‹ Critères: de l'aptitude au vol en avionChapitre 14 sur 99 · PAP CM · texte numérisé non relu

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4° Soit la dilatation des gaz intestinaux aux altitudes, qui, refoulant le diaphragme, gênerait l'aspiration tho-

racique. à L]

5' Soit l’action du vide pleural : lorsque la pression barométrique baisse, ce vide ferait diminuer l'aspiration thoracique, gênerait la béance des veines et faciliterait la stagnation dans le système veineux pulmonaire.

6° Cette théorie est assez voisine de celle défendue par GERME qui explique le mal des altitudes par lanhémospasie, c’est-à-dire par le défaut d'aspiration du sang dans les poumons, la pression s’affaiblissant dans Îles vaisseaux pulmonaires sous l'influence de la raréfaction atmosphérique.

7° La théorie basée sur la fatique trouve une première

vérification, avons-nous dit, dans l'apparition plus tardive du « mal des altitudes » chez les ballonniers que chez les ascensionnistes en montagne. Elle en trouve une seconde dans l’apparition du « Mal des Aviateurs » chez certains moniteurs d’école ayant volé beaucoup, très souvent dans la journée, même à des altitudes inférieures à 1.500 mètres. |

Le rôle de la fatigue est très important en effet dans le cas des aviateurs dont les efforts peuvent être si intenses et nombreux et retentissent de façon plus ou moins nette sur l’ensemble du système cardio-réno-vasculaire.. Légère et relativement courte, elle aboutirait à la constitution d’un premier stade du Mal des Aviateurs. Prolongée par suite de vols plus nombreux à des altitudes élevées. elle compléterait puissamment l’action des autres causes

7 \ —:43r— \ atmosphériques ambiantes dans la genèse d’un second

temps de ce Mal des Aviateurs (FERRY).

Le froid ne peut agir comme adjuvant, du moins aux basses altitudes et lorsqu'il est sec, que pour hâter l’apparition de certains symptômes, notamment des troubles locomoteurs. Son action est cependant beaucoup plus efficace, parfois même {rès intense, surtout lorsque l’air est chargé d'humidité, elle peut aboutir à des gelûres des parties découvertes du visage et des extrémités, voire à des congestions mortelles par elles-mêmes ou par

les chutes qu’elles provoquent. - $S IV. — Discussion des théories et recherches expérimentales

La façon dont agissent ces diverses causes, dit FERRY, est extrêmement complexe. |

«Aux théories de la diminution de pression du vide pleural, de l’anhémospasie, se rattachent les réactions d’origine mécanique:

Aux théories de l’anoxhémie, de l'acapnie, de l’anhémospasie, de la fatigue, du froid, se rattachent les réac- : tions d'ordre physiologique, physio-pathologique parfois.

Les unes et les autres agissent sur l'organisme par la dénutrition des tissus, par leurs réactions nerveuses et vasomotrices propres mais surtout par les altérations des reins, constatées par GUILLEMARD el MooG et par le

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ralentissement deleurs fonctions avec l’auto-intoxication qui en résulte (SOUBIES). »

Ces constatations de GUILLEMARD et Mooc résultent des expériences qu'ils firent lors d’un voyage d’études au Mont-Blanc. Elles peuvent se résumer ainsi :

1° [’anoxhémie due au séjour dans Pair raréfié des hautes altitudes détermine une diminution légère des

.combustions intra-organiques, qui se traduit par la formation d’une quantité anormale d’alcaloïdes toxiques. Par contre, acide urique ne subit pas de variations. 2° Ces substances réagissent'sur le rein en provoquant une diminution passagère de la diurèse ; caractérisée - par une rétention d’eau et de matériaux azotés et salins.

3° De cette rétention résulle une aulo-intoxication dont les symptômes constituent le «Mal des altitudes ». Toutes les causes susceptibles d'augmenter l'élaboration de; toxines ou d’entraver leur éliminalion (fatigue musculaire, insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique) hâtent l'apparition des symptômes et en augmentent l’intensité. En dehors de ces facteurs d’aggravation, le sé-. jour à une altitude supérieure à 4.000 mètres provoque un ensemble de symptômes qui constituent « le Mal des altitudes » subaigu. | re L'économie réagit contre l’intoxication par une décharge urinaire comparable à la crise des maladies infectieuses

s° Les sujets dont les fonctions d'élimination présentent une tare, même légère, ne peuvent sans risquer de sérieux accidents d’urémie, effectuer un séjour, même de courte durée, aux grandes altitudes,

Les constatations qu'ont pu faire les médecins des escadrilles d'aviation du front sur des aviateurs ayant volé sou: vent où longtemps aux allitudes élevées, avec ou sans oxygène, ont bien souvent vérifié ces conclusions. Elles ont servi à guider leur hygiène, et secondairement à réduire la fréquence ou l'intensité des malaises accusés.

M. le Pr Herrzusxa, de Milan, a signalé qu’à la suite d'observations faites sur des animaux ayant séjourné longtemps à l’observatoire du Mont-Rose, il à trouvé de la glycosurie constante, ce qui tendrait à montrer que l'altitude entraîne des troubles non seulement du côté du rein mäis encore du côté du foie. |

Toutes ces données ne miettent-elles pas déjà sur la voie étiologique de ces états d’asthénie physique ct nerveuse, particuliers à de nombreux aviateurs ? N'expliquent-elles pas ces états, qui chez certains « anciens » ayant volé beaucoup, vont jusqu’à imprimer au profil. général, à la physionomie notamment, ce masque tout à fait spécial dont. a parlé Ferry, et que caractérisent une tendance à l’amaigrissement général, à l’émaciation du visage, des joues, du nez, les traits tirés; une peau mate, sèche, hyperpigmentée, chagrinée, presque rugueuse au toucher? Ne justifient-elles pas cette conception des auteurs anglais,d’un « tempérament d’aviateur », de ce tempérament qui fait que les uns et les autres, en dépit de troubles cliniquement reconnus, restent plus ou moins aptes à telles fonctions du vol de guerre (instruction, reconnaissance, bombardement, chasse) de ce tempérament, ajoute BirLev, qu'il est impossible de définir par les moyens médicaux actuels.

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t- Q Nétrouvent-elles pas enfin une justification nouvelle dans l'étude de Pélimination urinaire chez les aviatéüurs ? Pendant le vol, en effet, nombreux sont Ceux qui accusent un besoin impérieux d’uriner. Dans fa plupart des cas, ils ne peuvent d’ailleurs pas le satisfaire. Dans la pathogénie de ce besoin interviennent l’action de la dépression atmosphérique et du froid, l’action toxique urinaire, l’action vibratoire de l'avion (facteur d’irritalion du névraxe) et beaucoup moins une tension psychique, émotive le plus souvent. Fe

Dès l'atterrissage la miction résté souvent impérieuse : Ces facteurs irritatifs expliquent son abondance. Leur disparition par .le repos, la phase dépressive qui leur fait suite, la difficulté que peut trouver le rein à filtrer les plus abondantes toxines du sang produites en altitude," expliquent alors l’oligurie passagère constatée le jour ou le lendemain des vols chez la plupart des aviateurs qui. fournissaient un travail intensif de guerre. L'analyse de leurs urines traduisait une rétention sanguine anormale des matières azotées anormalement sécrétées aux altitudes diverses (élevées surtout.)

FERRY insiste particulièrement sur ces réactions urinaires. Il les a observées sur un officier aviateur albu minurique, à fonctionnement rénal satisfaisant, chez qui il étudia les réactions cardio-vasculaires pendant le vol. Une fatigue inaccoutumée, l’ingestion de liqueurs au cours, ou en dehors des vols provoquaient rapidement chez lui l'apparition de sensations vertigineuses, même à basse altitude; ses urines étaient rares et chargées. FERRY a plus entièrement observé encore ces réactions sur lui-

lé

même, ainsi qu'en témoigne l’auto-observation qu'il rapporte. « Après une ascension expérimentale en caisson pneumatique à St-Cyr à 7.800 m.,au cours de laquelle non muni d'O, il perdit connaissance, il présenta de l’arythmie, des épistaxis, des céphalées, de l’anorexie, une oligurietrès manifeste pendant 3 jours. Ces troubles d'intoxication ne s’améliorèrent que par une diurése libératrice médicamenteusement provoquée. Ces réactions ont été constatées enfin, non seulement chez des sujets qui avaient fréquemment renouvelé ou prolongé leurs vols, espacés, au-dessus de.4.000 m ; mais également à un degré moindre il est vrai, chez des moniteurs d’école, ayant fait jusqu’à 30 tours de piste par jour entre 0 et 1.000 m ». Ceci tend à prouver, conclut Ferry, qu’il ne faut pas mettre entièrement sur le compte des théories anoxhémiques, acapniques et de la dépression atmosphérique... etc. ces malaises présentés par tous les aviateurs ou les bhénomènes d’asthénie | accusés par certains d’entre eux, les moniteurs en particulier: ET « L'étude des réactions vaso-motrices engendrées par le vol, au cours de ce vol ou dans les heures qui suivent immédiatement l'atterrissage, aiderait à faire comprendre l'importance réciproquement agissante : d’une part, des fluctuations de la tension sanguine, corrélatives de celles du milieu ambiant traversé, sur la filtration rénale ; d'autre part, de cette rétention sanguine anormale de matières azotées ou d’alcaloïdes anormalement secrétés en altitude, sur la régulation cardio-réno vascu-

laire.

De ses nombreuses ascensions expérimentales comme passager ou pilote, Ferry retient les faits suivants :

« La fréquence respiratoire, celle du pouls, augmentent en montée d’autant plus vite que l’ascension est moins rapide : il y a là un indice du retard d'adaptation du travail du cœur dans le cas des ascensions plus ra-

; pides. Cette fréquence diminue moins en descente et reste pendant les 15 à 0 minutes qui suivent l’alterrissage supérieure à sa valeur au départ.

« Pour la P. sanguine maxima (c’est celle qui mesure Ja puissance de la contraction du cœur et de l’élasticité des artères), il se produit d’abord une baisse suivie d’une augmentation plus forte en montée, suivie enfin d’une

baisse encore plus accentuée en descente. Sa valeur à J'alterrissage est donc moindre que celle du départ.

Cette différence est plus accusée dans les descentes d’al-

titudes plus élevées, dans les descentes plus rapides ou

plus mouvementées d’altitudes égales, dans les vols de durée plus courte aux mêmes altitudes. La P. maxima

continue encore à baisser dans les quelques minutes qui

suivent l’atterrissage, ce qui explique la recrudescence de certains malaises à ce moment (titubation, bourdon-

nements), puis elle retrouve sa valeur normale après une courte série doscillations sinusoïdales, du moins

chez les aviateurs en cours d’entrainement. {

« Chez ceux déjà fatigués, en effet, atteints d’asthénie

“au début, cette bypotension maxima de l'atterrissage se prolonge davantage et accroit paroxystiquement les troubles qui existent dans l'intervalle des vols. Sous l’influence d’un repos prolongé cette tension revient vite

à la normale chez les sujets qui n’ont pas encore atteint le sammum de leur entraînement et de leur résistance à la fatigue. Elle tend au contraire à remonter/vers sa valeur normale chez les sujets frappés d’asthénie. Simultanément la P, minima (celle qui résulte de la force rétractile des vaisseaux), après une baisse progressive en montée suivie d’une hausse plus accentuée en descente, apparaît, aussitôt l'atterrissage et dans les mêmes conditions d'observation que pour la maxima,

‘ Variations de la tension sanguine en avion.

9 cm

oDépart Altitude maxima Atterrisage

| Schéma. À légèrement supérieure à sa valeur de départ. Le nombre mesurant cette variation d’allure hypertensive est en tout cas toujours plus faible que le nombre correspondant de la maxima.

Cela S’explique aisément si l'on considère les causes productrices de chacune d'elles; les variations atmos-

phériques ont, en effet, plus d'action immédiate sur Ja

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