‹ Cricri et ses mitronsChapitre 6 sur 29 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CHAUDCHAUD, LA LORRAINE.

CHAUDCHAUD , apercevant le lit qui vient de paraître, Oh! surprise, ô bonheur! ô transport! oh! amour!

Est-ce elle? Suis-je moi?. . Deviens-je aveugle ou sourd ? Oui , c'est bien un vrai lit, voilà bien la couronne, Traversin et rideaux à trente-deux sous l'aune.

( Tl s'éloigne comme frappé d'un vertige.)

Voilà bien son be'guiu , sa jupe en calicot;

Ses pieds , ses mains , ses bras , ses manebes à gigot.

Je pourrais profiler de ce doux tête à tête,

Mais quand on aime bien , bêlas ! on est si bête.

( // se met à genoux auprès du lit. )

Comment, pas de fichu?

( II prend le mouchoir qui est à coté d'elle.)

Décemment, couvrons-là.

( // lui couvre le col avec son mouchoir.)

Son collier ne tient pas, chaque perle s'en va.

( 77 prend le collier, et s'occupe à le rattacher, toujours à genoux. )

Des amans mieux appris , agiraient en fins merles , Mais moi je suis ici, pour. . . arranger des perles.

LA lorraine, rêvant.

Chauchaud. . .

CHAT DCHAUD.

Elle a parlé. . . sa bouche a dit mon nom, LA LORRAINE , rêvant.

Serez-vous donc toujours un véritable oison?

CHAUDCHAUD.

Elle est somnambule.

la lorraine , se mettant sur son séant , et rêvant.

Oui ! bravant les convenances , Te puis par ce moyen. . . vous faire les avances.

CHAUDCHATJD.

Quoi ! toi !.. . bien sûr ?

LA LORRAINE

Bien sur. . .

CHAUDCHATJD.

En ce cas , tout est dit , J'en jure par le ciel, par le ciel de ce lit; Avant que de tes nœuds, Chaudchaud se désenchaîne , On verra les merlans, remonter dans la Seine.

Cricri. 2>

la lorraine } s* éveillant.

Où suis-je? Est-ce la voix de mon mari Gueusard ?

CHAUDCHAUD.

Non, vous rêvez à moi. . .

LA LORRAINE

Grand dieu ! quel cauchemar. .

Effronté'! vous ici! . . . près d'une femme seule! . . .

CHAUDCHAUD.

Mais vous étiez, princesse, en dormant moins bégueule.

LA LORRAINE

C'est possible ; en dormant , on ne sait ce qu'on dit , On ne sait ce qu'on fait , on ne sait. . .

CHAUDCHAUD.

Sufficit.

LA lorraine, avec douceur et sentiment.

Quand ma raison dormait, ma tendresse éveille'e, Pût me faire oublier, que j'étais marie'e.

CHAUDCHAUD.

Tu m'aimes ! vous m'aimez ! . . .

L'Orchestre joue VAir •• Cocu , cocu mon père.

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