! courage! — L’abandon des devoirs sacrés que la providence nous a imposé, ne serait pas seulement une lâcheté, mais Un fratricide universel. Souvenezvous qu’ii est plus doux d’obéir.à Dieu, que d’être agréable aux hommes !
Alors que nous connaissons toute l'iniquité des lois distributives qui pèsent sur les nations ; alors que beaucoup,des nôtres peuvent être rangés parmi les privilégiés du siècle; alors que nous savons comment sortir du cahos ; alors que 'notre maître n’a attendu qu’un homme pour
réaliser la loi, alors que nous sommes peut-êire plus de trente mille disposés à nous dévouer chacun scion ses moyens; quand par une démarche solennelle nous pouvons déterminer les rois, les riches et les puissants à nous venir en aide; quand nous.pouvons exciter chez les populations l’enivrement général, qui seul peut enlever le succès ; quand tous ceux qui de loin ou de près auront lait acte de bonne volonté, peuvent par-là seul'acquérir une gloire, immense ; quand il y v,a du salut et de la félicité du genre humain, insoucieux cl sans cœur, a ttendrons nous encore? Hais la misère, mais la mort n’attendent pas; la voix lugubre des esclaves, des prisonniers, des suppliciés n’a-t-ellé pas troublé vos heures de recueillement.. Des fantèines désolés et innombrables ne vous ont-ils jamais éveillés la nuit en vous criant miséricorde! Trente mille victimes humaines succombent journellement sur le globe; ce meurtre se perpétuera-t-il faute d’un peu dé cœur. Allons que chaéun se dévoué, et nous sauverons l’bumanité en nous sauvant nous-mêmes.
Devoirs, sacrifices, qu’en est-il besoin si nous comprenons la loi découverte par Fourier; s nous sommes assurés des bienfaits qu’elle.va répandre, ne sommes-nous pas certain» d^êire remboursés au centuple, au milluple. de ccs prétendus sacrifices? est-ce que l'humanité ré-
générée ne cherchera pas avec sollicitude la trace dé tous nos efforts, et craignez-vous qu’elle marchande le prix de nos labeurs? quand bien même la loi que nous sommes à la veille d’appliquer, ne viendrait à produire que la millième partie desbienfaits que nous en attendons, le nom de ceux qui l’aùrontproclamée n'en est pas moins destiné à être béni par les générations. Une fois, une seule fois représentez-vous doncune humanitérégèriéféeet reconnaissante.
Le besoin de reconnaissance est si inhérent à la nature humaine, que, lorsque pour l’exercer lés occasions manquent, elle en fait naître de tout ou plutôt de rien ! Voyez les assentiments, les acclamations qu’excitent les monarque^ quels qu’ils soient d’ailleurs. Voyez le triomphe dè mille et un saltimbanques dans lès arts, dansles sciences, dans la politique ; adin ! rèzla déification de tant de conquérants dévastateurs . admirez un 'O’Conell, il se fait applaudir depuis bientôt trente années par un peuplé enfant qu’il tient èn échec au nom d’uné grande mystification.
Quels triomphes sont donc réservés à cèux qui auront nourri dé leur intelligence et arrosé de leurs sueurs l’arbre de l’unité universelle!' Mais aussi'quel malheur pour le monde, quel tache pour la France, quelle honte pour nous , Binons retardons plus longtemps par notre lôchelé l’avénement des destinées hcurcuÿs ; car
je vous le crie, je vous le crie, au nom.de la sagesse de Dieu, plus la loi est belle, plus est facile son application. — Noire maître a attendu toutesa vie un homme, le candidat. El nous qui pouvons compter sur tant de nobles coeurs, resterons-nous immobiles? En marche. portons de l’enfer social. Nous sommes cent fois plus riches, plus nombreux, plus puissants, qu’j! ne faut pour prendre une glorieuse initialivp. Le monde entier, transporté d’allégresse, noussuivra quand nous aurons le courage,de notre fqi et la conscience de; la charité que, demande no 7 ire mission. Ayons toujours présent devant nous la surprise, la joie, le délire de toutes ces créatures malheureuses; conviées tout à coup aux délices de l’association harmonienne.
• Et vous, infortunés, qui pour prix.d’un rude labeur, ne ramassez, que des privations, et ; np recevez qu’une nourritureinsalubre et sordide, vous recueillerez bientôt, pour, prix d'un doux travail, des aliments sains et délicats. .
- Et vous, infortunés , qui croupissez, entassés dans des taudis pestilentiels, qui n’êtes courverts que de haillons:abjects, vous abriterez bientôt vos têtes sous.le.toit splendide.du palais sociétaire! Vous aurez des babils amples et sjm-, pies aux heures du travail, élégants,,gracieux, magnifiques aux heures des parades industrielles et des solennités; vous régnerez en,paix sur des jardins en fleurs et de vertes prairies ; au
centre de riches vergers, de bois odorants vos corps et vos esprits s’épanouiront devant Dieu, vous jetterez un regard satisfait sur vos domainés, car ce seront vos domaines à tous ; il faut aux fils du seigneur un séjour digne de sa générosité, et celte munificence ne l’appauvrit jamais; au contraire, toujours et toujours elle le rend plus' riche de toute la fortune des sesenfants.
En ce temps là, il n’y aura plus mille croyances diverses pour lesquelles tant de sang a été versé ; il y aura un culte qui sera le travail, il y aura un dogme qui sera la science, il y aurala religion une qui sera la religion deDieuqui est un.
En ce temps là, les enfants beaux de santé et d’intelligence respireront un air embaumé, et s’ébattront aux rayons d’un soleil vivifiant.
En ce temps là, les grâces et les charmes des vierges ne pourront être comparées qu’à la pureté et à la sainteté de leur âme.
En ce temps là, le vieillard vénéré offrira son expérience à l’enfance qui l’acceptera avec bonheur; sa sagesse à la société qui l’utilisera avec gratitude, sa reconnaissance à Dieu qui l’accueillera avec bonté. .
Et c’est vous, prolétaires, vous aujourd hui exposés à mourir de faim, c’est vous qui jouirez de ces prodiges.
Et c’est vous, filles de douleur, qui cherchez votre pain dans la boue des ruisseaux, qui vous exposez demi-nues à l’injure des éléments pour
qui leur pardonnerez, pour jouir avec eus de
Et vous, esclaves, qui sembliez à tout jamais voués par vos semblables à des travaux execrablés, c’est vous qui pardonnerez à vos freres pour jouir avec eus de ces prodiges.
Homme de tous les rangs, de toutes les couleurs, de tous les continents, de toutes Icssub-, versions, de toutes les infortunes, jevousleds,
oui en vérité je vous le dis, l'epreuve est terminée, la lumière a vaincu les ténèbres ;denom-
lireus élus vont proclamer a la face de la terre, à la face du ciel, que nous sommes frepes de par Dieu ; et que les lois d’harmonie, de liberté, d’ordre, d solidarité, d’unité universelle que le seigneur offre éternellement aux humanités éternelles, sont découvertes, cl quelles vont être promulguées!
Dieu soit béni !
Aux Ouvriers,
Ouvriers, mes frères, pauvres enfans.d’Abel, opprimés par les fils de Caïn, parias qui supportez depuis six mille ans, dans l’abjection, le fardeau dé toutes les oppressions et de toutes les misères, si vous pouviez savoir combien vous allez être dédommagés de toutes vos infortunes; vous lèveriez la tête au ciel avec transport} et vous remercieriez Dieu du grand miracle qui vient de s’accomplir, de ce miracle qui doit vous sauvér, et vous payer enfin la dette de vos longues douleurs ! Mais vous ne savez pas, vous nè pouvez pas savoir; de tous temps, d’impitoyâbles privilégiés vous ont crevé les yeux de l'intelligence, afin que Samsons mutilés et soumis vous tournassiez sans trêve et sans miséricorde la meule où se broyenl les blés précieux réser-
vésàeux seuls. Travailleurs, ne vous arrêtez pas un'instant; un seul instant, car vos exploiteurs manqueraient-peut-être de velours , de cristaux, de vins liquoreux, de mets succulents! Hâtez vous; épuisez , vos forces, afin de succomber: plutôt; rongés parla fain, en proie au dénuement; expirants, pour ainsi dire, sans pouvoir y toucher, à côté du .produit de vos la— heurs, de ces produits qui font la richesse et le bien-être de vos bourreaux.
Enti;e temps, la grande voix du désert, cette voix que vous ne pouvez entendre, cette voix qui vient vous délivrer, celle voix vous appelle, depuis un demi siècle, mais en vain.— Cependant elle devient plus distincte et plus forte, et toujours elle grandit ! Et déjà elle ébranle les plaines et les montagnes, les palais et les chaumières, les villes et les campagnes; mais,, fatalité t — Elle n’est pas arrivée au cœur de ceux d’entre vous que la providence avait choir sis, et qui, les premiers, auraient dû l’entendre, et, comme son écho, faire retentir ce cri ! délivrance, délivrance, résurrection sociale !
Sourds à celle voix, beaucoup d’entrè vos frèrès d’infortune, ceux que le génie de l’inspiration avait visités, et que Dieu semblait avoir désignés pour être vos sentinelles d’avant-garde, vos anges protecteurs, de poètes ouvriers qu’ils devaient être, se sont faits rimailleurs!—L’esprit de l’erreur les a châtrés en les fascinant; les
faux savants leur ont souri; — et ils ont perdu là raison et ils ont fraternisé avec vos implacablés ennemis ; et ils ont communié aven les versificateurs académiques,—eux que l’Esprit-Saint avait choisi pour chanter la bonne nouvelle U! •
• Déserteurs de la grande cause, ils sont passés dans le camp de vos oppresseurs (11, les marchands d’odes et de ballades les ont appelés frères, et leur intelligence s’est pervertie, et ils ont mis leur génie èt leur cœur à l’enchère ; à tant la strophe, comme font les académiciens, à tant la page, comme font les publicistes, à tant la période comme font les rhéteurs, à tant l’opinion, comme font les politiques, à tant l’injure, comme font les journalistes, à tant le mensonge, comme font les économistes, et les nouveaux affranchis ont trahi leurs frères d'esclavage ! Mais la voix du désert grandissant toujours, les nations se sont émues, notre globe a entendu ces mots magiques et régénérateurs qui semblent tomber du ciel. JUSTICE DISTRIBUTIVE, AT¬ TRACTION INDUSTRIELLE; ASSOCIATION DE LA FORCE, DE L’INTELLIGENCE DE LA RICHESSE, ORGANISATION DU TRAVAIL; et l'humanité a tressailli d'espérance, de joie et d’amour, et Dieu s’est révélé, et la foi scicnlifique csl descendue parmi nous.
La loi ne peut plus être exploitée par l’impos-
(IJ Voir la
iure. Frères, frères infortunés, réjouissez-vous, cette loi de solidarité est proclamée, le jour de Û justice va naître. -L’instant de votre émanation va sonner;- confiants comme ceux qui ont le nombre et le droit calmes comme «eux qui ont la conscience de leur force, freres, attendez l’heure de résurrection. Soyez justes, narce que vous êtes forts, et que Dieu vous a bcnf. Pauvres, pauvres ouvriers, rejouissezvous! Réjouisscz-voiis enfin !