I. Logique (le Hcjel, Irad. de Véra
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ter par une contradiction, dans l'objet que Ton considère, du rapport que l'entendement envisage en celle des catégories que la question concerne. Etl'antinomie, que la liberté du jugement humain rend ainsi possible, n'est pas une antinomie logique, car elle est le lenverscment de la logique, mais simplement la racine la plus profonde de l'opposition mutuelle, invincible, des doctrines dans tous le cours de l'histoire de la philosophie et surtout depuis l'origine des spéculations sur l'infini.
La première et la deuxième des antinomies kantiennes s'évanouissent, on l'a vu, si Ton admet l'impossibilité logique de l'existence simultanée réelle d'une infinité d'éléments réels et distincts d'un objet donné;
— ou d'une infinité réelle de phénomènes distincts, coexistants dans l'espace; — ou enfin de phénomènes qui se seraient produits successivement dans le temps, et dont l'ensemble soumis à la loi de numération ne constituerait pas un nombre et un tout, mais formerait une série interminable, en remontant vers leur origine,
— laquelle ne serait point donnée. Ces deux premières antinomies se rapportent donc à la catégorie de quantité qui les résout sous la loi du nombre. La troisième se rapporte à la catégorie de causalité, mais sa solution est donnée avec les solutions des précédentes, par la raison que la série ascendante des effets à leurs causes coïncide avec la série des changements, ou phénomènes qui marquent le passage de la cause à l'effet. Si donc la série des causes était sans commencement, il ne pourrait qu'en être de même de la série des phénomènes, et la loi de quantité serait démentie.
Cette troisième antinomie, relative à la cause première, affirmée ou niée, se trouve confondue par Kant sans explication qu'il en donne, avec une autre qu'on pourrait imaginer, mais qui ne peut nullement avoir le
même caractère, entre le libre arbitre et le déterminisme absolu des actions humaines. C'est un grand défaut de sa théorie. 11 n'y a pas d'assimilation possible de la question du libre arbitre avec celle de la nature de la cause première, que Kant appelle spontanéité absolue. 11 suffirait de remarquer, pour s'en assurer, ({ue la doctrine de la création, cause première, s'est toujours montrée compatible, si c'est même assez, dire, avec le prédéterminisme absolu, qui est la négation de la liberté humaine. Mais comment est-il possible de comparer la situation, si l'on peut ainsi parler, de l'agent absolument premier, à l'existence duquel on ne peut assigner aucune condition d'existence rétroactive, ni rien définir de ce qu'il est qui ne soit pris de son œuvre et de son rapport au monde, à la liberté de l'être humain, liberté dont l'exercice implique tant de conditions antécédentes ou actuelles, et ne produit ses actes qu'à la charge d'appliquer des lois qui, de toutes parts, lui sont des instruments nécessaires et des limites. La liberté suprême que Kant confond avec la spontanéité n'est même pas celle que nous concevons (sans la comprendre), par le seul fait de lui attribuer la cause essentielle, universelle et la loi du monde, mais bien la nature nécessaire, telle que l'entendaient les auteurs de la théologie naturelle avant la critique kantienne.
Cette nature nécessaire est le sujet de la quatrième antinomie : « Nous avons considéré, dit Kant, les changements du monde des sens en leur succession dynamique où chacun est subordonné à un autre comme à sa cause (troisième antinomie). A présent cette suite d'états va seulement nous guider pour nous conduire à une existence qui puisse être la plus haute condition de tout ce qui est sujet au changement, savoir : à V Être nécessaire. Xous n'avons plus affaire à
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la causalité inconditionnée, mais à l'existence inconditionnée, de la substance elle-même' ». Or ceci ne nous amène nullement à une nouvelle antinomie, mais à une forme plus abstraite de la précédente, et insignifiante au fond, parce que l'existence abstraite sans le concept de causalité et sans désignation d'attribut ou qualité quelcon(|ue ne porte sur rien. La nécessité de l'Etre, universellement parlant, ne renferme aucune idée en plus de Vexistencp, de l'Être, laquelle est une tautologie. Cette erreur de Kant est une conséquence de l'erreur qu'il a commise dans sa table des catégories, et qui est fondamentale. Il a fait de la Relation une catégorie particulière au lieu de reconnaître dans la relation la forme générale dont les rapports de qualité, quantité, causalité etc., sont des espèces, attendu que ces notions n'expriment rien pour notre connaissance, qui ne soit des rapports. El il a fait une catégorie également de la Modalité, tandis que les inodes de Possibilité, à' Existence et de Nécessité, et leurs contraires, sont des termes généraux qui désignent les conclusions tirées de l'application des diverses lois catégoriques aux phénomènes observés, imaginés ou conçus, selon que ces conclusions paraissent correctes et satisfaisantes pour noire entendement. Ces termes n'expriment rien qui ne se rapporte aux déterminations positives ou négatives des sujets, des véritables catégories, qualité, causalité, quantité, considérés dans l'étendue ou dans la durée. L'existence sans attribut n'étant qu'une abstraction, c'est toujours sur un rapport de qualité à sujet, affirmé ou nié, que se pose une question (rexislence. La contingence est une question à traiter dans l'étude de la causalité, et non point un caractère du phénomène en lui-même, et la nécessité pareille-