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- Les connaissances d'ordre réel, considérées en ellesmêmes, à part des principes idéaux, ne sont que des percep- Lions de faits et à ce titre ne sont ni vraies ni fausses, ni certaines ni incerlaines. La perception ne revêt les caractères de vérité et de certitude que lorsqu'elle est informée par un principe, ne fût-ce que par les principes d'identité ou de contradiction qui permettent de dire : Ce que je perçois comme réalité est réel ; ce que je perçois comme réalité ne peut pas ne pas être une réalité. |
< Que l’on prenne une vérité réelle, le fait le plus incontesté, le plus certain, il demeure stérile si les vérités idéales ne le fécondent. J'existe, je pense, je sens, voilà des faits particuliers, contingents, entièrement isolés de ce qui n'est pas eux-mêmes, et dont l'existence reste indifférente au monde des idées... On peut jeter à tous les philosophes le défi de raisonner sur un fait, sans appeler à leur aide les vérités idéales... La conscience est une ancre, elle n’est pas un phare : elle peut garantir l'intelligence du naufrage, mais ne saurait lui tracer la voie. Dans les assauts que nous livre le doute. elle résiste ef ne nous laisse point périr ; mais elle ne peut offrir à notre observation que des faits particuliers : sa mission finit là, Pour acquérir une Valeur scientifique, il faut que ces faits soient objectivés, qu'on me __ passe l'expression, ou que, les soumettant à la réflexion, l'esprit les imprègne, pour ainsi dire, de la lumière qu'il emprunte aux vérités nécessaires » !). :
Quant aux connaissances d'ordre idéal, leur objet est abstrait et, par suite, indépendant de l’existencecontingente des réalités que perçoit l'expérience. Il s’ensuit que la certitude d’une vérité idéale ne nous autorise point à franchir les limites du monde abstrait, et ne sert pas d'appui à des affirmations relatives aux existences.
« Prenez les principes les plus certains del'ordre idéal, le principe de contradiction, par exemple : Il est impossible qu'une chose soit et ne soif pas à la fois. Les idées que ce principe renferme sont les plus
1) Balmès, ouv, cit., Liv. I, ch. VI et VII.
simples et les plus claires qui se puissent concevoir, c'est l'évidénee au plus haut degré. Mais, s'il est seul, à quoi sert-il ? Étudiez-le, creusez-le, dans tous les sens, vous n'en tirerez qu'une intuition pure : intuition frès distincte, sans doute, mais stérile. Comme il n'affirme l'existence ou la non-existence d'aucun être en particulier, impossible d'en rien conclure pour ou contre une réalité quelconque. L'esprit ne saisit que ce rapport conditionnel : « Si quelque chose existe, on ne > peut admetfre que cette chose n'existe pas (en un même temps), > et vice versa » Quelle que soit l'évidence dans l'ordre idéal, si l'on ne pose la condition d'existence ou de non-existence, Le oui ou le non demeurent indifférents à l'ordre réel » !).
= Donc, il n’est pas une seule vérité, soit d'expérience soit de raison, qui possède le privilège de fonder la certitude de la philosophie. Il n'existe pas, dans l’ordre logique, un premier principe.
De là découle aussitôt le corollaire que la vérité : je pense,
donc Je suis ne possède point ce privilège. Expliquons-nous
néanmoins à cet égard.
47. La conscience de l’existence du moi n’est pas le premier principe de la philosophie. — Après avoir affirmé la réalité de son doute, de sa pensée, de son existence, Descartes poursuit en ce sens sa philosophie critique : Le fait que je doute me révèle la présence en moi de l’idée d’un être plus parfait que le mien ; l’idée du fini présuppose en moi l’idée de l'infini. Or, « la lumière naturelle » me montre que l'idée du parfait, de l'infini ne peut avoir été mise en moi que par une cause réellement infinie. Donc l’auteur de ma nature est un Dieu infini. De ce principe Descartes inférera ensuite que Dieu, étant infiniment bon et sage, ne peut m'avoir créé pour l'erreur. Ne semble-t-il pas, d’après cela, que « je doute, donc je suis » constitue, en effet, le premier principe de la philosophie ?
Non ; ni le fait du doute et de la pensée n'est la source
1) Balmès, ouv. cit., Liv, I. ch XIV, n. 139.
RP CNE 5 l PAST RTS AUTOUR ES
des déductions que Descartes croit pouvoir en tirer, ni la certitude de ce fait n'est le fondement des autres certitudes.
Le fait du doute et de la pensée n’est pas chez Descartes la source de ses déductions ultérieures ; en effet, il est aisé de voir que Descartes ne part pas du simple fait du doute ou de la pensée : il a recours à la notion négätive d’imperfection, au principe que lanégation est logiquement postérieure à la position, à la notion positive de perfection, à celle de toute-perfection ; il a recours encore au principe que la cause contient la réalité de ses effets, et la combinaison de celte multiplicité d'éléments psychologiques et logiques est nécessaire à la conclusion finale dû dogmatisme cartésien. Le terme indéterminé de pensée contenu dans la formule : « Je pense, donc je suis », n’est simple qu’en apparence : en réahté, 1l couvre un nombre considérable de notions et de principes. :
La certilude de l'existence de la pensée et du moi n’est pas davantage le fondementdela philosophie. « En constatant le fait de la pensée et de l'existence, Descartes ne s’aperçut point, observe Balinès, qu'il passait de l’ordre idéal à l’ordre réel. Je pense, disait-il : s’en tenir là, c'était réduire toute sa philosophie à une simple intuition de conscience. Or, il voulait faire quelque chose de plus : il voulait raisonner, et, par nécessité, il S'aida d’une vérité idéale : ce qui pense existe. Ainsi, il fécondait un fait individuel, contingent, par la vérité universelle et nécessaire ; et, commeil avait besoin d’un guide pour aller en avant, il le demandait à la légitimité de l'évidence. On levoit, cephilosophe, qui recherchait avec tant d'empressement l'unité, se heurta, dès les premiers pas à ce phénomène triple : un fait, une vérité objective, un crilérium ; un fait dans la conscience du moi, une vérité objective dans le rapport nécessaire de la pensée avec l’existence, un critérium dans la légitimité de l'évidence des idées » 1e | pat
Ces dernières paroles du penseurespagnolnous conduisent à l'exposé de sa propre théorie.
1) Balmës, L. I, ch. VI, n. 68.
Coll, Christ Regis Sd
; NX ‘Torontonensé
48, Doctrine de Balmès sur les vérités fondantens ; tales de la philosophie. —Ilny a donc pas une véritéprincipe qui serve de fondement à la certitude de la pensée ; philosophique. : is
Mais le privilège qui n'appartient à aucune védtéà à part, ne. u'appartient-il pas à plusieurs vérités réunies ? SR
Divers auteurs l’ont pensé. Balmès a consacré une partie ER importante de sa Philosophie fondamentale à l'examen de ce problème. Après avoir victorieusement établi qu'il n ya pas une base unique au savoir humain, attendu que les ee. vérités de l’ordre réel et celles del’ordreidéalneseramènent pas à un même principe, il conclut que la science repose sur plusieurs. principes fondamentaux, nécessaires chacun dans son espèce, et en son lieu. |
«Il est plusieurs moyens de percevoir la vérité, écrit-il, TS e : de sorte que les vérités perçues appartiennent à des ordres : divers, parallèles pour ainsi dire aux moyens de perception. ur
» Ces moyens sont au nombre de trois : conscience, évidence, instinct intellectuel. Les vérités correspondantes sont : vérités de sens intime, VREES nécessaires, vérités de …
sens commun » !).
« La conscience embrasse tous les faits présents à notre …
âme d’une manière immédiate, comme purement subjectifs, L'évidence s'étend à toutes les vérités objectives sur lesquellesnotreraison s’exerce. L'intinctintellectuel est l'inclination naturelle à l’assentiment, dans un ordre de faits placés en dehors du sens intime et de l'évidence » 2). Pour bién faire saisir la théorie critique de Balmès, il nous faut insister sur la nature et sur la fonction de ce qu'il a appelé « l'instinct intellectuel ». Voici acetégard quelques extraits significatifs : À
« J'ai donné le nom d'instinct intellectuel, dit-il, à cette inclination spontanée qui, dans la pratique de la vie, détermine la certitude
1) Liv. I, ch. XV, n. 147.
2) Liv. 1, ch. XXXIV, n, 339.
indépendamment du témoignage de la conscience ou de a due :: I enfrait dans les vues du Créateur que l'homme püût être raisonnable, même avant de raisonner : qu'il pût se conduire avec prudence, même
alors que le temps lui manque d'examiner les raisons d'être prudent. Cet instinct de l'intelligence s ‘applique à fout un ordre de faits très
nombreux et très divers ; il est à la fois et le guide et le bouclier de
la raison : le guide, car il la précède et lui montre le chemin du vrai :
le bouclier, car il la met à couvert de ses propres subtilités, en forçant le sophisme à se faire devant le sens commun ‘).. Il existe un instinct, une loi de notre nature, qui nous incline à donner notre assentiment à cerfaines vérités indépendantes de la conscience et de la raison ?).. Ce penchant irrésistible reconnaît la valeur objective des idées *)... L'instinct infellectuel nous oblige à donner aux idées une valeur objective : »,
Ainsi donc, à la base des vérités de sens intime, se trouve l'énonciation d’un simple fait de conscience ; à la base des vérités nécessaires, leprincipe de contradiction ; à la basede la confiance que nous accordons à la valeur objective de
nos idées, une loi inslinclive de notre entendement.
« Ces principes fondamentaux sont ous trois nécessaires, chacun dans son espèce, et en son lieu. Nul d’entre eux n'est entièrement indépendant. En déduire un, c’est bouleverser l'intelligence » #).
49. Doctrine des trois vérités primitives d’après Tongiorgi et Palmieri. — Tongiorgi a repris, en la modifiant légèrement, la thèse de Balmès sur l'existence des trois principes fondamentaux nécessaires à l'établissement de la science certaine. :
Pour Tongiorgi comme pour Balmès, la vérité du prin--
cipe de contradiction est la base des vérités de l’ordre |: idéal ; la certitude de l'existence du moi est la base des
1) Liv. F, ch. XV, nn. 155-156.
2) fbid., ch, XXXII, n. 318.
% fbid.,n, 320. -.
4) Hbid., ch. XXXIV, n. 339.
102 CPRITÉRIOLOGIE
vérilés de l'ordre réel : le passage de l'ordre idéal à l’ordre réel s'effectue et se justifie, suivant le philosophe espagnol, par une sorte «d'instinctintellectuel» ; suivant le professeur du Collège romain, il se produit sous l'empire d’une certitude qui devance toute recherche philosophique, et qui à pour objet le pouvoir indémontrable, mais incontestable, de l'intelligence humaine d'arriver au vrai, c'est-à-dire de se former des idées qui représentent fidèlement le monde réel. SES
Sur un point secondaire cependant, Tongiorgi s'écarte de Balmès. D'après ce dernier, les trois principes fendamentaux ne sont pas solidaires. Les propositions concernant les faits de conscience appuient nécessairement leur certitude, dit-il, sur la vérité du principe de contradiction, mais la vérité de ce principe ne s appuie pas sur un fait de conscience. « Le fait de conscience implique la réalité :
on ne l'exprime point sans affirmer une existence. Le principe de contradiction n'affirme ou ne nie rien de
positif; il ne dit point qu'une certaine chose soit ou ne soit pas, il se borne à constater l'opposition entre l'être et le non-être, abstraction faite du sens copulatif ou substantif donné au verbe » !).
Pour Tongiorgi, au contraire, les trois vérités fondamentales sont inséparablement unies ?). |
En résumé, le dogmatisme de Tongiorgi oppose au scepticisme l'affirmation de trois vérités fondamentales, nécessairement indéniables, dites « vérités primitives »,
1) Liv. I, ch XXI, n. 216.
2) Tongiorgi ditexpressément : « Una vel alteraex tribus sublata, totum humanae certitudinis aedificium necessario corruit ». Le R. P. Potvain, qui a pris dans les Annales de philosophie chrétienne la défense de Tongiorgi, le déclare à son tour : « Chacune des trois vérités n’est pas, à proprement parler, un fondement spécial. C'est prises dans leur ensemble qu'elles constituent le fondement de la certitude ». Oct. 1896, p. 73. Le lecteur, que ce débat intéresse trouvera une réponse à l'article des Annales dans la Revue Néo- Scolastique, février 1897 (Cet article est reproduit en appendice à la fin du volume). : |
à savoir : l'affirmation dun premier principe, celui de contradiction ; l'affirmalion d’un premier fait, l'existence du moi ; cn, l'affirmation d'une première condition, l'aptitude de la raison à connaître la vérité, c’est-à-dire à avoir des idées conformes aux choses. « Tertium aliquod requiritur per quod et facta ad ordinem rcalem transvehi et ideae rebus applicari possint. Hoc autem non habebis,
nisi ponas mentem posse habere ideas objectis conformes ».
Impossible de nier ou de mettre en doute aucune de ces trois vérités sans les affirmer du même coup.
Elles forment donc la base indémontrable de toute science certaine ; c'est sur elles que doit inévitablement reposer l'édifice de la philosophie >
Palmieri, à son tour, énonce la thèse suivante :
1) Voici, d'ailleurs, le texte même de Tongiorgi : Philosophi muous est 1° ut dira quaenam sint primifivae ac fundamentales veritates quibus certitudo omnis ac séientia innititur : ; 2° utostendat eas a philosopho admitti sine demonstratione non Uno posse sed plane debere.
» Propositio : Cum multa sint, quae demonstrari nec possunt nec debent, primitivae tamen veritates, quas ante omnem philosophicam inquisitionem fundamenti loco supponere necesse est, sunt tantummodo hae tres :
1° Factum primum, quod est existentia propria.
2° Principium primum, quod est contradictionis principium : idem non potest simul esse et non esse.
3° Conditio prima, nempe rationis aptitudo ad veritatem assequendam. |
» Sane, et aequum est, et necessarium, ut ante philosophiam
philosophi existentia, ante deborshtiones demonstrationum om-
pium principium, et ante scientiam scientiae possibilitas in tuto
sit posita.
» Praeterea cum duplex sit cognitionum nostrarum ordo, idealis
et realis, in utroque primum aliquodinveniri debet ; in ordine ideali
| principium primum, in ordine reali primum facium. Ulrumane simul
ad constituendam scientiam necessarium est, sed unumquodque per se insufficiens. Nam principium abstractum non potest parere scientiam nisi hypotheticam, factum autem solum infecundum per se est, et ad quidpiam concludendum ineptum Sed praeter haec tertium aliquod insuper requiritur, quod utrumque inter se ordinem componat, per quod et facta ad ordinem idealem transvehi
104 CRITÉRIOLOGIE E
. « In omni judicio certo rationis confinetur implicite, fanquam fundamentum certitudinis omnis, aflirmatio tum principii contradictionis, fum aptifudinis mentis ad cognoscendum, fum existentine cogifantis ». :: | . Ë
Puis il explique le sens de la thèse en ces termes :
* Veritas primitiva dicitur et quae in se certa sit, et sit ratio cur
infellectus de aliis quoque veritatibus certus esse possit ; atque hoc modo verifas est {undamentum certitudinis ».
: Au cours de la preuve de sa thèse, l’auteur s'exprime comme sui : : :
«< Advertendum est duplicem distingui ordinem, videlicet rerum sive onfologicum, et cognitionis sive subjectivum, afque nexum haberi inter ufrumque, nexum nempe cognoscenfis et cogniti. Jam vero prima veritas in ordine onfologico est profecto principium confradictionis, quod est lex universalissima, et necessaria omnium rerum; prima autem in ordine subjectivo est ipsa existentia cogitantis, qua sublata nullus est ordo subjectivus. Prima vero pro nexu ufriusque ordinis est aptitudo mentis ad cognoscendum vel, quod idem esf, cognoscibilifas rerum per mentem. Ergo hae fres veritates supponendae sunf pro certifudine cujusque rei ; nam quaevis certitudo utrumque ordinem, et ufriusque nexum postulat »
Et, plus loin, à propos du critérium suprême de certitude, on peul lire :
et ideae rebus applicari possint : hoc autem non habebis, nisi ponas mentem posse habere ideas objectis conformes. Patet igitur fundamentales veritates esse omnino tres, ita ut, vel una vel altera sublata, totum humanae certitudinis aedificium necessario corruat.
» Quod autem veritates istae a philosopho admitti absque demon: stratione et possint et debeant, ex eo manifestum est, quod 1° nuüulla egent demonstratione ; 2° omnem demonstrationem refugiunt; 3° ipsa negatione vel dubitatione affirmantur ». Tongiorgi, Instilutiones Philosophicae, vol. I, P. Il, Cap. IIT, nn. 495 et 426. |
1) Palmieri, Znslitutiones philosophicae, Vol.I. th. V, pp. 136-138.
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« « Ergo omnis evidentia tres primitivas oi semper includit ef in eas resolvitur > !}.
. Nous sommes renseignés sur les formes principales du dogmatisme exagéré : nous avons à le discuter.
Dans la théorie de Balmès, le point vulnérable est la foi à un instinct rationnel auquel devrait obéir l'intelligence sans avoir l'évidence pour guide. Nous reporterons la discussion de celte théorie au Livre IE, au Chapitre où nous passerons en revue les essais infructueux de ceux qui voudraient asseoir la certitude sur une base toute subjective.
Nous nous attacherons exclusivement ici à la thèse de Tongiorgi. Pour ne pas en écourter la discussion, nous examinerons l'une après l’autre chacune des trois « vérités primilives », encore que seule la troisième soit directement en cause. Nous recherchons, en effet, — il n’est peut-être pas inulile de le rappeler, — quel est l'état légitime de l'intelligence au moment où elle se trouve aux prises avec les problèmes fondamentaux de l'épistémologie. Selon Tongiorgi, cet état initial serait l'affirmation de l'aptitude générale de l'intelligence à connaître la vérité, c'est-à-dire à connaître les réalités telles qu'elles sont. Cette « Vérilé primitive », la troisième de la théorie, réclamera principalemenl l ton du lecteur.
£ .. Critique du dogmatisme-exagéré
SOMMAIRE : 50. La écris des trot rerité primitives ne répond
pas au véritable problème de la certitude. — 51. L’affirmation de … l'existence du sujet pensant n'est pas une vérité primitive. — 52. Dans quel sens le principe de contradiction est une vérité fondamentale. . — 53. L'aptitude de la raison à connaître le vrai n'est pas une + vérité primitive. — 54, Conclusion du Chapitre deuxième.
1) Op. cit., p. 216.
50. La théorie des trois vérités primitives ne répond pas au véritable problème de la certitude. — Ce problème porte sur le point de savoir si l’état de certitude a pour cause adéquate une propension irrésistible du sujet pensant ou s’il estobjectivement motivé.
Sans doute, il ya des propositions primordiales qu'il est
impossible de nier, parce que leur négation renferme implicitement leur affirmation: tel: est le principe de.
contradiction. ; Mais le sceptique n’a aucun intérêt à eontester ces faits de conscience. La vraie question entre lui et nous n’est
pas de savoir si nous éprouvons des assentiments spon-
tanément irrésishibles, psychologiquement indéniables, c'est chose accordée, ce sont les données mêmes du
problème ; ils s'agil de connaître la cause de ces assenli- -
ments, de savoir si la nécessité indéniable d'affirmer telle
proposilion spontanément certaine résulte adéquatement
de la constitution du sujet pensant, ou si elle est déterminée par l'influence d'une cause objective.
L'important n'est donc pas d'amener le sceptique absolu
à se contredire une, deux, ou trois fois, c’est là chose accessoire ; le véritable debet est ailleurs ).
Er da scons la théorie en elle-même : Est-elle fondée ?