SCÈNE II
les mêmes, CRICRI, Mme JORDONNE.
chauchaud , allant au-devant de Cricri.
Nous parlions de vous avec éloge.
CRICRI
J'ai dormi cette nuit, mes douze heures d'horloge ; C'est peut-être un peu long, mais hier aux Français, J'ai senti sur mes yeux , s'étendre un voile épais ; Prince et valets entr' eux, parlaient de leurs affaires; Et si je m'amusais, je ne m'amusais guères.
CHAUDCHAUD.
Pourtant on dit du bien du talent de l'auteur.
CRICRI
Il marche avec le siècle , il est h la hauteur; Son ouvrage long-temps vivra dans la mémoire.
CHAUDCHAUD.
La pièce est historique?. . .
CRICRI
Ah ! c'est une autre histoire.
pleureuse.
Les acteurs ont, dit-on, un charme sans égal?
CRICRI
j'ai cru voir Frédéric et madame Dorval.
CHAUDCHAUD.
On dit que là duchesse, ornement de la scène,
Des charmes de Thalie a paré Melpomène;
Que de sou jeune amant, si la noble chaleur,
Touche l'âme et l'émeut, c'est qu'elle part du cœur. . .
Et comment sont les vers ?
CRICRI
On les a faits en prose.
CHAUDCHAUD.
C'est donc un mélodrame, alors?
CRICRI
Pas autre chose.
CHAUDCHAUD.
Ecoutez , cher bourgeois , les conseils ô"un mitron : Avec peine , je vois débiner la maison. . . Pendant que vous courez les cafés , le spectacle, Gueusard ne s'endort pas , je crains une débâcle. Plus de gants beurre frais , de chaîne , de lorgnon , Soyez homme , Cricri, reprenez le jupon; Parlez ! pour enfoncer Gueusard et sa machine , Vous nous verrez , ici , blanchir sous la farine! . . . La bamboche eut son temps, que la pâte ait son tour, Rallumez tous les feux , et mettez-vous au four.
( On entend un grand tapage. )