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II. Un second groupe d’objections sont tirées du Discours

de la Méthode et des Méditations de Descartes.

D'abord, Dieu ne m'aurait-il pas livré à un malin pes dont je serais inéluctablement la dupe ? |

Ensuite, du fait que je me trompe parfois, ne dois-je pas induire que je me trompe peut-être Loujours ? L'erreur que Dieu veut ou permet une fois, ne peut-il pas la vouloir ou la permettre toujours ? |

À la première de ces objections nous répondons

La nécessité d’errer est intrinsèquement incompatible avec la disposition que j'ai reconnue à ma nature intelligente. Puisque j'ai la puissance de ne me rendre qu’à l'intuition de la connexion objective des deux termes du juge-

ment, il dépend de moi que la certitude de mes adhésions

soit objectivement motivée, etil est dès lors Lmpossibie que je sois voué fatalement à l'erreur.

Au surplus, l’objection suppose que l'esprit connaît

l'existence de Dieu. La théodicée démontré que Dieu est

infiniment sage et infiniment bon. Or, un Dieu d’une.

sagesse et d'une bonté infinies, ne peut se rendre ni directement ni indirectement l’auteur responsable d’une erreur nécessaire.

La réponse à la seconde objection de Descartes découle de la solution précédente.

Puisque je suis capable de ne donner mon assentiment qu’à des propositions dont la vérité m'est manifestée objectivement, je suis en mesure d'éviter l'erreur; je n'ai qu'à me laisser guider par l’évidence objective pour rester dans la vérité. Il n’y a donc pas lieu de craindre que Je me trompe toujours.

IIT. Enfin, les sceptiques font état des preuves nombreuses d'ignorance et d'erreur que fournit l'histoire de

l'esprit humain. Pascal, dans un passage que nous avons

reproduit plus haut, s’est fait l’écho de ces récriminations.

Or, ces preuves d'égarement de l'esprit humain attestent sans doute, la faiblesse intellectuelle et morale de l'humanité, abandonnée à elle-même, et permettent de conclure à une nécessité morale de secours extérieurs, mais il est illogique d'en induire l’essentielle incapacité de l’intelligence humaine,

Eneffet, à côtéde nos erreurs, sinombreuses soient-elles, l'histoire et l'expérience journalière enregistrent à notre actif une large part de vérités. Or, du fait que les hommes possèdent des connaissances vraies, peu importe d’ailleurs quel en est le nombre, il est logique d'induire qu'ils ne -Sont pas essentiellement incapables d'en avoir. Si, dans le fait, ils errent, c'est que l'exercice de leur faculté de connaître rencontre des difficultés dont ils ne triomphent pas, bien qu'il leur soit physiquement possible d'en triompher toujours : infaillibilité essentielle, faullibilité accidentelle, tel est le bilan de l'intelligence humaine.

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