‹ Cricri et ses mitronsChapitre 28 sur 29 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LA LORRAINE, évanouie, GUEUSARD.

( II est suivi de six hommes mal vêtus , avec des figures ignobles , et arme's de gros gourdins. )

GUEUSARD

Oui , tu la descendras ! . . .

LA LORRAINE

Non, traître, il est sauve,

GUEUSARD

De ces lieux , Pintrigant s'est en vain esquivé; Nous le repêcherons. . . il fera la culbute. . .

( U fait signe à ses gens qui sortent sur l'Air : On va lui percer le flanc. ) Il fallait lui donner , Madame , un parachute ! ( A la fenêtre.)

La ficelle est trop courte! ... et ne va qu'au second. . , Qu'il tombe, en se faisant mille bosses au front, C'est une indemnité. . .

LA LORRAINE

Vous n'êtes qu'une bête, Ça ne t'ôlera pas les tiennes de la tête ; tecourez-le plutôt. . .

GUEUSARD

Qui, moi! dans ce moment, Faire la courte e'chelle, à Monsieur votre amant. . . Qu'il crève en l'air , s'il veut. . . Tiens le voir, scélérate , Il semble un hanneton suspendu par la patte; Tu croiras voir au Cirque , un voltigeur nouveau.

( Avec amertume.) Viens , tu n'as jamais vu monsieur Diavolo ! . . .

( 77 la traîne à la fenêtre.) la LORRAINE, regardant, II est sauvé ! . . ,

( 58 k GUEUSARD , prenant sa place.

Vraiment , que dis-tu ? tn m'attristes . . . Mais non , il est tombé, [ aruii mes bûtonistes ! . . .

( On entend dans la coulisse le bruit d'un combat à coups de bâton. )

LA LORRAINE

Que ne Pattaquais-tu, lâche! par un cartel?

GUETJSARD.

Je craignais le projet de Loi contre le duel.

( A la fenêtre.) Ça va-t-il , mes enfans ?

LA LORRAINE

Quel animal féroce !

GUEUSARD

Est-il vaincu , Popol ?

POPOL, en dehors , comme s1 il était en bas. D'importance on le rosse !

GUEUSARD

C'est bien , allez toujours ! . . .

LA LORRAINE

II rit, le scélérat!

GUEUSARD

Elle bisque , tant mieux !

LA LORRAINE

Tyran peu délicat !

gueusard , tragiquement*

Comme Léonidas, auprès des Thcrmopyles, Votre amant, pour l'instant, eu reçoit quelques pil

(A la fencire.)

Popol! est-ce fini?

POPOL , en dehors.

Non, Monsieur >r.

( 5vj )

GUEUSARD

Ali ça! vous dormez donc!. . . Frappez un peu plus fort.

POPOL, en dehors.

Il appelle la garde. . .

En vain il la reclame!

Avec ce mouchoir jaune , au chiffre de ma femme, Bouchez soudain les yeux , et la houche au criard. . . Si l'on vient , vous direz : c'est un Colin-Maillard.

LA LORRAINE

L'c'touffer . . . scélérat ! . . .

GUEUSARD

Dieux! quels cris elle pousse.

Je triomphe! ... il reçoit le dernier coup de pouce.

( La Lorraine tombe , en poussant un cri.)

( La regardant et soulevant son Iras qui retombe.)

Tant pis ! ... je n'agis guère en chevalier français, Je suis un vrai gredin , mais j'obtiens un succès. . . ! La farce va finir. . . fermons cette fenêtre. J'ai rossé le valet, allons rosser le maître.

( V Orchestre joue V Air : M. Malbrough est mort. )

Le rideau tombe.

ciiaudchaud , paraissant au trou du souffleur, le mouchoir à la main.

De faire en bas le mort, je me suis fatigué, Et je reviens vivant, pour que ce soit plus gai. . . Mesdames et Messieurs, cette pièce est morale, Elle prouve aujourd'hui, sans faire de scandale, Que chez un jeune amant , lorsque Ion va le soir, On peut oublier tout. . . excepté son mouchoir.

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