SCÈNE III
THOMERY, GRIZOL.
THOMERY
Donner la plus grande preuve d'amour qu'un homme puisse donner à une femme!
GRIZOL.
En cinq minutes!
Juste le temps de taire griller une entrecôte !
GRIZOL.
Mon cher Thomery !
THOMERY
Mon cher Grizol ?
GRIZOL.
Qu'est-ce que vous pensez de ça?
THOMERY
Que madame Bernières n'est qu'une coquette.
GRIZOL.
C'est également mon avis.
THOMERY
Une coquette qui se moque de nous depuis un mois.
GRIZOL.
Et qui a trouvé plaisant d'atïoler deux amis.
THOMERY
Pensant peut-être qu'ils allaient s'égorger pour ses beaux yeux, car ils sont beaux !
GUIZÛL.
Divinement beaux !
TIIOMERY.
Gomme ses cheveux I
GRIZOL.
Ses dents !
Ses épaules !
Ses bra3 !
Sa taille!
THOMEUY.
GRIZOL.
THOMERY
GRIZOL.
Cette femme a le charme et la ])eauté ù tous les étages !
THOMERY
A qui le dites-vous! Et maintenant qu'elle est au pied du mur...
GRIZOL.
Madame se dérobe en disant : Je vous accorde cinq minutes...
THOMERY
Pour me donner la i)lus grande preuve d'amour qu'un liomme puisse donner à une femme!
GRIZOL, regardant l'houre.
Plus que trois minutes et demie !
Allons-nous-en.
Il remonte, Grizul l'arrôto.
GRIZOL.
Partir sans avoir donné à cette coquette la leçon qu'elle mérite ?
THOMERY
Une leçon ?
GRIZOL.
Parfaitement, une leçon qui lui ôtera, j'espère, l'envie de se moquer à l'avenir de deux braves garçons comme nous.
THOMERY
Que voulez-vous faire, mon cher Grizol ?
GRIZOL.
Etendez-vous à terre, mon cher Thomery.
THOMERY
M'étendre à terre ?
GRIZOL.
Oui, tenez, là, près du canapé.
THOMERY
Expliquez-moi...
Inutile, plus qu'une minute et demie.
THOMERY
Mais encore !
GRIZOL.
Etendez-vous donc.
THOMERY
Soit ! sur le dos ou sur le ventre ?
GRIZOL.
Sur le dos.
THOMERY
Bien.
Il s étend sur le dos, devant le canapé. GRIZOL.
Ah! chère luadame, vous voulez une preuve d'amour!... Eh bien ! vous allez être servie à souhait! Vous y êtes ?
THOMERY
J'y suis,
GRIZOL.
Parfait! Et maintenant...
Il tiro un revolver de sa pocho, THOMERY. so levant sur son séant.
Un revolver ? Eh ! là ! pas de bêtises!
Ne bougez donc pas et ne craigniez rien ; vous êtes mort!
THOMERY, reprenant sa position.
Gomment! je suis mort?
Grizol tire un coup de revolver par la fenêtre. Thomery se relève effrayé,
GRIZOL.
Etendez-vous donc, saprelotte !
THOMERY
Oui, oui !
GRIZOL.
On vient !... Ne bougez pas ! (paraît uianche.) C'est elle!