Livre IL. de M eo
55. L’épistémologie présuppose des dieu spon- À tanées. — Il faut admettre, comme données des problèmes épistémologiques, des ie spontanées. Le penseur qui cherche à se rendre compte de sa certitude, a dû naturellement trouver en lui l'état d'âme qu'il appelle du nom de certitude et sur lequel il se prend à réfléchir. Le sceptique lui-même, qui provoque ou accepte un débat sur la science : certaine, doit accorder et accorde, en effet, la réalité des. ‘ adhésions psychologiques sur lesquelles il ces se dis-. : : cussion. | SAR Pour donner au débat entre le A et lé dogihas Û tisme une portée sérieuse, il faut se ressouvenir de la faculté que possède l'homme de réfléchir sur ses actes. La bêtene contrôle point ses états subjectifs, parce qu’elle ne réfléchit pas. L'homme, à l'instar de la bête, a des adhésions spontanées, auxquelles sa nature leupos de se soustraire, mais à la différence de la bête il a le privilège de revenir sur ces adhésions premières, d’en chercher réflexivement la cause : au moment de ce retour de la réflexion sur la nature spontanée, naît le véritable problème qu met en.
présence les scepliques, j'entends les sceptiques réels, en chair et en os, et les dogmatistes. La vraie question entre les premiers et les seconds n'esl pas de savoir si l'âme humaine trouve en elle des assentiments certains, c’est-àdire spontanément irrésistibles : c'est chosé accordée, et si quelqu'un s’avisait de le nier, il -Supprimerait le débat, faute d'objet à débattre ; la questionest de savoir si, oui ou non, l'intelligence peut justifier, dans le domaine de la réfleæion, la certitude de ses adhésions spontanées. Dans l’affirmative, le dogmatisme a raison et Ia cerlitude, qui n était que spontanée jusqu'alors, revêt le caractère d’une certitude réfléchie, scientifique ; dans la négalive, il ya désaccord entre l'activité spontanée et l'activité réfléchie de l'esprit, et il n’y a qu'une conclusion désespérante à tirer de là, c'est que la machine humainé est mal faite.
C'est donc dans le domaine de la réfjexion que se posent les questions d'épistémologie, el non dans celui de la spontanéité. Dans ce dernier, en effet, il est évident et admis par tous que Phomme est en possession de certitudes nombreuses et de plus d’un genre (23).
Quel doit être, dans ce domaine de la réflexion, Pétat primordial de l'intelligence ? | | |
Examinons, tout d'abord, ce qu'il doit être relativement à la capacité de nos facullés cognitives. |
56. Etat initial de l'intelligence au sujet de nos facultés cognitives. — Nous avons vu les sceptiques, Descartes, puis les dogmatistes outrés, se prononcer les uns contre, les autres pour la validité de nos puissances cogni- .ives avant de passer à l’examen réfléchi de nos connais- sances certaines. Nous avons récusé, comme antinaturelle et antiscienlifique, celte manière de procéder. Au premier moment du travail de réflexion qu'entreprend le philosophe, à l'effet d'apprécier la nature de la connaissance certaine, iln'a pas le droit de nier ou de déclarer sujette à caution, pas plus qu’il n'a le droitdel'affirmer, l'aptitude des facultés cognitives à la connaissance certaine de la vérité. Avant
LIGUES CRITÉRIOLOGIE
d’avoir réfléchi sur ses acles et d’en avoir scruté la nature, Ja raison humaine ne sait pas, elle ne peut savoir ,si l'emploi de ses facultés la mènera ou ne la mènera pas à la vérité.
Par conséquent, l’état initial de la raison réfléchissant, en ce qui concerne le pouvoir denos facullés cognitives, doit être |’ ignorance voulue, l'abstention. |
Mais cette ignorance voulue n'est-elle pas le doute méthodique universel que, chez Descartes, nous trouvions contradictoire? : ï
Non. L'i ignorance que nous professons ici est un doute négatif ; faute de raisons pour ou contre nos facultés cognilives, nous refusons systématiquement de nous prononcer pour elles ou contre elles. Descartes ne s’abstenait pas de se prononcer sur la valeur des sens et de la raison, mais, appuyé sur des arguments de fait et de principe, il portait un jugement contre elle. Le doute de Descartes était done posilif.
Manifestement, entre l’état d' esprit, tout négatif 0 celui qui s'abstient de préjuger si ses facultés de con peuvent ou ne peuvent pas le mener à la vérite, et l’état d'esprit de celui qui juge ohne que la sincérité des facultés cognitives est douteuse, il y a un abime.
Il faut donc commencer par interroger les actes de l'intelligence pour y découvrir la nature du principe qui les émet.
57. De l’état initial de l’intelligence en présence des jugements médiats. — Les actes cognitifs, capables d'engendrer la certitude, sont des jugements.
Lorsque l'intelligence passe à l'examen réfléchi de ses jugements, elle en remarque certains dont la vérité ne se manifeste pas immédiatement. Elleest, par là même, incitée à les analyser afin de mettre en lumière la nature du rapport dont ils contiennent indistinctement la formule. Chercher à décomposer la complexité des termes d'un jugement afin de dégager par leur analyse le rapport d'identité ou de nonidentité qu'ils contiennent virtuellement et réduire ainsi
LA
1) Cfr. infra, p. 115.
LE DOGMATISME HATIONNEL 117
des jugements médiats à des jugements immédiats, c’est démontrer.
Toute démonstration supposant le doute, soit réel, soit méthodique, sur la conclusion à démontrer, la raison réfléchissante commence par le doule sur tous les jugements médials. c
Le doute ainsi fade est la loi fondamentale de la recherche scientifique ?).
Aristotelerecommandeexpressémentaudébutdu Livre [I de sa Métaphysique : « Avañt d'aborder la solution d’un problème, dit-il, 1l faut commencer par bien douter el par s'enquérir de toules les difficultés dont le problème est entouré ». Ainsi, 1l fait précéder son enquètle sur le réel, d’une tentalive de solution du pour et du contre (&noptat). Il réduit les conflits apparents d'idées à leurs termes les plus simples, dissipe ainsi les confusions, prévient les équivoques el rend plus aisée une vue compréhensive du sujet ?).
Les lignes suivantes du Slagirite sont un plaidoyer en faveur du doute scientifique :
1) « De tout temps, écrit le P. Kleutgen, on a cru qu'il existe pour l'homme une science proprement dite, c'est-à-dire, d'après la définition des anciens, une connaissance des choses par leurs principes. Pour obtenir une semblable connaissance et la rendre aussi parfaite que possible, il faut, à l'occasion de toutes les vérités qu'on veut connaitre, se demander si, en elles-mêmes ou pour être connues par nous, elles ne présupposent pas quelque autre vérité. Ayant trouvé ainsi leur connexion avec d’autres vérités logiquement antérieures, nous devons renouveler, pour ces dernières, les mêmes recherches, jusqu'à ce que nous parvenions aux connaissances qui, pour être certaines, n'en présupposent pas d’autres. S'il n'y a pas de telles connaissances ou s’il est impossible de déduire une vérité d’une autre vérité, il n’y a pas de science. Rien n'est plus commun que cette définition de la méthode scientifique, et, cependant, il est clair que “le doute méthodique, considéré en lui-même, n'a pas. d'autre :,gnification. Que signifie ce doute, sinon que tout ce qui peut être démontré ou déduit d'une proposition plus connue doit être considéré comme inconnu, pour qu’on puisse le démontrer »? Kleutgen, Phil. d.Vorz. 3 Abhandi.
2) Cfr. Prantl, Gesch. der Logik, I, 95.
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Les difficultés qui engendrent le doute sont comme autant 4’ enfraves
qui gênent la liberté des mouvements de l'esprit. Pour que celui-ci LA
reprenne sa liberté, il faut le débarrasser de ses liens : or, comment l'en débarrasser, sans regarder de près la manière dontils sont formés, c'est-à-dire, pour parler sans, métaphore, comment résoudre les diff. | cultés auxquelles le doute doit son origine, si l'on ne s'attache à les considérer avec soin, elles etles raisons qui les provoquent ? 1), é À cette première raison de pnsser en revue toutes les difficultés du sujet, il s'en joint une seconde : c'est que, si l’on se livre à des recherches, sans avoir examiné d'abord les points douteux, on marche à l'aventure sans savoir où l'on va. Il pourrait même se faire que l'on fût arrivé au but sans que l'on s'en aperçüt : car, si le but final est clair à celui qui connait les difficultés du sujet, il ne l'est pas à celui qui narien prévu ?). | RS Enfin, on est nécessairement mieux en mesure de se prononcer : sur une question, lorsque l'on a entendu le pour et le contre etfoutes … les opinions qui, à la façon des plaideurs devant un tribunal, se combattent entre elles *). | Se
Si Lel est, pour le fondateur du Lycée, le rôle du doute méthodique dans la science, est-il étonnant, que dans Ia
1) « Ideo, dit S. Thomas, sicul ille qui vult solvere vinculum corporale, oportet quod prius inspiciat vinculum et modum ligationis, ita ille qui vult solvere dubitationem, oportet quod prius speculetur omnes difficultates et earum causas ». ee
2) « Exclusio dubitationis est finis qui intenditur ab inquirente veritatem. Manifestum est autem quodille qui nescit quo vadat, non potest directe ire, nisi forte a casu : ergo nec aliquis potest directe inquirere veritatem, nisi prius videat dubitationem ». se
«Sicut ex hoc quod aliquis nesecit quo vadat, sequitur quod quando pervenitadlocum quem intendebat, nescit utrum sit quiescendum vel ulterius eundum, ita etiam quando aliquis non praccognoscit dubitationem, cujus solutio est finis inquisitionis, non potest scire quando invenit veritatem quaesitam, et quando non ; Quia nescit finemsuae inquisitionis, qui est manifestusei Quiprimo dubitationem cognovit ». es
5) « [ta necesse est eum, qui débet audire philosophiam, melius se habere in judicando si audierit omnes rationes quasi adversariorum dubitantium ». S. Thomas, ir III Mel. leat. I
plupart de ses ouvrages, avant d'aborder l'examen ou la position d'un problème nouveau, il commence par l'exposé des doutes que le problème fait surgir ? |
Au surplus, Aristote ne se contente pas d'élever des doutes parlieuliers sur les vérités particulières qu'il cherche à dégager ou à démontrer, en les motivant d’ailleurs le plus solidement possible; lorsqu'il arrive, dans sa Métaphysique, à l'étude’de la vériléen général, 1accumule foules les raisons de douter. « Aux vérités particulières répondent naturellement, dit saint Thomas, les doutes partiels ; mais une science qui à pour objet la vérilé en général, appelle ous les doutes possibles sur la vérité, el voilà pourquoi Aristote essaie de soumettre la vérité au doute universel : etideo non particulariter, sed simul universalem dubitalionem prosequitur » *).
Avec les maîtres dontnous venons de reproduire le sentiment, nous croyons donc, en premier lieu, que l’état primordial de lPintelligence, en présence de vérités parliculières sujettes à démonstralion, c’est le doule, doute réel ou artificiel, mais, toujours, doute molivé, positif ; en second lieu, nous croyons que, en face de la vérilé en général, de toute vérité, il est naturel et légitime de lenter un doule universel.
58. De l’étatinitial de l'intelligence en présence des jugements immédiats. — Tous les jugements soumis au contrôle de la réflexion sont-ils sujets à démonstration et, par conséquent, susceptibles d’un doute sinon réel, au
moins supposé ?
1) « Est autem attendendum quod propter rationes ( supra datas), consuetudo Aristotelis fuit fere in omnibuslibris suis, utinquisitioni veritatis vel determinationi praemitteret dubitationes emergentes. Sed in aliis libris singillatim ad singulas determinationes praemitti dubitationes : hic vero simul praemittit omnes dubitationes, et postea secundum ordinèem debitum determinat veriratem. Cujus ratio est, quia aliae scientiae considerant particulariter de veritate : unde et particulariter ad eas pertinet circa singulas veritates dubitare : sed ista scientia sicut habet universalem considerationem de veritate, ita etiam ad eam pertinet universalis dubitatio de veritate : et ideo nonparticulariter,sed simuluniversalem dubitationem prosequitur». S. Thomas, {n III Met.,lect,. I,
LA" mn E à Le Msn" CARS OX PR OC SE PUR 1° 78 Last Es LA Ah w ce it ” ue NT ARE Er 2 e G { i PO ee NP NT CE
S'il en était ainsi, il faudrait conclure qu'il n’y a pas de connaissance cerlaine. En effel, une proposition, prise pour uneconclusion à démontrer, est douteuse ou regardéecomme telle ; si toutes les propositions connues étaient des conclusions à démontrer, toutes seraient donc douteuses ou regardées comme telles et, par conséquent, dans l’ordre réflexe au moins, aucune ne serait certaine. |
Mais il ne peut en être ainsi. La thèse que loute proposilion est démontrable entrainerait la conséquence que, entre deux Lermes quelconques d'une proposition, ilyauneinfinité de termes intermédiaires possibles, puisque toute démonstration suppose le recours à de semblables termes : il s’ensuivrait que les termes extrêmes d'une proposition seraient une source inépuisable de Lermes moyens, qu’ils seraient d’une complexité infinie : personne ne soutiendra une erreur aussi manifeste !).
L'analyse des jugements médiats conduit donc nécessairement à des jugements immédiats ; la démonstration est impossible sans prémisses indémontrables.
Quelle sera l’allitude de l'esprit en présence de ces p'oposilions immédiales, indémontrables ? -
Les proposilions indémontrables ne peuvent être démontrées, mais ne devraient-elles pasl'être? Sont-elles certaines sans démonstration ?
[est légitime, il estconforme aux exigences d’une critique rigoureuse d'essayer de les mettre en doute. — Aussi Aristote et saint Thomas recommandent-ils de faire effort pour en douter, pour douter universellement.
Quel sera le résultat de cet effort ? à S'il pouvait réussir, en d’autres mots, si le doute universel |
pouvait se trouver, ne füt-ce qu'un instant, fondé enraison, c'en serait fait de la certitude.
1) Nous nous bornons à cette brève argumentation. On consultera à ce sujet Aristote, Post. Anal. I,3;S. Thomas, Cajetan in h. I. — Cfr. Logique, 7° édit., n° 91. |
En effet, ou bren le doute du premier instant persisterait à l'instant suivant ou bien il ne persisterait pas.
S'il persistait au second instant et de même aux instants suivants, le scepticisme triompherait évidemment.
Si, par impossible, il ne persistait pas ; si donc telle proposition qui s'était manifestée d’abord comme douteuse se manifestait ensuile, dans des conditions identiques, comme certaine, la certitude n’en serait pas moins compromise. Quelle raison, en effet, de se fier au second jugement plutôt qu’au premier ? Une faculté qui, soumise à des conditions identiques, produirait des actes contradictoires, ne mériterait pas créance ; la réflexion, arbitre souverain, devrait la déclarer suspecte el recevoir dubitativement chacune de ses dépositions.
Si donc le doute duel se trouvait un instant justifié, c'en serait fait à jamais de la certitude.
Mais l'effort pour douter de tout échouera, comme nous le ferons voir dans les Livres suivants.
Il y à, en effet, nous le verrons, des propositions dont les termes sont tels que leur mise en présence révèle nécessairement leur convenance ou leur répugnance avec une nelteté qui ne laisse place à aucun doute ; l'instant où l'intelligence conçoit les deux termes est aussi celui où leur rapportsefaitjour,elemporteinvinciblementl’adhésion éclairée et inébranlable de lesprit.
L'état initial de l'esprit, dans le domaine de la réflexion, c’est donc la certitude. Telle sera la conclusion motivée des Livres suivants.
Quelles sont les propositionsimmédiates !) dont l’évidente vérité emporte, d'emblée et de façon irrésistible, l’assentiment de l'esprit ? Combien y en a-t-il ?
1) Certains éclaircissements sont ici nécessaires : La proposition
. immédiate est celle qui ne comporte pas de terme intermédiaire entre
le prédicat etle sujet. Elle s'oppose à la proposition médiate qui comporte entre ses deux termes extrêmes l'interposition d’un terme intermédiaire.
L'immédiateté d'une proposition est absolue ou relative; dans ce
Le moment n'est pas venu de traiter ces deux questions. mere
Bien certainemet il n'y a pas qu'une proposition immédiatement évidente, comme l’a pensé Descartes ; il n’y en a pre que trois, comme le croient les partisans de la théorie de Tongiorgi ; il yena un nombre indéterminé ; les unes sont.
É ce PAR
dernier cas, la relativité est générale ou spéciale, ou, ce qui ! revient
au même, zalurelle ou personnelle.
Une proposition est immédiate, dans un sens an tt ss en elle-même, proposilio per se nota, ainsi que s'exprimaient SR
anciens, lorsque le prédicat appartient à l'essence du sujet, de façon
que la connaissance de celle-ci suffit à faire apercevoir le rapport rc
qu'elle à avec le prédicat. Z Dieu existe est une proposition uote dans ce sens absolu :
il suffirait, en effet, de connaître, telle qu'elle est, l'essence del ÉRe #
divin pour y apercevoir, sans l'interposition d'aucun Dern l'existence de Dieu. nr
Mais, pour être immédiate en elle-même, une proposition n'en dec
pas moins, en maints cas, médiate pour nous. Elle est alors per se nota, secundum se tantum, sed non quoad nos. L' immédiateté relative-
ment à nous, propositio per se nota, secundum se et quoad nos, exige FA
que bars du sujet, {elle que notre intelligence se la représente, fasse apercevoir, sans le secours d'aucun terme D le rapport nécessaire qu'elle a avec le prédicat.: ; |
Dieu existe est une proposition immédiate de sa nature, dans une. acception absolue, mais médiate pour nous, dans une acception
relative. Les propositions suivantes : Un étre existe ou n'existe Pas ; ;
les esprils ne sont pas élendus dans l’espace, sont immédiates à la
fois dans les deux sens, absolu et relatif.
L'immédiateté d'une proposition relativement à nous se prête: àune ee sous-distinction : ce nous, par rapport à qui la proposition est dite immédiate, désigne en effet soit la masse de l’humanité,la nature bumaine, soit quelques sujets d'élite, les esprits cultivés. Ainsi : Less esprits ne sont pas étendus dans l'espace estune proposition qui n est
immédiate que pour des intelligences instruites, propositio per se nota quoad nos i. e. quoad sapientes ; au contraire : Un étre existe ou
n'exisle pas est une propusition immédiate pour toute intelligence “ humaine, propositio per se nota, quoad nos i. e. quoad omnes. Ces dernières propositions portaient chez les Scolastiques le nom
d'axiomes, axiomata, dignitates, Cfr. Cajetan, ir Posl. Anal. 13
Il ne suffit évidemment pas qu’une proposition soit imnisdi oies en.
elle-même , dans une acception absolue, pour,qu'elle échappe au doute réfléchi ; il faut, en outre, qu ‘elle soit immédiate pour nous: relativement à l'intelligence qui la considère.
d'ordre idéal, onles appelle tantôtprincipes, tantôtaxiomes ; les autres, d'ordre réel, on les appelle vérités d'expérience immédiate ou d’intuition.
59. Conclusion du Livre II. — Nous sommes fixés sur l'état de l'intelligence au moment où se posentles problèmes de l’épistémologie. |
On n'a pas le droit de déclarer ni de supposer artificiellement par avance que la raison humaine n’est pas aple à nous mener à la connaissance certaine de la vérité.
On n’a pas non plus le droit de juger par avance que la raison humaine est apte à nous mener à la connaissance certaine de la vérité.
Au seuil de l’épistémologie, le critique doit s'abstenir de préjugersoit l'inaplitude soit l'aptitude de nos facultés cogni- tives ; il doit se maintenir à cet égard dans une 1gnorance voulue. Cet état d’esprit est un doute négalif universel. C’est même davantage. Oui dit doute négalif, dit impuissance à se prononcer, faute de motifs objectifs ; c'est un élat que le sujet se sent condamné à subir. Or, l'ignorance initiale sur la valeur de nos facultés, que nous réclamons du critique, n'est pas une simple impuissance, c'est une loi justifiée qu'il est tenu de s'imposer pour ne point tomber dans l'arbitraire.
Lorsque l'esprit réfléchit sur ses actes, il y discerne des jugements médiats et des jugements immédiats. I] peut douter de la vérité des premiers, soit réellement, soit au moins par un artifice de méthode : le moyen de résoudre ce doute, c'est la démonstration.
Toute démonstration conduit nécessairement à des jugements immédiats. Le critique essayera de les mettre en doute
eux aussi, mais sa tentative échouera. Il y a, en effet, des
propositions qui possèdent un tel caractère d'évidence sail-
ante et nécessitante que, dès le premierinstant où elles sont présentes à l'esprit, elles rendentledouteimpossible. En présence des derniers résultats de l'analyse, qui vont devenir les premiers matériaux dela synthèse scientifique à reconstruire,
CRITÉ RIOLO GIE à
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LE RSS le philosophe a donc conscience que la réflexion aussitôt, dès le premier instant, dans un état d a nn L'état initial de la raison, dans l'ordre de la … c’est done la cénliludes #5" Re 2 :, Le Livre TL mettra en lumière dette pensée gé ér
è précisera la nature de l'adhésion de l'esprit dans l
certitude et, à l'encontre de Kant et des positivisles, il
Ve ; fera ressortir Ja valeur et l'universalité. p> RANIEERES de CE | à , F : Henie Dec 1 4 CA ? . m. a + 0]
Le LIVRE III sera partagé en trois chapitres :
CHaPiTRE I. — Essais infructueux.de solution du pre- . mier problème critériologique.
Caapirre IL — Solution du problème.
CHapirre II. — La certitude des vérités idéales enprésence du kunlisme et du positivisme.
Le CHAPITRE I sera subdivisé en trois articles :-
Article. I. — Les théories extrinsécistes de la certitude. Article IL. — Les théories subjectivistes de la certitude. Arlicle HI. — Les théories circulaires de la certitude.