TRAITÉ DE LA CERTITUDE
SOMMAIRE : 1. Objet du traité ; son intitulé. — 2. Pourquoi nous n adoptons pas l'appellation usuelle : Logique réelle. — 3. La Critériologie, dépendance de la psychologie. — 4. Raisons d'affecter aujourd'hui une place à part à la Critériologie. — 5. Division de la Critériologie en deux parties, l'une générale, l'autre spéciale.
1. Obiet du traité; son intitulé. — Le traité que nous intitulons Critérioloqie ou Traité de la certitude, a pour objet l'analyse de nos connaissances certaines et la recherche philosophique du fondement sur lequel repose leur certitude. Comme il est convenu d'appeler cerilérium ou critère (du verbe xpivety, discerner) le moyen de discerner la vérité de l'erreur, la marque à laquelle on peut reconnaître Si une connaissance est vraie et mérite d’être tenue avec certitude pour telle, le mot critériologie, science du -critérium, rend bien la pensée maîtresse du traité.
Le mot est d'usage récent. Il en est un autre, plus récent encore, qui prévaut surtout en Allemagne et en Angleterre, celui d'épistémologie (du verbe étiotapat, savoir; rotin, science), l'étude scientifique de la science, c'est-à-dire des éléments constitutifs de la science.
La certitude est une condition de la science : aussi la
Critériologie est une Théorie de la certitude.
L'emploi du terme Analytique serait dans l'esprit de la tradition aristotélicienne et scolastique, et l’on pourrait dire : L'Analytique de la connaissance cerlaine, où des facultés cognitives. Kant, dans sa Critique de la raison
pure, a repris l expression Analytique transcendantale pour
désigner la partie qui recherche les conditions essentielles à la science.
Nous nous en tiendrons au mot Critériologie, et cubs diairement, à la désignation imprécise Traité de la certitude ; désignation imprécise, en effet, car elle n'indique que l objet matériel de la Critériologie.