‹ Critériologie généraleChapitre 71 sur 90 · Objet du second problème. — Le jugement est · texte numérisé non relu

Objet du second problème. — Le jugement est

l'attribution d'un pFédiEAt à un sujet donné.

Nous avons jusqu'à présent concentré notre. attention

sur l'acte par lequel l'esprit attribue le prédicat au Lu et montré que cet acte est motivé.

L'élément formel du jugement a ainsi été apprécié.

Reste l'élément matériel, les fermes que le jugement unit ou désunil. Un prédicat, pris dans le trésor de connaissances antérieurement acquises, est rapproché d’un

sujet ; tantôt il lui est identifié ou est jugé lui convenir, tantôt 1l en est séparé ou jugé incompatible avec lui.

Qu'est ce prédicat ?

Assurément, il est l'expression d'un objet intelligible et, à ce titre, doit être dit objectif.

Écartons d'abord une équivoque. Depuis Kant, aux connaissances dites « objectives » on a coutume d’en opposer d’autres que l’on appelle « subjectives ». On veut désigner par ces dernières des idées auxquelles ne répondrait rien

de réel dans la nature, tandis que l’on appelle « objectives »

les connaissances représentatives d'une réalité.

Cette façon de s'exprimer est fort impropre.

Toute conception est « objective » ; elle a inévitablementun «objet », aliquid menti objectum. Une représen-

tation qui ne représenterait rien, et serait purement « sub-

jechive» esl un non-sens. Même l’être de raison, entité purement logique, a son objectivité.

Donc le problème relatif à la valeur représentative des

termes du jugement ne porte pas, à proprement parler,

sur leur objectivité ou leur non-objectivité.

La question porte sur la réalité ou l'irréalité de l'objet intelligible qui fournit la matière du jugement.

Le jugement applique un prédicat à un sujet donné. Mentalement, ce prédicat est une forme intelligible. L'objectivité de celle-ci se confond-elle avec sa représentabilité ? Ou sommes-nous autorisés à dire que, abstraction faite de toute représentation cognitive, l’objet de la pensée est en soi quelque chose, qu'il est réel? Pour être réel, il n’est pas nécessaire qu’il soit un objet existant, il faut et il suffit qu'il soit capable d’exister, possible en

so).

1) Nous avons exposé plns haut (106) le phénoménisme kantien auquel nous opposons la thèse de la réalité objective des concepts.

D 2 Pa a ES GE me RES es OS D RE A + a EE CO ANA 5 ERA PA Tee EAP SN MER EEE CRAN AU EN,

Le

Page 1